Une semaine de break,
pour le corps mais pas pour l'esprit,
trouver des solutions,
et avancer encore ...
Nous voilà (vous et moi) de retour après une semaine de break.
Semaine pendant laquelle j'ai un peu pris l'air,
animé un atelier de composition chorégraphique
et participé à un jury bien agréable.
Je me suis aussi transformé en guide touristique pour ma copine Fabienne
qui a eu la bonne idée de prendre son train de retour vers la capitale en début d'après midi
le lendemain du jury dont je vous parlais juste au dessus.
Plutôt que de la faire dormir dans un hôtel Ibis dans lesquels nous passons beaucoup de nuits dans ces périodes de concours,
je lui ai dégotté un petit appart' vacant sur le Vieux-Port
(Jean-Max ! Merci encore !)
avec vue sur « la Bonne Mère » dont elle gardera je crois un plutôt bon souvenir.
Pendant cette semaine, j'ai pris un peu de temps pour faire le point sur l'avenir du projet,
que je ne vais donc pas lâcher.
Financièrement, il me reste à trouver comment je vais me loger à moindre frais à Taiwan
et où trouver de quoi acheter les trois fameux billets d'avion.
Je vais me payer le mien (en espérant que Pôle Emploi ne bloque pas mon dossier au printemps quand il va réexaminer mon cas d'intermittence).
Le billet d'une des filles devrait être payable par la compagnie
en utilisant ce qu'il reste de mes salaires de quelques actions de la saison passée
et en y ajoutant probablement une ou deux choses à venir pour lesquelles je demanderai à l'administratrice de ne pas me payer.
Pour l'autre billet, pas beaucoup de pistes …
Il y a bien mes amis de l'école Backstage à La Ciotat qui me proposent d'organiser
un stage chez eux, mais bon, est-ce que le public sera au rendez-vous ?
D'abord, je n'ai pas l'attractivité de ceux qui font le tour de France des écoles
en dispensant des master classes tous les week-ends, donc pas sûr que l'on puisse ratisser large.
Ensuite, comme je vous le disais, c'est la période des concours …
avec laquelle enchaînera celle des galas …
Tout un tas de plus ou moins bonnes raisons à donner pour décliner l'invitation.
Et puis, c'est à … La Ciotat,
donc pas à Marseille … juste à côté hein … mais pas dedans …
Alors, je vais voir …
S'il reste un week-end où je peux prendre le risque,
après tout, qui ne tente rien …
Et à propos de tenter, je pense que je vais essayer à nouveau, comme la toute première année,
le crowdfunding,
Là aussi j'ai beaucoup de réserves.
Quand je l'ai fait il y a cinq ans, je m'étais dit ce que pas mal de gens m'ont dit cette semaine :
« si tous tes élèves donnent un peu, ça va être facile »
Sauf que, surprise,
alors que j'avais plus d'élèves dans la région que maintenant,
ils n'ont pas constitué plus d'un tiers des « investisseurs ».
Le budget avait été bouclé grâce à un vieil ami
(Alain ! Tu m'as sauvé la vie !)
et je ne suis pas sûr qu'il soit prêt à donner autant une seconde fois ...
Donc bon ...
Mais pour l'instant, je ne vois pas trop quoi faire d'autre.
Le visionnage de ce que j'ai entamé la semaine dernière augure tout de bon.
Les pistes en matière de mouvement, aussi bien celles développées à partir des danses du trimestre dernier que celles créées au Pavillon Noir laissent envisager de jolis possibles.
Ce lundi, j'arrive dans le quartier à 9h50 et trouve une place un quart d'heure après.
C’est qu’il faut être patient pour ne pas payer une journée de parking …
Le ciel est gris mais Estelle a quand même le sourire a l'accueil,
et ça fait du bien.
Je suis toujours au même studio.
Petits rituels,
je n'ai pas envie de café ce matin mais je jette quand même un oeil sur les plannings.
Ah .. Je connais ma voisine, c'est la compagnie Movimento,
Wendy avait partagé notre barre quelques jours l'an dernier.
On se croisera peut-être.
Avant de commencer, je mets en ligne le premier article, ça fait drôle de lire à nouveau
le résumé de ces cinq années franco-taïwanaises,
et ça remet à nouveau en perspective les choix de mes partenaires …
Passons (et pensons) à autre chose.
La barre.
Cette semaine de repos a fait un peu de bien à ma hanche
mais ça n'est quand même pas la grande liberté.
Je sens cependant que les choses se délient, les muscles se dénouent un peu partout,
les sentiers empruntés la semaine dernière deviennent des chemins.
Et puis j'ai chaud, et puis je sue, et c'est bon.
Je reprends la création là où je l'avais laissée :
le matériel pour l'introduction.
Il y a quelques temps, j'avais ébauché une nouvelle musique
sans vraiment décider de son utilisation (enchaînement de fin de cours,
In Wei (et si oui, quelle partie), ou juste rien, une musique .. comme ça).
Vendredi dernier en donnant un cours à La Ciotat chez mes amis dont je parlais plus haut, j'avais mis la chose en ambiance sonore au début de cours, le temps que tout le monde arrive.
À mon grand étonnement, les élèves ont réagi très vite (et très positivement !)
Du coup, j'ai décidé d'utiliser cette création inachevée pour la variation de fin de cours
et en dansant avec elles, je me suis rendu compte que ma foi,
je m'y sentais bien moi aussi dans cette musique.
Finalement, ça irait peut-être bien pour l'introduction.
C'est ce que je tente ce matin.
Je refais la danse testée vendredi (dans une version plus complexe)
et je tente aussi deux autres phrases du trimestre dernier.
Ça marche plutôt bien.
Comme il y avait eu tout un tas de variantes, je fixe celles que je veux garder.
Je ne suis pas sûr de tout,
notamment de cette histoire de jetés de bras que j'aime bien faire
mais dont je ne suis pas sûr du rendu.
On verra en filmant.
Avant de déjeuner, je m'invente une phrase plus lente.
Cela vient vite .. et ça me plait bien ...
Je la filme tout de suite.
Nous avions eu l'occasion de discuter une ou deux fois lorsque je préparais la Septième Nuit.
Comme elle aimait bien mes musiques, nous partagions parfois le studio
(ce même studio d'ailleurs !) chacun dans son échauffement personnel.
J'en ai gardé un excellent souvenir.
Elle m'explique qu'elle est juste de passage car elle a quitté la compagnie.
On se dit qu’on devrait prendre un café dehors un jour,
et rester en contact, dans la vraie vie …
Au déjeuner, je discute un peu avec Wendy et Julie mes voisines de studio.
Julie s'intéresse à Taiwan, Wendy au fait que je danse encore avec ce corps vieillissant et endolori.
C'est drôle, elle me dit que, elle, elle ne danse presque plus, alors qu'elle a dix ans de moins que moi …
L'après-midi, je finis de fixer les trois phrases du matin.
Mais cette fois-ci devant la caméra :
que je crée le sol que Cheng Wei et moi danseront en contre point,
et je vais pouvoir commencer à écrire.
Pour finir la journée, je reviens sur l'oiseau palindrome.
Si vous vous souvenez, j'avais attaqué une danse avec les bras à partir de ce que j'appelle les spirales.
Je continue dans ce sens en improvisant des variations autour de ce thème.
Me reviennent en tête des choses déjà dansées dans la compagnie :
le duo improvisé avec Philippe Deschepper à la guitare,
le trio « blanc » de « Ma collection particulière » …
Et puis aussi bien-sûr, les bras de Pina Bausch …
Je m'empresse de ne plus y penser, ça ne supportera pas longtemps la comparaison.
Une fois que je suis à peu près clair, je filme.
Avec le petit souci de faire une vidéo relativement regardable :
la dernière fois, j'avais gardé la caméra aussi loin que pour les danses qui se déplacent beaucoup en zoomant un peu sur le haut du corps puisqu'il ne se passe quasiment rien dans les jambes.
Ça avait donné une prise de vue assez minable.
J'étais tout petit en bas de l'écran, et je disparaissais dès que j'avais le dos rond.
Suffisant pour la mémoire mais pas joli joli.
Je me suis donc mis en quête du bon cadrage.
Pas facile ...
Mais une fois trouvée la bonne hauteur et la distance adéquate, je filme les trois versions.
16h30,
je plie bagages.
J'ai dépassé d'une demi heure mais de toute manière il n'y a personne après …
Je pars du Pavillon bien fatigué avec des sensations dans le dos
qui annoncent des courbatures conséquentes pour demain.
Mais la journée n'est pas finie,
comme il y a quinze jours, je vais aller regarder les chorégraphies des autres.
M'asseoir, regarder, réfléchir, encourager.
Un autre travail pour s'aérer l'esprit.


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