Entrer au théâtre,
transformer le lieu en boîte noire,
les premières mises en espace,
une très longue journée
Il n’est pas 5h30 quand je regarde mon téléphone.
Me coucher tôt la veille n’aura pas été bien utile.
Après le classique passage par le petit déjeuner, je me remets à l’écriture de phrases que vous avez déjà lues.
Il pleut ce matin.
Ça ne va pas être des plus pratiques pour rejoindre le théâtre.
Je vérifie sur Google map que mes souvenirs sont bons.
La station est sur la grande avenue qui longe le parc de WeiWuyin,
il faut le contourner par l’est.
Je me remets à l’écriture et ne voit pas l’heure passer.
9h.
La pluie a cessé,
je passe sous la douche peu de temps après.
Préparation classique et rapide du sac,
la boule au ventre comme un jour de rentrée.
J’espère que tout se passera bien.
9h34,
je quitte l’appartement quand je reçois un message.
Marie me demande si tout va bien.
C’est vrai, je suis en retard.
Je passe les récupérer et nous partons vers la gare sous une chaleur encore supportable.
À la station de métro, je charge ma carte et explique aux filles le chemin,
au cas où elles auraient à le faire toutes seules.
Formosa boulevard,
changement pour Daliao,
Sinyi, où l’on s’est arrêté souvent la semaine dernière,
Cultural center, là où il faut descendre pour Mini,
Wukaiçuo, où j’étais sorti pour danser le duo pour la première fois,
Martial Arts Stadium, nous y étions sorti un jour de grande pluie pour aller répéter dans un petit studio les duos de la Septième Nuit.
Maintenant, j’ai autant de souvenirs sur cette ligne que sur la ligne rouge.
Weywuyin.
Nous y sommes.
Une fois passé les barrières, je vérifie une dernière fois sur le plan.
Sortie 3,
direction Center for the Arts.
Tout droit jusqu’au carrefour et puis à droite jusqu’à l’entrée principale.
700 mètres.
Ça n’est pas à côté.
On sort du métro sous un soleil de plomb.
On loge le trottoir,
s’abritant un peu en passant devant les arrêts de bus en correspondance.
Dommage qu’aucun d’entre eux, n’aille dans la bonne direction.
Le feu du carrefour est long, surtout avec cette chaleur.
Le quartier a un peu changé.
Une nouvelle salle de spectacles est en train de sortir de terre sur la partie la plus proche de cet ancien camp militaire dédié dorénavant aux arts.
Quelle riche idée …
C’est une salle aux dimensions d’un de nos Zéniths où seront accueillies les grandes compagnies nationales et internationales.
Nous sommes à mi-chemin quand Cheng Wei appelle,
je lui ai laissé un message pour le prévenir de mon retard mais il est inquiet.
Une fois dépassée la salle de spectacles en construction,
on voit dépasser les arbres de derrière les murs,
c’est le parc.
J’explique aux filles l’immense parc autour de la salle.
Elles pourront aller y faire un tour.
On en arrive en sueur au 281,
l’un des théâtres du parc.
D’autant que Mimi n’est pas là,
elle a eu une panne de réveil …
J’attaque l’échauffement.
Je donne une barre quotidiennement cette semaine.
Ça ne peut pas nous faire de mal de commencer tous ensemble dans une direction globale presque commune.
Pour la musique de l’exercice au sol, je reprends celle dont je me servais il y a deux ans, et sur laquelle Cheng Wei a fait une pièce où Wan Chu était soliste.
(pour l’écouter, c’est par ici …).
Elle l’a dansé juste avant la Septième Nuit Taïwanaise.
Souvenirs.
Je ne fais pas d’enchaînement.
On est entre nous et je ne suis pas très inspiré.
11h30.
Nous sommes en train de commander le déjeuner quand Mimi arrive.
Ce sera une de ces habituelles lunch boxes, comme celles que j’ai eu en rentrant de Tainan :
du riz, des légumes et une protéine pour ceux qui veulent.
Les filles proposent d’aller manger dehors.
Nous sortons et cherchons vite un arbre pour nous abriter de la forte chaleur.
On discute un peu.
L’ambiance est plutôt détendue.
Je redoute un peu l’après-midi où l’on va devoir placer toutes mes parties.
Heureusement de ce point de vue, celles de Cheng Wei sont moins compliquées.
Mimi nous quitte la première.
Elle va se chauffer.
Avec Cheng Wei, nous rentrons un peu plus tard.
La chaleur est rude et il va falloir s’activer bientôt.
13h45,
les techniciens du théâtre arrivent pour installer les tapis de scène.
On déroule les rouleaux, fixe les scotchs.
Tout le monde s’y met et aide comme il peut
Un des techniciens a une technique originale et bien pratique.
Il n’est pas 14h30 quand le sol est prêt.
Il restera à faire le pendrillonnage.
On en parle avec Cheng Wei avant qu’il n’aille récupérer les chaises pour son final, au studio où nous étions jusqu’à vendredi.
Il a réussi à négocier un prêt …
On fixe ensemble l’ouverture que l’on décide,
combien de coulisses on veut,
qu’est-ce qu’on fait en fond de scène pour qu’ils soient le moins à vue possible,
on organise les passages vers les loges qui sont derrière la scène.
Il s’en va.
Je commence à mettre en espace avec les filles le prologue et l’oiseau,
en tenant compte d’où nous serons Cheng Wei et moi.
L’espace est plus profond que celui que nous avons utilisé la semaine dernière.
Les filles ont un peu de mal à l’utiliser, à part Wan Chu qui se retrouve seule très souvent à l’arrière (mais a une bien plus grande liberté de mouvement).
Je fais des modifications pour rendre la danse la plus claire, la plus lisible,
mais j’essaie de ne pas trop en faire pour éviter tout débordement.
J’ai bien fait de ne pas fixer ce que je fais à la fin du prologue,
je tenterai de fixer les choses en fonction de l’espace.
Cheng Wei réapparait une heure plus tard,
il n’y avait personne au studio.
Ils l’ont oublié.
Il faut qu’il y retourne après 18h.
Pas grave (enfin pas trop …), je continue à placer toutes mes danses,
ce sera toujours ça de pris pour les prochains jours .
On reprend le placement avec lui et on ajuste.
Pour l’oiseau, j’en viens encore à me dire que je ne le danserai pas.
Même en me servant beaucoup du fond avec Wan Chu, ça n’est pas facile de se caser dans les interstices entre les danseuses.
On enchaîne avec le baiser et Hotsprings
où Mimi découvre enfin ce qu’elle va avoir dans les pieds quand elle dansera son solo.
18h,
Cheng Wei doit repartir.
Nous travaillons seuls.
Élise bosse avec Mimi, le « Nightlife » qu’elle dansera finalement en solo.
Marie révise les chaises
et j’invente la danse que m’a demandé Cheng Wei dans cette partie.
On fait une autre pause quand il revient,
histoire de l’aider à décharger les chaises de la voiture.
20h,
les repas arrivent.
Comme nous n’avons pas commandé, il y a forcément des déçus.
Le pauvre Ha Bao a pensé faire pour le mieux.
Il note tout ce que tout le monde aurait aimé si jamais il a à repasser commande pendant que l’on bosse.
J’ai oublié de vous dire une chose importante :
Ha Bao a succombé à la fièvre de la chasse aux Pokemon qui vient juste de débarquer sur l’île.
(sur la photo, il est en train de se familiariser au système …)
On finira cette grosse journée de travail par le quatuor.
En fait, on a tout placé à part les chaises finales,
le « nightlife »,
et le solo de Cheng Wei qui comme tous les solos de chorégraphe, passera en dernier
(il faut que je m’en souvienne, sinon il ne passera pas du tout).
Tout le monde est crevé,
c’est la première journée où l’on travaille autant.
On avait prévu cette rythme de boulot sur d’autres jours dans les semaines précédentes mais on s’était toujours arrêté avant.
21h30,
fin des hostilités.
De toute manière, le théâtre ferme ses portes à 22h.
Nous rangeons nos affaires, en organisant ce que l’on peut dorénavant laisser pour la semaine, ça allègera les sacs …
Élise me parle d’un raccourci à travers le parc dont lui a parlé Cheng Wei.
Je vais le voir pour qu’il m’explique …
Il va voir le jeune homme qui est à l’accueil (depuis ce matin 9h …).
Ils discutent.
Les filles me disent qu’elles s’en vont …
Je leur dis d’attendre un peu, le temps de savoir où est le raccourci.
Les deux jeunes taïwanais finissent leur discussion.
En fait, on peut rejoindre le métro en traversant le parc, mais c’est plus long,
et plus compliqué la nuit, surtout quand on ne connait pas.
Pas de raccourci donc.
Pour se faire pardonner, Cheng Wei nous ramène au métro en voiture.
Il veut nous déposer à Martial Arts Stadium pour nous rapprocher
mais en bon conducteur de scooter, il se loupe dans les sens uniques et les zones de stationnement.
C’est que l’on ne s’arrête pas n’importe où ici.
On se perd un peu
(on fait notamment un tour gratuit autour du stade).
Mimi rentre avec nous.
Cette semaine, elle dormira dans le pied-à-terre que lui a trouvé son père près de la gare centrale.
On rit beaucoup dans la voiture avec elle et Élise.
Ça fait du bien.
22h15, nous sommes à la gare.
La boulangerie est fermée.
Je propose aux filles de passer au Seven Eleven.
Elles préfèrent rentrer seules et aller petit déjeuner dehors demain matin.
On se donne rendez-vous à 9h30 à la gare.
Je promets de ne pas être en retard …
De retour à l’appart’,
je me plonge dans la musique.
Comme je vous l’ai expliqué pour l’autre jour,
pour les chaises il faut trouver la petite musique des camions poubelles.
Je sens que Cheng Wei n’aura pas le temps de le faire à temps,
ou qu’elle sera difficile à mixer si on l’extrait d’une vidéo.
C’est une valse de Schubert, que je finis par trouver sur Internet dans sa version originale.
Je la retranscris pour piano électronique,
mais je galère …
En fait, la version des camions est bancale rythmiquement.
On a vraiment l’impression que c’est un enregistrement où chaque fois il y a une note qui saute.
J’aimerais bien garder le côté « tordu » de la chose.
mais de mémoire j’ai vraiment du mal à tout reconstituer.
et comme je le pensais, les vidéos en ligne de blogs touristiques qui relatent la chose ne sont pas toujours très audibles.
Il est 1h quand je finis quelque chose d’à peu près acceptable.
Je suis crevé mais après être passé en coup de vent sur le net, je m’endors content :
le Bureau Français de Taipei a rendu public mon communiqué de presse, et l’information commence à circuler.
Un peu de soutien, c’est bien agréable.








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