L'apathie du lendemain matin,
déjeuner ou dîner ?
le chant des voisins,
peu de photos ...
Un matin qui ressemble à un lendemain de fête sans gueule de bois.
Je ne devrais pas être tant affecté par ce qui s’est passé ce week-end,
et pourtant,
je me sens presque autant fatigué que si cela avait été ma première,
le vide en moins.
Réveil en trois étapes,
8h …
Puis 10h
Puis midi …
Il y a eu le passage de Ling I dans un sens
(je claque la porte et je m’en vais)
puis dans l’autre
(je reviens en claquant la porte)
Il y a aussi eu une tentative de fabrication de café
(ces filtres sont toujours une énigme pour moi)
quelques passages sur le net, et de vagues réflexions.
Bref,
je me retrouve dans le salon de l’appartement de Fong Shan après avoir dormi dans la chambre d’amis.
Ling I est en tenue de sport.
Je réalise qu’aujourd’hui c’est un jour férié,
le jour où on honore les ancêtres,
et qu’il sera suivi demain, du jour des enfants,
ce qui a pour effet de vider les établissements scolaires et, comme hier matin, de remplir les gares.
Tels des légumes vapeur bien trop cuits observant Ling I tellement dynamique, Cheng Wei et moi sommes avachis dans le canapé.
J’avais sorti des rouleaux de printemps que nous avions ramené des victuailles de la veille.
(alors ici, les rouleaux de printemps n’ont rien à voir avec ce qu’on trouve ici, la pâte roulée qui contient la nourriture et proche d’une pâte à pain).
Je m’apprête à les manger quand Ling I m’arrête net.
Elle sent le rouleau.
Il n’est plus frais selon elle.
Elle se lance dans une omelette, fait réchauffer des raviolis et du maïs.
Cheng Wei rassemble le peu d’énergie qu’il a pour faire les cafés.
Ce sera notre petit déjeuner.
Le ciel a ce blanc laiteux légèrement teinté de bleu qui augure d’une chaude journée de printemps.
Après quelques gorgées de café, nous redevenons relativement sociables.
Discussions.
D’abord, le planning.
Ce matin (enfin ce début d’après-midi),
Cheng Wei va retourner au R7 Creative Hub pour finir de débarrasser les lieux avec Ha Bao.
J’en profiterai pour retourner à Tsoying par le métro (en évitant de changer à Formosa).
Demain,
c’est simple, on ne travaille que tous les deux.
Je décris le reste de la semaine telle qu’elle est prévue jusque là.
Cheng Wei me dit qu’il doit y avoir moyen de négocier un autre jour avec Mimi.
Elle donne toujours ses disponibilités dans la fourchette la plus basse.
Je lui enverrai un message cet après midi.
On parle un peu de cet été,
et de la galère financière dans laquelle on est.
Avec cette création sans subvention, il s’est mis dans le rouge.
Il faut espérer qu’il ait un peu d’aide pour « In Wei » (à Taïwan, il y a deux vagues de subvention par an …) sinon …
Et bien sinon on ne sait pas,
mais on le fera quand même,
on verra bien ….
Je lui dis que l’on peut aussi organiser une semaine de stage ou deux, non pas pour que je gagne plus d’argent mais qu’on en perde moins.
On pourrait augmenter un peu les tarifs et un peu moins me payer,
cela serait une participation à c2a à tout ce que va occasionner « In Wei » à Taïwan.
De toute façon, depuis que je viens ici, je crois que dans le meilleur des cas, je suis revenu aussi riche que je suis parti.
Si je voulais gagner de l’argent, je ne viendrais probablement plus.
Cheng Wei n’est pas d’accord (évidemment).
Je lui dis que de toute manière, dans la mesure où je trouve que c’est une bonne idée,
là dessus, je ne le lâcherai pas.
Donc, il va falloir qu’il accepte ou que l’on trouve un compromis.
Il sourit.
On s’active un peu.
Douches, préparation des sacs.
Nous revoilà dans la voiture en direction du R7.
Au carrefour de Fong Shan West, je repense à la première fois où je suis sorti de cette station.
Si on m’avait dit que cinq après, je serai dans une des voitures que j’avais filmé …
« Cheng Wei … Tu aurais imaginé toi, il y a cinq ans, que tu serais là en train de rire de tout avec un vieux noir français ?
que tu aurais créé ta compagnie ? une pièce de plus d’une heure ?
que tu aurais fait un voyage en France,
et que tu aurais envie d’y retourner ?
- Tu penses … il y a cinq ans, je sortais de l’armée … »
La vie.
Je le laisse à l’entrée du R7 et je pars prendre le métro.
Je reste assis à Formosa …
Et un quart d’heure plus tard, je suis à Zuoying.
Le bus arrive,
c’est le 53,
c’est bien il est plus rapide.
Quand je descends devant le lycée,
il me semble voir que la grille est fermée.
Ça recommence …
Je vais au Family Mart m’acheter de quoi dîner et je remonte Haigon Road en râlant sur la situation.
Ça n’est quand même pas super pratique d’habiter ici,
je fais des économies mais quand même …. au quotidien ça n’est pas super reposant …
Quand j’arrive devant la grande entrée, tout est ouvert.
J’avais mal regardé.
Je traverse les cours.
Un groupe de jeunes semble répéter pour un spectacle mais ils ne sont pas du département danse.
J’avais déjà vu ça à Taipei dans l’école primaire où nous répétions avec Dancecology :
en dehors des horaires scolaires, les locaux sont prêtés à des groupes (l’équivalent de nos associations)
pour y faire toutes sortes d’activités socio-éducatives …
Encore un exemple à suivre.
Arrivé à la chambre, je décide de déjeuner ce que je devais dîner.
De toute façon, c’est quasiment l’heure du thé donc je suis en avance ou en retard.
Je m’endors en digérant sur le sofa sur fond de radio.
FIP.
Je suis réveillé à la nuit tombée par des chants,
en me concentrant un peu, il semble reconnaître des litanies.
Là, je me souviens de ce que Su Ling m’a dit dans nos premières conversations :
il y a un temple sous ma fenêtre.
Ce que j’entends, ce sont les chants des moines à peine perturbés par ceux des oiseaux et par la petit musique du camion poubelle
(car oui, ici, le camion poubelle sillonne la ville en diffusant une petite chanson pour que les retardataires puissent descendre leurs ordures à temps).
Je me lève,
bourre une pipe,
ouvre une bière,
et me recouche en écoutant les chants.
Il fait doux,
les moustiques ne m’embêtent pas,
comment envisager un quelconque travail ?
J’écoute les moines en laissant vagabonder mon esprit.
Cela me rappelle une composition que j’ai faite il y a trois ans après avoir entendu une musique qui venait d’un temple pas très loin de là .
Vous la trouverez ici.
Bon,
je me reprends.
Je branche l’ordinateur.
Par quoi commencer ?
J’envoie un message à Mimi pour négocier un jour de plus comme me l’a conseillé Cheng Wei.
Comme souvent elle répond rapidement,
en s’étonnant car elle m’a proposé déjà trois jours dans la semaine.
Ça ne va pas être simple avec elle.
Je lui rappelle qu’il ne reste que dix jours avant mon départ,
que là, il faut vraiment qu’on commence,
qu’il y a certes « ses » disponibilités mais qu’il faut faire avec les disponibilités de tous
et que là, pour l’instant cela coince un peu.
Je la laisse à ses réflexions en traînant un peu sur le Web.
Les voisins chantent encore.
Si j’entame la musique de Cheng Wei, je crains d’être influencé.
J’écris un nouvel article et je dépense un peu de mon forfait pour le mettre en ligne.
Un bout de film,
quelques réflexions,
(décidément, j’ai beaucoup réfléchi aujourd’hui !)
je reçois un message de Cheng Wei :
« je dîne en tête à tête avec Pei Yi
- alors range ton Iphone
- je n’ai pas d’Iphone je ne suis pas assez riche pour ça …
- tsss, alors occupe tes doigts autrement et arrête d’écrire des bêtises »
Je l’engueulerai demain …
23h,
je vais me coucher.
Mon téléphone s’allume.
Mimi me propose de venir samedi après-midi.
Je la remercie.
Sur Facebook, une amie qui lit ce blog (et qui se reconnaîtra) me dit qu’il faudrait que je sois soutenu par une institution française.
Je souris.


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