L'escapade réunionnaise,
l'aventure des bagages,
le carnet voyageur,
les mêmes appréhensions .
Me revoilà à l'aéroport.
Départ pour Amsterdam à 9h35.
Mon sac vidé et rempli après une aventure réunionnaise bien agréable.
La Réunion, une autre île là bas loin, où il a l'air de faire bon vivre.
J'ai été invité à donner un stage et à faire partie du jury d'un concours.
Dix jours, intense,
avec une organisation sans faille,
gérée par une championne en la matière, Chantal Brown,
une artiste belge devenue française, amoureuse de son métier et de la danse en général,
épaulée par une équipe de passionnées toutes aussi efficaces qui hissent à une certaine hauteur le sens du mot accueil.
Comme le concours se passait à l'est de l'île, et le stage à l'ouest,
nous avons dû faire le tour du pays :
en atterrissant au nord nous avons commencé par le concours
et pour rejoindre le lieu du stage nous sommes passés par le sud et notamment ses coulées de lave spectaculaires.
Un transfert touristique joignant l'utile à l'agréable.
(et se retrouver coincé dans un endroit avec les mêmes personnes pendant dix jours peut être redoutable),
j'ai retrouvé des gens que j'aime bien, certains d'entre eux m'ont formé,
et j'ai toujours, dans cette situation, cette étrange sensation quand je me retrouve autour d'une table avec des maîtres qui me considèrent maintenant comme un collègue.
Pendant le stage, j'avais en charge deux cours.
Une classe 6-11 ans pour laquelle il a fallu mettre de côté tout scrupule pédagogique façon diplôme d'état, pour naviguer à vue,
et une classe plus avancée moins remplie que celle de mes collègues :
mettant pour la première fois les pieds sur cette île, il pouvait difficilement en être autrement.
Je garde en tête la phrase d'un stagiaire à la fin du premier jour :
"je ne vous connais pas mais j'ai beaucoup aimé votre cours"
et puis aussi les jolis remerciements, les sourires qui en disent long
et même les larmes d'une mère qui resteront longtemps dans un coin de mon coeur.
avec la traversée de la Plaine des Sables,
lieu magique, presque lunaire, tellement inspirant.
Il y a eu Roissy et son accueil glacial, aussi bien d'un point de vue thermique qu'humain,
et l'épisode bagages : avec la grève des contrôleurs aériens, mon sac ne m'a pas suivi jusqu'au dernier aéroport.
Il n'est arrivé chez moi que le mercredi, en passant par tout un tas d'endroits que je ne détaillerai pas ici.
Air France avait promis de le livrer, mais après quelques conversations kafkaïennes avec le service bagages, j'ai préféré aller le chercher moi-même à l'aéroport, le temps de refaire un sac correct
(après le dernier coup de fil mercredi matin, j'ai envisagé l'hypothèse d'un bagage confié à un service livraisons le jeudi, qui ne me serait délivré que le vendredi, avec en plus le risque que je rate le livreur …).
la semaine de passage par Marseille a essentiellement été occupée dans sa première partie par le Service Bagages d'Air France dans la journée et par les lessives dans la deuxième partie.
Le soir, j'ai fait le tour de mes chères élèves (je n'ai pas vu le seul danseur que j'ai dans mes cours).
Je les avais confiées à Anaïs (oui encore elle) et Élise, que ceux qui suivent la compagnie, connaissent bien.
Tout le monde a eu l'air content de ce qui s'est passé en mon absence,
j'ai donc pu repartir sereinement.
Marseille Provence
8h15
Enregistrement du sac.
Trois vols avec deux longues correspondances.
Amsterdam et Hong Kong.
Voyage sans encombres avec mon sac qui m'attendait à l'arrivée cette fois.
Il est apparu comme par magie au moment même où je sortais du contrôle des passeports qui a été assez long du fait de l'arrivée de trois avions au même moment.
Comme je vous le disais dans l'article précédent,
quand j'ai voulu mettre à profit le deuxième long temps d'attente,
je me suis rendu compte que j'avais laissé mon carnet de notes dans le deuxième avion.
J'y avais fraichement consigné ce que je suis en train de vous raconter et à l'arrivée à Hong Kong à 11h30 (donc 5h30 heure d'Europe), je n'ai pas remballé mes affaires correctement.
J'ai tenté le service d'objets trouvés mais hélas, trop tard, le Boeing 747 était reparti pour une autre destination.
Plus de carnet donc,
mais toujours les mêmes appréhensions,
celle d'être sur cette autre île pourtant presque familière, toujours plus différent qu'ailleurs,
surtout avec ma barbe et mes cheveux longs,
celle aussi d'être au bord d'un second précipice,
après celui de l'autre jour 0, celui où je rentrais en studio,
il allait falloir transmettre la chose,
s'en souvenir,
la montrer avec tout ce qu'il faut pour que les danseurs sachent quoi en faire,
et ensuite, attaquer l'écriture,
tout ça avec ces interprètes qui ne sont pas complètement habitués à ce que je suis
(contrairement aux danseuses françaises qui me portent et me supportent depuis quinze ans).
Il y a aussi
et comme à chaque fois,
l'idée que l'aventure peut finir là maintenant, pendant ce séjour,
parce qu'il y a toujours mieux,
parce que je peux faire un impair,
et puis il y a les petits,
Su Ling n'a pas eu le temps de m'envoyer un planning de cours.
Comment vont-ils ?
Est-ce que je vais pouvoir les voir de près dans un studio ?
Je n'ai pas pu fixer de planning non plus avec la Weidancecompany.
Comme Cheng Wei et les filles sont en création avec une première prévue ce samedi 26 mais reportée au samedi prochain, j'ai laissé le jeune patron à ses stress de première.
Aucune idée de comment on va s'organiser.
J'arrive à Taiwan dans le flou.
Jusqu'ici, les choses se sont plutôt toujours bien passées à Taiwan …
Mais il suffit d'une fois.
Au moins, je sais où je dors :
l'appartement de fonction, je le connais.
J'ai participé à la pose de la première pierre,
à la bénédiction de l'immeuble
(oui ici on bénit les immeubles)
et Su Ling m'a dit il y a deux ans quand le bâtiment ressemblait encore à une coquille vide : "here is your new home",
mais même pour ça,
vu que j'arrive un dimanche et que je ne voulais pas que Su Ling se dérange spécialement pour moi pour m'accueillir au lycée,
j'ai demandé à Cheng Wei de me réserver une chambre d'hôtel pour le premier soir,
j'arriverais au lycée lundi matin ...
Mais il ne m'a rien dit …
Enfin bon,
nous sommes en vue de Kaohsiung à l'heure où le soleil se couche,
la fameuse heure des pêcheurs de la Septième nuit.
Je reconnais Sizhiwan et Cijin où je suis allé si souvent.
mais toujours les mêmes appréhensions,
celle d'être sur cette autre île pourtant presque familière, toujours plus différent qu'ailleurs,
surtout avec ma barbe et mes cheveux longs,
celle aussi d'être au bord d'un second précipice,
après celui de l'autre jour 0, celui où je rentrais en studio,
il allait falloir transmettre la chose,
s'en souvenir,
la montrer avec tout ce qu'il faut pour que les danseurs sachent quoi en faire,
et ensuite, attaquer l'écriture,
tout ça avec ces interprètes qui ne sont pas complètement habitués à ce que je suis
(contrairement aux danseuses françaises qui me portent et me supportent depuis quinze ans).
Il y a aussi
et comme à chaque fois,
l'idée que l'aventure peut finir là maintenant, pendant ce séjour,
parce qu'il y a toujours mieux,
parce que je peux faire un impair,
et puis il y a les petits,
Su Ling n'a pas eu le temps de m'envoyer un planning de cours.
Comment vont-ils ?
Est-ce que je vais pouvoir les voir de près dans un studio ?
Je n'ai pas pu fixer de planning non plus avec la Weidancecompany.
Comme Cheng Wei et les filles sont en création avec une première prévue ce samedi 26 mais reportée au samedi prochain, j'ai laissé le jeune patron à ses stress de première.
Aucune idée de comment on va s'organiser.
J'arrive à Taiwan dans le flou.
Jusqu'ici, les choses se sont plutôt toujours bien passées à Taiwan …
Mais il suffit d'une fois.
Au moins, je sais où je dors :
l'appartement de fonction, je le connais.
J'ai participé à la pose de la première pierre,
à la bénédiction de l'immeuble
(oui ici on bénit les immeubles)
et Su Ling m'a dit il y a deux ans quand le bâtiment ressemblait encore à une coquille vide : "here is your new home",
mais même pour ça,
vu que j'arrive un dimanche et que je ne voulais pas que Su Ling se dérange spécialement pour moi pour m'accueillir au lycée,
j'ai demandé à Cheng Wei de me réserver une chambre d'hôtel pour le premier soir,
j'arriverais au lycée lundi matin ...
Mais il ne m'a rien dit …
Enfin bon,
nous sommes en vue de Kaohsiung à l'heure où le soleil se couche,
la fameuse heure des pêcheurs de la Septième nuit.
Je reconnais Sizhiwan et Cijin où je suis allé si souvent.
Le commandant annonce la descente,
mon coeur se serre un peu,
on verra bien …
mon coeur se serre un peu,
on verra bien …
Me voilà donc
passeport en poche et sac à la main,
passant la porte séparant la salle des bagages du hall des arrivées.
Cheng Wei, est plongé dans son portable, engoncé dans sa doudoune à capuche avec un col à fourrure.
Je souris.
Il lève les yeux,
sourit à son tour.
Il a les traits fatigués d'un chorégraphe à une semaine d'une première.
Il me sert fort dans ces bras.
Moi aussi je suis content de le revoir,
le petit frère de l'est.
27 mars 19h
L'aventure commence.
passeport en poche et sac à la main,
passant la porte séparant la salle des bagages du hall des arrivées.
Cheng Wei, est plongé dans son portable, engoncé dans sa doudoune à capuche avec un col à fourrure.
Je souris.
Il lève les yeux,
sourit à son tour.
Il a les traits fatigués d'un chorégraphe à une semaine d'une première.
Il me sert fort dans ces bras.
Moi aussi je suis content de le revoir,
le petit frère de l'est.
27 mars 19h
L'aventure commence.








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