Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

mardi 7 mars 2017

28-29/10/16 - Des taïwanais à Paris

Séjour Marathon, 
faire plaisir aux amis, 
quelques courses, une petite frayeur,  
et de nouveaux souvenirs                  











Paris.

Comme Venise ou New York, 
des lieux mythiques pour beaucoup à travers le monde.

Nos amis taïwanais n’échappent à cette règle.
Ils rêvaient de se rendre dans LA ville.
Aussi, s’il y a dix-huit mois, je n’avais pas pu accéder à leur requête,
cette fois-ci, avec cinq semaines de présence sur le territoire français, 
le voyage était un peu incontournable. 

Premier étape, 
le choix du bon moment.
Avec les plannings de tous (danseuses françaises, Pavillon Noir, moi), 
cette escapade parisienne ne pouvait se dérouler qu'un des deux derniers week-ends 
de leur séjour.
On ne pouvait pas aller là-haut sans Ha Bao.
Et c’est ce qui ce serait passé si on était parti le premier week-end.
Le choix s'est donc porté sur le second, 
les 28 et 29 octobre, juste avant d’entrer au théâtre.

En plus, c’était la meilleure solution du point du vue du boulot :
ça nous permettait d'avancer le plus possible avant la dernière ligne droite,
nous profitions de l’occasion pour souffler un peu du reste de l'aventure marseillaise 
essentiellement consacrée au boulot en dehors des tous premiers jours,
et, nous ramenions dans nos bagages, Sylvain, 
pour qu'il règle tout ce qui tournait autour de l'image dans l'« In wei » français.

Comme Cheng Wei voulait tenter d'avoir un rendez-vous au Bureau officiel de Taipei en France,
il fallait que l'on déborde sur un jour de semaine.
Si on arrivait à rencontrer les officiels le vendredi, ça nous faisait un long week-end à Paris.
Un peu serré pour les budgets, mais envisageable en calculant au mieux les repas.
L’affaire était presque entendue 
mais, comme je vous l’ai expliqué
les présences d’Élise étant rares et parfois aléatoires, nous avons renoncé au dimanche.
Elle était disponible ce jour-là, Marie aussi, 
ce serait un de ces seuls jours où nous serions tous ensemble,
et le dernier avant la générale.
Exit le troisième jour parisien.
Départ tôt le vendredi 28 et retour par le dernier train qui arrive aux alentours de minuit le samedi 29.

48h pour découvrir Paris.
Journées marathon.

J’organise un circuit touristique express :
arrivée vers midi le vendredi,
déjeuner,
rendez-vous au Bureau officiel de Taipei en France 
(que Cheng Wei a réussi à obtenir à 15h)
balade dans le centre depuis Orsay (à côté duquel se trouve le Bureau) 
jusqu’à Bastille (où habite Sylvain),
soirée tous ensemble,
samedi,
rive gauche le matin,
shopping et Montmartre l’après-midi.
Exténuant mais jouable.

Mon amie Agnès m’avait proposé de venir à l’exposition au Centre National de la Danse,
ou d’aller faire un tour à la campagne du côté de Fontainebleau,
mais en deux jours, hélas …

Tout sen e goupillait donc pas si mal 
mais évidemment, comme toujours dans ce genre de plans, 
rien ne se passe jamais comme on le planifie.
Un premier élément est venu enrayer la machine : 
la sœur de Wan Chu, en vacances en France, a débarqué juste après Ha Bao.
Et, après avoir partagé une journée méridionale avec sa sœur, elle allait, avec sa jolie valise rose, passer quelques jours à Paris, se joignant à nous pour ses premières journées.
Donc exit le déjeuner gare de Lyon à l’arrivée du train,
il a fallu faire un aller retour rapide à l’hôtel.
Car visiter Paris avec une valise à roulettes (même d’un très joli rose) 
n’est pas des plus commode.

J’avais choisi un hôtel Porte des Lilas.
Ceux qui sont venus à Paris en vacances connaissent le prix exorbitant des nuits.
Pour que la chose reste abordable, j'ai donc opté pour des chambres en périphérie.
Plus agréable que Gentilly ou La Chapelle, la porte des Lilas m’a paru un bon compromis,
dans un quartier plutôt tranquille, reliée de façon directe aux lieux touristiques centraux
par une ligne de métro assez calme,
avec en plus une station encore assez ancienne pour paraître pittoresque aux yeux de nos amis.

Alors pour la petite histoire, 
cette chère Mimi, toujours aussi indépendante, 
était sur le point de réserver sa chambre par airbnb, sans vraiment nous prévenir … 
quand je l’ai vue sur son ordinateur, j’ai vite annoncé que les chambres étaient réservées.
Je m’imaginais déjà devoir récupérer une fille dans une chambre dans un quartier,
puis deux autres, ailleurs,
puis deux autres, si ça se trouve, à l’opposé de Paris …
D’autant que mon hôtel était moins cher.


Départ donc vendredi matin.
9h01.
Réveil rude pour un peu tout le monde.
Heureusement, les trois heures qui séparent Marseille de Paris permettent à nos amis de prolonger leur nuit.



12h23, nous arrivons à Paris-Gare de Lyon.
À l’heure !
(et c’est déjà une victoire en soi)
Pendant que j’achète des tickets de métro pour tous,
je propose à nos amis de découvrir Paris … par son réseau de transports,
(bien pratique pour situer un peu les choses et donner une idée des distances)



De là, le planning était serré :
bus direct pour l'hôtel 
(ce qui nous évitait un changement à Châtelet avec ses tapis roulants, ses travaux 
et ses éventuels pickpockets), 
prise des clés des chambres (du moins de ce qui fait office de clés), 
métro jusqu'à Hôtel de Ville et marche jusqu'au bureau de Taipei situé derrière le musée d'Orsay.

J'ai bien prévenu tout le monde que l'on n'aurait pas le temps, 
qu'il ne fallait pas traîner, ni à l'hôtel, ni en ville, 
que nous ne serions en mode « touriste » qu'après la visite institutionnelle ...
Rien n'y a fait, 
le passage à l'hôtel a été bien trop long,
et la première découverte des rues parisiennes aussi.
J’ai dit à Cheng Wei d’appeler le bureau pour leur annoncer notre arrivée 
avec dix minutes de retard.

15h10.
Nous entrons dans la petite cour de cet hôtel particulier de la rue de l’Université.
Peut-être que certains d’entre vous se demandent pourquoi nous ne sommes pas allés 
à l’ambassade de Taïwan plutôt qu’à ce « bureau officiel » ?
Et bien c’est parce que pour la France, comme pour beaucoup de pays dans le monde,
Taïwan n’existe pas, enfin pas vraiment … 
Pour ne pas vexer le grand cousin chinois, 
Taïwan n’est pas reconnu comme un pays à part entière.
Donc pas d’ambassade mais un « Bureau Officiel de Taipei en France ».

Le rendez-vous est très intéressant pour l'avenir de la WeiDanceCompany,
où nos interlocuteurs nous ont vraiment écouté avec intérêt
(ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un 
vouloir regarder immédiatement qui nous étions, 
en cherchant des traces vidéos de notre travail sur Internet pendant que nous nous présentions).
Je n’en dis pas plus sur le futur,
mais j’espère que ça débouchera pour cette jeune compagnie sur de nouvelles jolies choses.



Débarrassés de ce point fixe temporel dans notre planning, 
le reste de notre séjour pouvait être dédié à la découverte de la capitale.
Nous pouvions entamer la vraie visite de Paris et de ses lieux mythiques, 
ce qui devait nous emmener, si tout allait bien, chez notre ami Sylvain à l’heure de l’apéro.  

Mais un autre grain de sable s'est glissé dans mon organisation.
Les filles nous ont annoncé devant le musée d'Orsay que dimanche elles seraient "off".
Apparemment notre présence était un peu trop pesante ...
Nous nous sommes retrouvés, en l'espace de deux phrases, 
dans la situation de l'été passé, filles contre garçons, 
avec des décisions nous excluant de fait sans négociation possible.
Dommage.

Pour être sûr qu'elles voient quand même des choses qui m'importent, 
je réorganise en vitesse dans ma tête le circuit prévu pour que, 
quoi qu'elles fassent le lendemain, armées de leur seul plan du métro parisien … 
elles ne ratent pas l'important à mes yeux.

Nous avons donc fait tous les quatre un circuit Orsay-Tuileries-Louvre-Notre Dame-
Quais de Seine-Bastille.









Et après avoir pris l'apéro chez notre amis Sylvain, 
nous avons passé la soirée vers le canal Saint-Martin,
où nous avons fêté l’anniversaire de la petite soeur de Wan Chu.



(je suis sûr d’avoir pris une photo du gâteau - du moins de ce qui en a tenu le rôle - mais je ne la retrouve plus)

Quant au dimanche, avec les deux garçons, nous avons vu Paris en bus, 
depuis Bastille jusqu'à Montparnasse en passant par Saint-Michel et le quartier latin, 
et de là nous avons rejoint la Tour Eiffel, le Trocadéro, le Palais de Tokyo, 
le pont de l'Alma (oui, ils connaissent Lady Di) 
et … Les Champs Élysées ...
car la seule chanson qu’Ha Bao connait en français,
c’est celle de Joe Dassin qui a pour thème la célèbre avenue.
Nous n’avions donc pas le choix !
D’autant que Cheng Wei devait passer par la boutique Longchamp pour acheter quelque chose pour quelqu’un (je n’ai jamais vraiment compris qui)

Un détour par Montmartre et Barbès,
et nous avons savouré un bière en face du centre Georges Pompidou.
À cette occasion, Cheng Wei a découvert le « monaco »



Plus trop d'énergie pour faire grand chose d’autre.
De toute façon il était l'heure de rejoindre la Gare de Lyon 
où nous avions donné rendez-vous aux filles à 19h45.
En passant récupérer Sylvain, on a traversé le Marais,
l'occasion de parler des attentats d'il y a trente ans 
et de prolonger la conversation engagée la veille non loin d'Oberkampf ...

Petite frayeur à la Gare de Lyon.
J'avais donné rendez-vous à tout le monde face à la voie C.
Cela permettait aux retardataires d’arriver
et aux autres d’attendre sur les bancs situés juste en face.
Seulement voilà …
Mimi a finalement visité Paris toute seule ce dimanche,
et Wan Chu, arrivant la première à la gare, 
a préféré aller directement au hall 2 où le train était déjà annoncé
plutôt que d’attendre au point de ralliement.
Là, confusion, 
elle a cherché la voie C … dans ce hall 2,
sauf qu’il n’y a pas de voie C de ce côté -là…
Panique pour tous et partout.
Nous allons au hall 2 mais entre temps, elle a bougé on ne sait où.
On fait patienter tant bien que mal les agents idTGV en expliquant la situation.
Ouf, tout le monde est là à temps pour sauter dans le train.

Wan Chu a d’abord été très en colère contre tout le monde,
avant de se disputer avec Cheng Wei,
et décompresser comme les trois autres amis



Laissant Sylvain dans ses pensées



Et trois heures plus tard, nous étions dans le métro marseillais.



un peu fatigués mais heureux, et fin prêts pour la répétition du lendemain.



(remarquez l'air discrètement inquiet de la jeune fille à gauche ...)

J'ai quand même octroyé à tout le monde une matinée de repos.

Répétition demain, dimanche à 14h.







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