Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

vendredi 29 avril 2016

03/04/16 - 2 - Taïwan 1e partie - Jour 8 - le dîner de la dernière

Les émotions de la dernière, 
une once d'espoir pour l'avenir, 
un dîner improvisé,  
et un cocktail ou deux ...  





Dimanche 3 avril, 
16h, 
L’heure de la pause avant de tout réinstaller pour la dernière de 17h30. 
Je fais un tour dehors, histoire de voir un peu la lumière du jour. 



À mon retour, il y a une immense boîte de Donuts qui est arrivée,
mais personne n'a vraiment faim.
Les esprits sont déjà au spectacle suivant.
Le système commence à bien se roder, chacun sait quoi faire et quand.
Dommage, c'est la dernière.
Comme beaucoup de spectacles de cette envergure, 
quand la machine commence à être bien huilée, c'est la fin de l'aventure.

17h15,
ouverture des portes.
Le public est encore différent, 
plus d'adultes, plus de danseurs,
moins de réticence que le premier jour.

Cette dernière m'en rappelle d'autres.
Celles que bien d'autres artistes ont vécues.
On se lâche plus que les autres fois dès que c'est possible, 
avec dans un coin du coeur la nostalgie de cette chose qu'on ne vivra plus.

Les spectateurs restent moins à la fin,
et c'est tant mieux 
car, comme pour la générale, on sent le personnel du lieu très pressé d'en finir avec cette histoire.

Cheng Wei a des retours plutôt positifs :
le bras droit du directeur, 
cette dame qui le vendredi avait tenté de nous limiter l'accès à la sono,
est venue lui dire qu'elle avait été agréablement surprise du résultat 
et qu'elle espérait qu'il reviendrait proposer de nouveaux projets.
Un point de chute pour la suite, 
c'est important …

19h.
On attaque le démontage,
les tables,
les cables,
les parcours fléchés,
les avions de papier,
la guérite,
et tout le reste …

Il y a de la nostalgie dans l'air.
Et pour moi le signe du début de notre aventure.
Ça y est : « In Wei » à Taïwan, ça commence maintenant.

Pour la soirée, Cheng Wei a prévu d’inviter tout le monde au petit bar où nous étions allés mardi dernier.
Il faut dîner avant.
Jim nous invite chez lui.
On partagera les restes.
Il y a encore plein de sachets déjeuners
(ah tiens ! Je ne vous ai pas montré comment les soupes aux nouilles sont livrées …


Alors il y a toujours une phase délicate qui est le transvasement de la soupe dans le bol.
Mais sinon, c'est plutôt bien vu comme système)

Donc, je vous disais qu'il y avait encore plein de sachets déjeuner,
les Donuts, et d'autres cadeaux comestibles qui sont arrivés hier soir ou cet après midi,
Wan Chu et Jim complèteront.

Ya Wen ne vient pas.
Elle part chez elle se changer,
elle nous rejoindra au bar.

Le rangement se fait rapidement.
Tout le monde s'y met. 
Comme Cheng Wei a réussi à négocier de pouvoir venir chercher une partie du décor demain matin,
on range ce qui doit impérativement partir ce soir dans les voitures d’Ha Bao et la sienne.

Nous revoilà comme vendredi matin, 
le lieu est presque vide,
il ne reste que cette table aux lampes,


qui a été intégrée pendant la chorégraphie.


Un des photographes a une idée de prise de vue.
Histoire d’immortaliser l’équipe qui a passé ces trois jours à faire que cette pièce existe.



Ce sera probablement la même qui, coté taïwanais, participera à la création d’In Wei.

Le jeune ingénieur du son (le deuxième en partant de la gauche) prend congé, 
nous le remercions tous et nous partons chez Jim et Wan Chu.

Ha Bao passe par chez lui pour mettre la voiture au parking,
il reviendra en scooter.
Les deux filles et leur compagnons sont aussi en deux roues. 
Il n'y a que Cheng Wei qui est en voiture.
Je pars avec lui.

Nous arrivons presque les derniers.
L’ambiance est un peu étrange.
Jim est devant son ordinateur,
la télé est allumée,
Wan Chu coupe des fruits à la cuisine.
Je m’attendais à quelque chose de plus « partagé »
Ha Bao arrive juste à temps pour voir les photos que Yan Liang, le fiancé de Mimi a pris cet après midi.
Après une petite bataille technologique, nous pouvons admirer tout ça sur grand écran en commençant à manger.

Tout le monde est très fatigué, 
ça parle chinois partout et personne n'a l'énergie de traduire.
Je me sens un peu seul.
Finalement, heureusement que la télé est allumée
et que j’ai mon téléphone.

21h30.
On lève le camp.
Tout le monde prend son scooter, 
Cheng Wei et moi partons à pied.
La voiture est dans le garage de l’immeuble, au sous-sol,
elle est encore pleine des restes du décor.
Même si ici, ça ne risque pas grand chose, c’est plus sûr que de la garer dans la rue.
Et puis, ça nous permettra de parler un peu.

Pendant ce petit quart d’heure de marche, je lui demande ce qu’il ressent.
Il n’aura pas l’occasion de le dire après quand il y aura toute l’équipe 
et je pense savoir (pour être passé part là) que c’est bien d’avoir une oreille disponible.
Il me dit sa joie et sa tristesse,
la mélancolie de la dernière,
des choses qui se mettent en place alors que tout s’arrête …

« I'm still restless »
L’énergie du stress qui n’est pas encore retombée.
Je le préviens.
Demain, ce sera le grand vide …



Au bar, il n’y a plus assez de place.
C’est vrai que le lieu n’est pas très grand et nous sommes neuf.
Où aller ?
Nous optons pour le Inn Bistro, un autre bar à cocktail où nous étions allés les étés précédents.
Les cocktails sont moins bons mais ça n’est pas très loin et c’est grand.
Tout le monde repart en scooter.
Cheng Wei a la flemme de marcher, il commande un taxi.
Je paye. 


Nous voilà tous autour d’une grande table.
Le service est un peu long
mais bon, nous avons le temps, 
et ils ont plein de choses à se dire …

Quand tout le monde est servi,
Cheng Wei porte un toast,
à cette aventure qui s’est finalement plutôt bien finie.
Il remercie l’équipe qui l’a suivi malgré tout (même sans subvention).
J’en porte un aussi,
à miss Lin.
Cette dame, pas très sympathique, qui avait tout fait pour saborder la Septième Nuit 
quand elle s’est rendu compte qu’elle n’en avait plus le contrôle.
Mimi (qui comme Cheng Wei et Wan Chu a travaillé pour elle) ne comprend pas.
Et pourtant,
si elle n’avait pas été … comme elle est,
Cheng Wei et Wan Chu ne seraient pas partis pour créer la WeiDanceCompany.
Et la suite ne serait peut-être pas arrivée si rapidement …
On trinque.

Le premier cocktail fait son effet.
Si Mimi et son fiancé restent les mêmes (ils ont pris un cocktail sans alcool)
Ha Bao parle anglais …
Cheng Wei a les yeux de plus en plus petits …
Et Wan Chu a un gros « coup de fatigue ».
Il lui était arrivé la même chose à Aix-en-Provence, le premier soir.
Elle a ce regard un peu vide derrière ses lunettes, qui fait rire un peu tout le monde.

Ya Wen, qui tient visiblement mieux l’alcool que les autres, 
profite de l’occasion pour dire ce qu’elle a sur le coeur à propos de ces semaines de travail ensemble.
Les langues se délient,
je sentais bien qu’ils avaient des choses à se dire.
Débriefing improvisé,
c’est bien de mettre les choses à plat.
Avec Ha Bao, nous restons en retrait.

Pour détendre un peu l’atmosphère,
je prends des photos.
D’autant que Mimi et Yan Liang vont bientôt partir, 
Dans cette nuit noire, ils ont 45 mn de route en scooter pour rejoindre Tainan.




















Ha Bao (au premier plan),
Mimi
et Ya Wen





































Cheng Wei (au premier plan),
Wan Chu
et Jim

Les plus aventureux d’entre nous, commandent un second cocktail, 
le temps que Wan Chu reprenne ses esprits.
L’ambiance est plus détendue maintenant qu’ils se sont tout dit.

Il est passé minuit quand nous décidons de rentrer.
Ha Bao et Ya Wen vont continuer la nuit chacun de leur côté.
Des copains les attendent.

Nous rentrons en taxi jusqu’à chez Wan Chu et Jim,
et de là,
Fong Shan ...
Il n’y a ni bus, ni métro pour rentrer à Tsoying.

Ce soir, je ne ferai pas le mur.
Mais je me demande dans quelle chambre je vais dormir.



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