Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

jeudi 26 mai 2016

08/04/16 - 2 - Taïwan 1e partie - Jour 13 - Depuis le mausolée

Un démarrage au ralenti, 
tout va bien plus vite que prévu, 
le plaisir de retravailler ensemble, 
danser «  In Wei » à Taiwan, enfin ... 






Vendredi 8 avril, 

17h, 
Nous arrêtons la répétition. 
Seulement voilà, 
il est déjà un peu tard pour arriver à temps à Sizhiwan pour le coucher du soleil. 

Cheng Wei réfléchit.
Il se souvient d’un endroit où il y a une vue panoramique sur la ville.
« C’est près du monument,
où on commémore les morts …
Je ne sais plus comment on dit en anglais,
la vue est magnifique mais je ne sais pas si on verra le soleil »
De toute manière, il est déjà un peu tard et puis c’est bien agréable de découvrir encore un nouvel endroit.

En route.

Fermeture du studio.
Comme mardi, nous slalomons entre les voitures qui s’accumulent dans le trafic pendant que le ciel vire à l’orange au loin.



Nous allons vers l’ouest 
en cherchant encore comment se dit le nom du monument en anglais.
En attaquant Gu Shan 1st road, juste à la sortie de Yanchengbu, Cheng Wei ralentit.
Il cherche.
Le chemin qui mène au monument est quelque part sur la droite mais il ne se souvient plus lequel c’est.
Nous tentons une première petite rue,
demi tour,
nous remontons vers le nord pour tenter une seconde option,
toujours pas.
La troisième est la bonne.
Pour moi, elle ressemble aux deux autres
mais Cheng Wei a repris son rythme de croisière.
Ça doit être le bon chemin cette fois.

Nous remontons de lacets en lacets à travers la forêt.
Première halte
et première vue,
je sors mon appareil photo :
« no no wait ! it will be better later »
Je l’entends me dire ce que j’avais dit à Élise il y a deux étés en arrivant à la faculté de Sizhiwan …
Savoir attendre.

Cheng Wei va s’acheter un thé,
et nous continuons à grimper.
Effectivement,
j’ai bien fait de suivre ses conseils.
Car maintenant, la vue vaut bien le détour.


Le 85 building (du nombre de niveaux dans l’immeuble) trône majestueusement sur la ville moderne.
Nous sommes tournés vers l’est,
donc pas de coucher de soleil,
mais ça vaut cruellement le coup.

Il faudrait pouvoir venir ici vers 5h30 le matin.
Le soleil doit sortir de derrière les montagnes quelque part à gauche du gratte-ciel.
Mais ce serait trop tôt pour prendre un bus.
En taxi ?
Peut-être un jour.

Sur l’esplanade, il y a une sorte de sculpture contemporaine.
Les quatre lettres du mot love trônent sur un parterre de fleurs …
Probablement pour attirer les amoureux,
il doit surement y a avoir des tas de photos de mariage qui se font ici.

À la gauche, le monument dont cherchions le nom.
« Shrine ! »
Un mausolée.



C’est effectivement, un peu grand qu’un simple monument aux morts.
Il doit surement y avoir un temple un peu plus loin dans la forêt.

Je prends le temps de faire quelques panoramas.



Autour du 85 building, s’étale toute la nouvelle ville.
À gauche, au nord, on voit presque Kaohsiung Arena.
Cachés sous les arbres, ce sont les petits bâtiments plus anciens de Yanchengbu.
Juste à côté, l’ancienne gare de marchandises 
d’où partaient les trains qui transportaient le fret depuis le port.
C’est maintenant un parc.
Et puis plus à droite, au sud, 
les premières constructions de Gushan.

Au loin, le port.

En me tournant vers le sud-ouest, j’ai devant moi toute l’île de Cijin,
avec le phare sur la colline Cihou à l’ouest.




Le chenal qui mène au port où mouillent les cargos, sépare l’île de la terre ferme.
Au premier plan,
Gushan, dont la partie la plus ancienne est à l’ouest. (à droite sur la photo)
La partie la plus récente est reconnaissable à sa tour marron, 
bien mal placée à mon goût.
Plus à l’est,
on retrouve l’ancienne gare,
et on distingue le Banana Pier avec ses murs jaunes.
Je l’ai visité avec Su Ling pendant mon deuxième été ici.
c’est un grand hall aménagé pour les touristes.
Ceux qui arrivent à Kaohsiung en bateau accostent juste devant.
J’y avais mangé de la saucisse de thon,
rien de vraiment inoubliable …

Pendant que je prends mes photos, Cheng Wei est allé s’asseoir et sirote son thé.
Il est alpagué par un vieux bonhomme qui a l’air de bien le faire rire.
Je reste un peu à l’écart jusqu’à ce qu’il soit parti puis je le rejoins.
Je sors deux pipes, mon tabac,
et nous restons là, 
comme mardi dernier
à regarder le ciel passer du jaune, à l’orange, puis au rose jusqu’à ce que la ville s’éclaire.


Nous sommes loin d’être les seuls.
Il y a quelques touristes,
mais beaucoup moins qu’à Sizhiwan.

Le bonhomme qui parlait avec Cheng Wei revient.
Visiblement il a besoin de communiquer.
Je crois qu’il a engagé la conversation avec toutes les personnes qui sont passées par le point de vue.
Ni fou, ni mendiant, 
juste … bavard.
Dommage … ça n’est pas trop le moment.
Ces blagues salaces gâchent ce début de soirée tranquille.
Je sors l’appareil photo.
Il fuit.
C’est gagné.
(sauf pour vous qui ne saurez jamais à quoi ressemble ce visiteur volubile).

Cheng Wei reçoit un coup de fil.
C’est Peï Yi,
elle lui propose un dîner.
Il me demande si je veux me joindre à eux.
Je lui dis que non car je voudrais transférer la vidéo ce soir et peut-être bosser sur la musique.
Et puis, je crois que c’est bien qu’ils se retrouvent en tête à tête un peu.
Cheng Wei est déçu :
« bon, si c’est parce que tu as du travail … »

La nuit est presque tombée.
Et comme mardi, nous nous dépêchons de repartir.
Dans les virages, c’est plus dangereux pour conduire en scooter.

À Yanchengbu,
nous remontons vers le nord en longeant la colline de Gu Shan.
Nous nous arrêtons en route pour acheter des bières bleues,
des bières locales,
que bien-sûr, je ne peux pas payer …

Aozhidi,
Cheng Wei me laisse au métro.
« See you tomorrow afternoon after my class ! »
Demain, il a cours à Tainan et nous rejoindra pour la dernière répétition de groupe.

Qu’est-ce que je vais dîner ?
Pas envie de partir à l’aventure.
Je vais à Sanduo acheter des burritos chez mes amis,
et je rentre à Tsoying.

Il est 20h45.
Pour une fois, je suis là tôt.
Avec ces gourmandises pour le dîner, je décide de goûter cette bière au thé achetée lundi dernier quand nous préparions l’année à venir avec Ha Bao.


C’est particulièrement réussi.

22h,
je digère sur le sofa, le cerveau dans le vague.
J’espère que les gamins ne vont pas venir toquer à la porte comme l’autre fois.
L’ambiance est toujours aussi calme,
par la fenêtre on entend tous les insectes réveillés par la nuit tombée.

Bon, il faut quand même que j’avance sur les choses en cours.
Je transfère les vidéos du solo de l’après-midi.
Je regarde.
C’est un bon début.
Je fais un montage plutôt rapide.
Ce sera à mettre en ligne de main.

Il n’est même pas minuit.
Le blog peut-être ?
Non, 
la journée a été longue et je m’endors sur l’ordinateur.

Il est temps d’éteindre l’ordinateur,
le ventilateur,
les lumières du salon,
et de retrouver ma chambre paisible à l’autre bout de l’appartement.

Tiens, les moines ne chantent pas ce soir …


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire