Une toute petite excursion,
un dernier repas,
et elles sont parties pour une journée entre amies,
avant le grand retour.
un dernier repas,
et elles sont parties pour une journée entre amies,
avant le grand retour.
Pas d’heure
ni d’autre détail.
Aujourd’hui, jour de la Sainte Marie,
c’est le jour de leur départ.
Pour cet article,
comme pour la plupart de ceux qui suivront,
il y aura moins de détails.
Vous saurez moins si j’ai écouté « France Inter, il est minuit »,
si j’ai pris ma douche, et quand,
et je vous parlerai moins souvent de ce que j’ai mangé au petit déjeuner.
Ça sera un peu moins factuel mais je vous raconterai quand même ce que je ressens.
Ce lundi là est donc, pour elles, le dernier qu’elles passeront sur cette île.
Et même s’il ne faut jamais dire jamais,
j’ai la sensation qu’elles n’y remettront plus jamais les pieds.
« que ces gens sont gentils, dommage qu’ils habitent ici … »
« qu’est-ce qu’on va faire de toutes ces pièces ? On ne les utilisera plus jamais … »
Des phrases qui en disent long sur leur envie et leur dégout.
Dommage.
Ou peut-être pas.
En tous cas, dans la liste des choses que je retiendrai de ce séjour,
il y a celle-ci, placée presque tout en haut :
des gens qui te sont proches, peuvent détester,
voire même haïr,
des lieux que tu aimes énormément.
Ce lundi matin, nous sommes allés à Tian Liao,
aussi appelé Moon World.
Un site géologique étonnant,
où mère nature a fait effleurer des roches grises au milieu d’une grande quantité de vert.
Les taïwanais y ont aménagé un petit parc
où en suivant un circuit d’une bonne heure,
on traverse des forêts,
longe des étangs,
croise des fleurs, des insectes, des oiseaux,
et ces collines grises qui ont donné le nom au lieu.
Je crois que cela a été une belle matinée,
même si, hélas, le soleil,
caché derrière un manteau gris clair de nuages parfois translucides,
a rendu inutile l’usage de ce cadran.
On s’est émerveillé de la taille des bambous,
on a profité de cet abri pour nous poser un peu
quand malgré le temps gris,
la chaleur ne nous laissait plus de force pour reprendre notre souffle.
On a ri,
on a marché,
on s’est émerveillé de cette terre grise,
et au bout de deux heures, nous sommes revenus à notre point de départ,
prêts pour aller déjeuner.
Nous avons croisé peu de monde en ce lundi matin.
Il y a eu une famille :
un père, deux filles dont une qui n’avait pas du tout envie d’être là.
Il y a eu aussi cette vendeuse de bibelots
qui, comme souvent ici, a tenté de discuter avec nous,
- et des choses à dire elle en avait tant -
Et puis cette vieille dame, à l’entrée du parc, qui vendait de quoi grignoter.
Nous sommes redescendus vers Zuoying pour déjeuner,
et la pluie s’est mise à tomber.
Une de ces pluies chaudes, fines,
qui parce que presque trop agréable, nous donne envie de nous balader sans parapluie,
(et nous laisse parfois, quelques jours après, cloués au lit avec la crève …)
Vers 14h30,
j’ai laissé mes trois camarades de jeu
pour aller voir si on avait besoin de moi au lycée tout proche,
mais ça je vous en parlerai un autre jour ...
Pendant le déjeuner, nous avons contacté Wan Chu pour organiser cette dernière soirée.
Allions-nous enfin pouvoir répondre à l’invitation
que Jim nous avait faite il y a maintenant quinze jours, de venir boire et manger chez eux ?
Et bien non.
En fait, on a cru que c’était possible car Cheng Wei et moi avions pris pour argent comptant
la phrase : « il y a des trains pour Tainan jusqu’à tard dans la nuit »
mais une fois vérifié,
les trains directs comme ceux que j’ai pris pour aller travailler s’arrêtaient relativement tôt.
Après, c’était des omnibus parcourant la banlieue.
Wan Chu ne voulait pas que les filles se retrouvent toutes seules dans ces trains
et j’étais plutôt d’accord.
Dans ces sortes de RER, les arrêts ne sont pas annoncées à l’avance
et nous ne savions pas combien de stations il y avait entre Kaohsiung et Tainan.
Si elles rataient la bonne gare ou sortaient trop tôt,
elles auraient pu atterrir n’importe où.
Et sans aucun moyen de communication.
Dernier départ pour Tainan par train express : 21h19.
Même en mangeant très tôt,
il paraissait difficile de faire les valises,
d’aller dîner chez Wan Chu et Jim qui habitent au sud de la ville
et de revenir prendre tous les bagages pour aller à la gare.
Il y a quinze minutes à pied et à peu près autant de métro.
Cheng Wei et Wan Chu ont opté pour un restaurant dans le centre commercial de Tsoying
où le train passe à 21h24.
« hot pot »
Fondue à la vapeur,
avec de la viande, ou du poisson,
avec des légumes, de la bière, du thé glacé ou tout un tas d’autres boissons.
Je vous en ai parlé souvent les années précédentes, ici par exemple.
Le restaurant de Tsoying est un peu plus chic que celui où j’étais allé avec mes amis de Tsoying
et ma foi, là aussi, je crois que tout le monde a été content.
Dommage que les filles n’aient pas eu envie de prendre le temps de se promener dans ce centre commercial plus tôt pendant leur séjour, elles l’auraient peut-être découvert toutes seules.
C’est vrai qu’en apparence tous ces centres se ressemblent.
Il y a, bien sûr, les magasins que l’on trouve partout dans le monde,
mais il y a tout le reste,
les boutiques locales, les cafés, les restos … comme celui-ci.
Nous avons donc passé du bon temps.
Et à 21h15, nous sommes allés payer.
Nous avons ensuite pris l’ascenseur pour descendre trois étages plus bas,
au niveau de la gare.
On s’est séparé là,
devant ces composteurs.
J’ai à peine eu le temps de leur souhaiter bon voyage.
La suite s’est passée sans nous.
Élise m’a envoyé un petit message mardi matin depuis Tainan.
Elle s’était réveillée tôt et pensait à moi.
Mardi soir, j’ai demandé à Mimi de me faire signe quand elle les aurait amenés à la gare.
Mercredi matin, je leur ai envoyé un message à l’heure où leur avion atterrissait à Amsterdam.
Marie, m’a répondu.
Elles petit déjeunaient.
Leurs filles étaient maintenant toutes proches.
Élise m’a envoyé un autre message.
me disant qu’elle m’écrirait un mail (mais un gentil cette fois)
pour m’expliquer ce qu’elle a sur le coeur.
Quant à nous,
Wan Chu,
Cheng Wei,
Ha Bao
et moi,
et bien,
nous avons continué de vivre …
Nous avons bu la bière de la fameuse invitation de Jim qui n’aura donc jamais été honorée,
nous nous sommes fait des cadeaux,
nous avons partagé d’autres cocktails à Mini,
nous sommes allés à l’endroit
où nous aurions dû emmener les filles pour la fameuse excursion de deux jours,
une petite île, bien jolie.
J’ai retrouvé le plaisir de voir le soleil se lever,
du toit de l’immeuble, ou du balcon où j’ai aimé à nouveau m’installer,
je suis retourné à Weiwuyin, au parc, tout seul,
et aussi à Sizhiwan.
J’ai suivi mon propre conseil,
celui donné aux filles,
et je suis allé tout au bout de Hebei road, là où le canal se jette dans la rivière Amour,
croisant des gens, des chiens, des églises et des temples.
J’ai mangé des burritos,
et des bonnes petites crêpes,
je suis retourné bruncher un soir à Emperor love.
Il y a eu quelques pluies diluviennes,
des cours à Tsoying et dans des endroits nouveaux,
une grande douleur dans le dos,
pour ne pas parler de celle du coeur.
J’a bu du thé, beaucoup, et du très bon,
j’ai photographié des crabes
à Cijin,
et à Zhuwei au nord de Taipei
où je suis allé rencontrer Cha Cha une nouvelle arrivée dans ce monde,
la petite fille, au nom de thé, de mon ancienne patronne Hsiao-Ling.
On m’a fait découvrir de nouveaux endroits,
de nouvelles saveurs,
l’histoire d’amour dans l’arbre d’en face a suivi son cours,
et la mienne pour ce pays ne s’est pas encore finie.
Je vous parlerai de tout ça plus tard (et pas forcément dans cet ordre)
dans de prochains articles que je me languis déjà de partager avec vous.
Mais ce lundi soir, devant les composteurs, « In Wei » à Taïwan, c’était bel et bien fini.



















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