De la fatigue dans les corps,
une jolie surprise,
la dernière danse est enfin transmise,
on avance ... doucement
6h01,
encore un réveil assez rude.
Je traîne un peu.
Le petit déjeuner est frugal.
Thé, Oréo,
je n’ai pas très faim,
mais je prends la dose de sucres nécessaire à ce que la matinée se passe sans coup de fatigue.
Il me reste un peu de temps pour publier un article.
J’installe tout sur le site de mise en ligne,
le texte, les photos,
je relis une dernière fois l’oeil rivé sur l’horloge.
Aujourd’hui, je ne veux pas être en retard.
9h,
je range tout.
Sous la douche, je pense au cours que je vais donner ce matin.
À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la générale, je donne une barre le matin.
Comme on l’avait fait pour la pièce de Cheng Wei en avril, elle est ouverte au public.
N’importe qui peut donc débarquer et prendre le cours quel que soit son niveau …
Il faut que je prévois plusieurs options.
9h25,
je suis en bas.
9h33,
je suis au feu en face de la gare.
Les filles m’attendent à l’entrée du métro.
Élise me raconte son petit déjeuner.
Visiblement, elles n’ont pas trouvé un endroit agréable.
C’est vrai qu’ici, la plupart du temps, les gens achètent et s’en vont
et ce quartier, comme souvent autour des gares, n’est pas des plus accueillants.
Il vaut mieux manger dans la gare.
Je suis désolé que leur journée commence mal.
Nous prenons le métro.
Même trajet,
et même chaleur à la sortie de Weiwuyin.
Nous parlons peu sur les 700 mètres qui nous séparent de l’entrée du centre culturel.
Élise n’est pas en super forme, moi non plus,
et je me concentre sur les différentes options à envisager pour le cours que je vais donner ce matin.
Quand nous sommes en vue du 281, je reçois un message de Cheng Wei.
Il sera en retard
L’entrée se modifie peu à peu.
Elle devient la notre.
Nous arrivons les premiers.
En dehors du même jeune homme qui à 22h hier soir avait en charge la fermeture du lieu.
Mimi arrive peu après, suivi d’une dame qui vient prendre le cours.
Elle reste un moment dans les gradins,
puis repart vers la sortie du théâtre en me faisant comprendre qu’elle allait revenir.
On attend un peu.
Wan Chu arrive par l’autre entrée.
Je prépare les musiques.
La dame revient, elle est avec un ami.
On commence le cours.
Les invités sont des grands débutants.
Je concocte une barre relativement accessible mais efficace pour les danseurs.
Ça a l’air de plutôt bien se passer.
Une autre dame avec deux enfants s’installe dans les gradins.
Je continue le cours.
À un moment de pause, elle vient se présenter.
En fait, je la connais mais virtuellement :
c’est une amie de Wan Chu.
Elle était en France jusque là et Wan Chu nous avait mis en contact au cas où elle passerait à Marseille avant que je parte.
Je lui propose de finir le cours avec nous.
Elle me dit qu'elle a un peu mal à la cheville
et qu’il faut qu'elle surveille les deux filles.
(ça sent un petit peu l’excuse …)
Je lui dis de faire comme elle peut …
Oui, oui, les filles aussi peuvent essayer …
Elle se décide.
Tout ce petit monde nous rejoint pour l’exercice au sol.
Cheng Wei arrive.
Je cale la musique des chaises et je transmets une version simplifiée du trio que Cheng Wei m’a demandé vendredi.
Fin de cours.
Je remercie mes visiteurs.
Ils discutent un peu en chinois avec Cheng Wei pendant que l’on passe la commande du déjeuner.
Les filles repartent dans les loges.
Élise installe un de ces straps magiques bleus pour soutenir son tendon douloureux.
Je parle de la suite de la journée avec Cheng Wei.
Les invités du matin sont contents,
ils reviendront demain.
Quant à cet après-midi, on met en espace toutes ses parties,
si on a le temps on filera aussi les miennes.
Déjeuner,
à l’intérieur aujourd’hui.
Les premiers projecteurs arrivent.
Le temps qu’on les entrepose
et que l’on reparle du pendrillonnage dans les grandes lignes,
les filles se reposent.
On a beaucoup bossé hier
et ça se sent.
On installe les chaises
et on s’attaque à nouveau au final.
Je n’ai pas encore tout compris de l’ordre des différentes séquences.
Je demande à Cheng Wei de tout me réexpliquer,
notamment pour les durées
car comme pour Hotpsprings, il ne compte pas la musique comme moi
(j’en avais parlé à notre dernière intervention dans la librairie vous vous souvenez ?)
huit temps pour moi, c'est seize temps pour lui.
Je prends un temps pour apprendre à Élise et Marie la version non édulcorée de ce que sera notre trio en fond de scène pendant que Cheng Wei voit de son côté ce que Mimi et Wan Chu font au même moment.
On fait un premier filage.
Au moment de l’épisode des poubelles où l’on teste la musique que j’ai fait hier soir,
les taïwanaises partent en courant dans les loges.
Je trouve qu’elles jouent un peu trop à fond leurs rôles de jeunes femmes obsédées par la poubelle qu’elles doivent aller jeter dans le camion.
Elles reviennent … avec des fleurs.
En fait, aujourd’hui c’est Qi Xi, la saint-Valentin chinoise …
La Septième journée de la Septième Lune.
Quelle belle idée …
Après cet intermède joyeux, on reprend la répétition de ce final à chaises que l’on boucle vers 16h.
Les filles sont au point,
moi pas du tout …
Il reste les deux quatuors.
« foreigners » et celui des filles.
Pour « foreigners » on n’a pas besoin de prendre du temps pour l’espace.
Il reste le quatuor des filles.
Je propose à Cheng Wei de le faire demain et de partir plus tôt vu la grosse fatigue de tout le monde.
En plus, il faut qu’on aille faire deux ou trois achats de costumes.
« ok … but what do we do with the « nightlife » ? … »
Il a raison.
Heureusement que contrairement à moi, il n’est pas un adepte de la procrastination …
On dit à Marie et Wan Chu qu'elles sont en pose et on demande à Mimi de rester un peu pour le fameux « nightlife ».
Une fois qu'Élise peut le danser seule, elle le travaille avec Cheng Wei,
on enchaîne avec le quatuor et ça ira pour aujourd’hui.
Je dis le planning aux filles.
Marie profite pour aller faire un tour dans le parc.
Élise a déjà tous les mouvements en tête.
Mimi n'a pas à rester longtemps.
En fait pour Cheng Wei ça irait comme ça,
les mouvements retenus dans les grandes lignes, adaptés et dansés à sa façon.
Mais les deux filles bossent pour être au plus proche de ce qu’il leur a appris.
Cela marchera aussi.
De notre côté, on imagine dans les grandes lignes ce que l’on va faire.
À la fin de la saynète précédente je reste sur le plateau.
Cheng Wei amène à boire,
nous nous asseyons à l’avant-scène pendant qu’Élise commence,
on discute sur qui va aller la draguer le premier,
juste assez longtemps pour qu’Élise ait fini toute la danse,
quand l'un d'entre nous se lève, elle sort de scène,
on improvise une petite chose à définir,
Élise revient et reprend la première partie de ce qu’elle a dansé avant.
Pour la durée de la musique, on dira à l’ingé son de shunter quand Élise sort.
(en français correct, la personne aux manettes baissera le son quand elle quittera la scène).
On tente la chose,
et c’est tout à fait jouable.
Cheng Wei est content.
Il prend Élise dans ses bras pour la remercier.
Marie revient.
Ils reprennent le quatuor.
L’ambiance est lourde.
Cheng Wei parle le plus calmement, le plus tendrement possible.
On a tous les deux peur que ça lâche, pour une raison ou pour une autre.
Et je ne lui ai pas tout dit quant à l’avis des françaises sur ce qu'elles sont en train de danser …
Mais tout se met en place sans problème.
Cheng Wei modifie quelques placements, quelques diagonales.
Il a bien une ou deux choses que je changerai mais ça n’est pas le moment.
J’essaierai de lui en parler plus tard.
On lâche tout le monde à 19h.
Pendant que les filles rangent leurs affaires, on fait le point sur les costumes que l'on doit aller acheter.
La paire de fausses lunettes que je veux porter pour le prologue,
deux tee-shirts identiques pour Cheng Wei et moi,
un short et des hauts blancs pour les filles.
Ça se trouve facilement (et pour pas cher) au night market.
Il pleut.
Cheng Wei hésite.
La route est longue sous la pluie en scooter.
Les filles m’attendent pour rentrer,
je leur dis de partir.
On va patienter un peu le temps que la pluie cesse.
J’en profite pour suggérer à Cheng Wei, une ou deux choses sur le quatuor.
Il entend, mais ne réagit pas.
En même temps, lui, ne me dit rien sur mon boulot,
peut-être qu’il trouve ça déplacé …
La pluie n’arrête pas.
On abandonne notre expédition jusqu’au night market.
Mon ami me dépose à la station de métro.
Je rentre seul.
À la gare, je m’achète des sandwiches au riz chaud, et une bière.
Il ne peut presque plus quand je traverse le quartier de la Gare.
Je mange pendant que les photos du jour se téléchargent.
Cheng Wei et Wan Chu ne se souviennent plus trop de ce qu’ils ont fait pour Hotspring.
Je transfère la vidéo de la répétition pour qu'ils la voient demain.
Je lutte contre le sommeil.
23h30.
Après un passage sur le net pour discuter un peu avec mes amis français,
je finis ma journée.
Les choses avancent,
doucement.
Tout est monté maintenant.
Il n’y a plus qu’à faire tourner.







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