Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

mardi 1 mars 2016

11-12/02/16 - Jour 3 - Avancer malgré tout

Un jour off,
penser mais pas trop,
la mise en route du blog, 
et continuer ...





Jeudi 11 février


失眠
Littéralement, perte de sommeil.
La nuit a été plutôt grise vu ce que j’ai vécu la veille.

Ce jeudi matin, je me traine,
je produis peu.
Je réfléchis à la suite.
Stop ou encore ?

Je fais un peu de promotion sur Facebook,
discute un peu avec les amis.
J’en profite pour écrire à Cheng Wei et lui expliquer que je n’aurai pas d’argent public 
pour les billets d’avion.
Sa réponse me fait sourire autant qu’elle me déconcerte :
« pour quel mois ? »
Il me répond comme si c’était juste une question de planning.
Je ne vais pas pouvoir laisser tomber comme ça.

Je lui dis qu’on attaque au printemps comme prévu mais que l’été sera rude.
Il me répond qu’il est sur une piste pour l’hébergement des filles.
C'est toujours ça de pris ...
OK, pour l'instant, on continue.

Je sais que Cheng Wei n’a pas plus d’argent que moi, 
et que pour sa propre création qui verra le jour début avril, 
il n’a pas eu de subvention non plus.
Nous vivons les mêmes choses.
Justement, quand je lui raconte que j’ai quand même été bien chamboulé la veille, 
parce que cette fois j’y avais cru, il me répond avoir vécu la même chose deux mois plus tôt mais que finalement il avait trouvé une solution encore moins chère.

Il faut juste que je me calme et que je cherche.

Une chose est sûre.
Pas de répèt, aujourd’hui, 
les deux cours de ce soir suffiront.
J’appelle le Pavillon Noir pour prévenir.
C’est la moindre des choses,
et comme c’est une semaine calme et qu’il n’y avait personne de prévu sur le planning, 
je leur demande l’autorisation de venir vers midi plutôt qu’à 14h le lendemain.

Dans l’après midi, je profite pour consigner les impressions des deux premiers jours de travail sur mon cahier.
Il est presque fini,
je vais en inaugurer un nouveau …

Je reçois un message d’Elise,
elle me demande si elle peut accepter une date mi juillet.
Visiblement, elle n’est pas au courant …

Je mets en place le blog.
Ça n’est jamais simple.
D’abord, parce que je ne suis pas webmaster (et que je n’ai pas envie d’utiliser une des versions toutes prêtes) mais surtout parce que j’ai du mal à écrire ce qui se passe.
L’envie ne vient pas.
Même si je sens que ça va probablement m'être salutaire.
Et puis il y a aussi les retours que j'ai eus sur mes carnets de route précédents.
Ils m'ont conforté dans l'idée que c’est important de montrer qu’une création, 
c’est loin de n’être juste qu’une suite de pérégrinations mentales dans le cerveau d’un humain qui se dit artiste et qui croit qu’il a des choses à dire.
Il y a tellement de choses qui entrent en compte 
- et parfois parasitent - 
la mise en oeuvre d’un projet.

Je vais sur mon fournisseur de blog,
choisis mon fond (que vous voyez, là, dépasser de part et d’autre),
les couleurs des textes,
la police, la taille de tous les caractères.
Ça prend du temps et de l’énergie.

Je dors une heure,
histoire d’être à peu près au clair pour les deux cours du soir.
Il faut que je retrouve le sourire et l'énergie.
Ils n'y sont pour rien ...
Et puis, je vais retrouver des gens que j’aime bien, 
Marie, Élise peut-être 
il y a aussi Éric du théâtre des Chartreux
(ceux qui ont suivi les histoires précédentes vous les connaissez déjà)
et tous les autres.

Vendredi 12 février,

Le matin, je finis de mettre en ligne les choses que j’ai faites le mercredi.
L’oiseau palindrome, Hotsprings.
Je compte continuer sur l’oiseau, et m’attaquer au début.
J’ai quelques phrases expérimentées au trimestre précédent que je voudrais utiliser.
Ça me servira pour créer d’autres choses.

Le retour au studio est rude.
Toujours le souvenir des amis lointains … et de la soirée de mercredi.
Je m’astreins quand même à faire ma barre,
toute entière 
et je me cantonne à ce que j’ai prévu.

Il y a ce souci de musique.
Comme je vous l’ai dit le premier jour, j’avais eu des surprises en écoutant les musiques.
Celle qui était sensée commencer la pièce en faisait partie.
Je n’aime pas le son,
il y a quelque chose d’étouffé, cela manque d’air frais.
À mes doutes de chorégraphe, d’interprète, d’administrateur, s’ajoutent ceux liés à la musique.
Je ne suis définitivement pas un compositeur.

Ce que je fais souvent dans ce genre de situation,
c’est que j’utilise une autre musique qui a le même tempo,
ça me permet de continuer de travailler, d'aller ailleurs, sans trop penser à mes limites dans ce domaine.
Et souvent, des pistes nouvelles apparaissent.

Je me sers donc d’une musique que j’ai bidouillée au mois de décembre
(vous pouvez l'écouter ici).
Je me remémore d’abord ce que j’ai dansé dessus, et je tente de nouvelles choses.
Comme d’habitude, il y a ces belles choses que je n’arrive pas à reproduire, 
ces choses que j’ai en tête mais qui paraissent moches à l’arrivée, 
et il y a le reste, ce qui éclaircit l’horizon.


Je finis la journée avec l'oiseau, 
comme prévu.
J'avais eu l'idée d'intégrer « les spirales »
des phrases essentiellement basées sur le haut du corps,
ports de bras,
mouvement de buste,
qui me semblaient bien s'adapter à l'idée du vent, des oiseaux et à cette mélodie à la flûte.


Je filme …
Je regarderai tout ça ce soir à tête reposée,
ou ce week-end.

En tous cas,
une chose est sûre,
la semaine prochaine sera calme.
J’avais déjà prévu de lever le pied quand j’ai demandé au Pavillon Noir si je pouvais y travailler.
Je m’étais dit que j’aurait sûrement du retard dans mes notes, 
qu’il y aurait probablement des choses à repenser, 
que ce soit d’un point de vue musical, logistique ou chorégraphique.

Cette pause arrive à point nommé.
Pour réfléchir à comment concrètement je vais tenter de faire la suite, 
en espérant que les stages que je vais donner, les jurys des concours auxquels je vais participer, se passent sans souci 
et que je trouve un peu de temps pour voir la mer, 
boire un verre de vin et respirer de l’air frais.

Retour au studio le lundi 22 février à 10h.


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