Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

lundi 30 mai 2016

09/04/16 - Taïwan 1e partie - Jour 14 - le premier dernier jour

Mauvaise nuit,  
Brunch, 
Continuer sur le solo et le prologue, 
finir la soirée ... pas tout à fait comme on le pensait ... 






Samedi 9 avril, 

Je ne sais pas d’où c’est venu. 
Des burritos, de la bière au thé, du « bubble tea », 
mais la nuit a été grise,
avec des allers retours de la chambre aux toilettes
et des brulures aux intestins
qui m’ont fait réaliser que je ne connais pas le numéro de SOS médecins ici …
Enfin s’il existe …
(d’ailleurs, y aura-t-il quelqu’un qui parle anglais au SOS médecins taïwanais).
Bon, je pourrais toujours appeler Cheng Wei
mais ce genre de situation révèle, si jamais j’avais encore des doutes, 
à quel point je suis dépendant des autres ici.

Donc, une nuit grise et douloureuse 
qui m’emmène vers une dernière de session de sommeil 
achevée au petit matin non pas par une joute orale de gallinacés,
mais par un combat de chats.

À toute chose malheur est bon …
Il est 5h30,
et le soleil se lève à peine.



Le ciel rosit et c’est quand même bien joli.

Je discute un peu avec mes amis en Europe,
avant de me traîner jusqu’au salon pour faire du thé.
J’écoute France Infos en consignant mes souvenirs de ces derniers jours pendant que ça infuse.

Ma tasse, un sachet …
La saveur acre de ce thé au jasmin est toujours aussi agréable.
Je mange juste une brioche pour tester l’état de mes intestins
et tenir jusqu’à 10h où un brunch m’attend chez Jim et Wan Chu,
ils m’avaient invité le week-end dernier.


Je commence à m’organiser alors que le soleil dépasse du toit
(je sais, on dirait un temple mais ça n’en est pas un,
c’est juste un immeuble … comme les autres).

Au programme du jour 
après le brunch, l’oiseau avec Wan Chu,
puis Mimi et Cheng Wei qui nous rejoignent pour le prologue.
J’espère pouvoir finir de leur apprendre toutes les phrases de base.
Le soir, c’est barbecue chez Ha Bao.
Ça va sûrement finir tard
donc je ne vais peut-être pas pouvoir rentrer ici,
et demain, c’est mon jour off où je vais voir mes amis à Taipei.
Il faut que je prenne des affaires pour les deux jours.

Je ne suis pas au top de mon énergie.
Je fais tout au ralenti et je serai probablement en retard …
Je préviens Wan Chu.
En tentant de lui envoyer un message sur Facebook, il y a quelque chose de bizarre.
Ah .. J’ai dû épuiser mon forfait en m’en servant pour certains téléchargements,
il va falloir que je renouvelle mon abonnement.
J’en parlerai à Cheng Wei ce soir.
De toute manière, 
ici, 
les magasins de téléphonie mobile sont ouverts tard le soir et sept jour sur sept,
on trouvera forcément une solution.

9h40,
je traverse le lycée et ses cours calmes.
Comme samedi dernier, je croise les petits qui vont répéter.



Le bus arrive tout de suite,
et j’ai une correspondance rapide au métro, ce qui me fait arriver à 10h à la station Sanduo.
Je sors dans la direction opposée à celle qui m’emmène chez mon vendeur de burritos,
et me dirige vers le port.



Un truc qui m’étonne ici.
Les chemins piétonniers ne sont jamais rectilignes …
On est loin du jardin à la française ..



En fait, je suis juste derrière le 85 building que je regardais hier depuis Gushan.
Le quartier est en pleine mutation.
Il y a des bâtiments en construction qui jouxtent des parkings, 
des buildings un peu plus anciens (ici ça veut dire une vingtaine d’années),
et des restes des anciens quartiers.

Dans les réalisations récentes,
il y a cette bibliothèque,
ouverte du mardi au dimanche de 10h … à 22h.
On avait jeté un oeil à l’intérieur quand Élise était là.
Il y a un accès au toit terrasse d’où on a une vue sur toute la ville.
Je n’y suis pas encore allé, 
cet été peut-être ..



À un parking de là,
c’est l’immeuble où Jim et Wan Chu ont acheté leur petit appartement.



Ici, on ne rentre pas si facilement dans les habitations.
Ceux qui ont suivi les aventures de la 7ème Nuit 
se souviennent peut-être qu’il y avait des gardiens à l’entrée de tous les immeubles où j’ai vécu, que ce soit à Da Tong road l’été dernier, ou à Wu Fu 2nd road il y a deux printemps.
Je fais sonner le téléphone de Wan Chu pour qu’elle descende m’accueillir.

Une belle journée s’annonce.



Wan Chu arrive.
Elle a un short d’intérieur,
un petit débardeur,
et ses grosses lunettes.
J’ai encore l’appareil photo entre les mains.
Dommage



Nous passons l’immense hall après avoir salué le gardien 
et nous prenons l’ascenseur 
qui nous emmène dans un autre hall, plus petit, 
avec quatre portes devant lesquelles trônent toutes sortes de chaussures.
Je laisse mes sandales devant chez Wan Chu et Jim.
Il s’affaire dans la cuisine.

Me revoilà assis dans le canapé que j’avais squatté dimanche dernier, 
après la dernière représentation de la pièce de Cheng Wei.
Wan Chu me sert un thé pendant qu’ils finissent les préparatifs.
La télé est allumée.
Une émission d’une chaîne américaine où des ressortissants chinois parlent de leur pays …
Intéressant …

« It’s ready ! »

Nous nous installons autour de la table bar qui sépare le salon de la cuisine.
Jim a fait ce qu’ils appellent des « French toasts » qui ressemblent à du pain perdu mais avec autre chose que du lait.
Cela nous donne l’occasion de parler de ces noms de plats qui sont sensés être d’un pays 
et qui ne le sont pas toujours :
on mange plus de « French fries » en Belgique qu’en France,
le chocolat « liégeois » devient « viennois » à Liège,
et je leur raconte que quand j’étais petit, 
on achetait du pain « espagnol » qui en Espagne s’appelait paraît-il le pain « français ».
Tout ça pour dire que je n’avais jamais mangé de « French toasts ».
Et que ça rassurait Wan Chu, parce qu’elle avait dit à Jim que je ne venais pas chez eux 
pour manger des choses que je connaissais déjà en France.

C’est étonnant de voir qu’elle est encore gênée quand je suis chez elle.
Ça n’est pourtant pas la première fois,
et elle devrait savoir que je suis quand même particulièrement loin d’être à cheval sur le protocole.
Elle s’excuse d’avoir des couverts dépareillés.
J’éclate de rire.
« Moi aussi, j’ai piqué en cachette, trois cuillères dans le trousseau de la maison familiale,
en refusant crânement l’offre de ma mère d’emporter une partie du trousseau »

On parle un peu de la visite de Jennifer et Gaby.
Ceux qui me suivent depuis la Septième Nuit les connaissent déjà.
Jennifer est une de mes élèves 
et c’est chez eux que Cheng Wei et Wan Chu ont passé leur séjour marseillais l’an dernier. 



Ils sont restés en contact, s’envoyant des mails de temps en temps.
Et comme Gaby est invité à donner une conférence à Nankin en juillet prochain,
c’était l’occasion de se revoir.

Ils passeront donc quelques jours à Taiwan début juillet,
où je devrais les croiser la veille de leur départ …

Wan Chu a du mal à finir son assiette,
et elle a moins mangé que nous.
Avec Jim, on la pousse un peu à finir :
la journée est longue et elle était vraiment exténuée jeudi.
Elle se comporte comme une petite fille,
en finissant ses quartiers de pommes à contre coeur.
C’est drôle.

Pendant qu’elle va se préparer, je retourne squatter le canapé.
Je m’endors presque.
Je ne suis vraiment pas en forme.

12h30,
nous partons.

Il fait encore très chaud.
Les gens sur les scooters sont couverts comme je ne le serai jamais.



Arrivé au studio,
je pars m’acheter à boire pendant qu’elle se chauffe comme jeudi dernier.
J’espère que le thé continuera à me laver l’estomac.

13h,
on attaque.
Cette fois-ci, on écrit le solo.
Elle révise les phrases de jeudi et tout est intégré.
Je décide de laisser tomber les ports de bras par lesquels elle devait commencer.
Elle a déjà appris assez de choses et en plus ça ferait une redite qui n’a pas de sens avec le solo Cheng Wei.
Je bâtis la danse autour des phrases 
que je garde quasiment dans l’ordre dans lequel je les ai filmées.

Travailler avec Wan Chu est bien différent qu’avec Cheng Wei.
C’est comme leur façon de conduire un scooter.
Elle va doucement, mais sûrement,
reste concentrée,
parle peu …

Elle a un peu de mal avec le rythme.
On décortique les choses,
instrument par instrument.
Avoir composé la musique soit même sur l’ordinateur sur lequel on travaille, a des avantages.
« tu t’appuies sur Hans à la flûte … là c’est sur Marco aux percus »
On imagine s’ils étaient là en chair et en os, 
notamment pendant les moments où elle ralentit ou elle accélère …
On rit
et on avance.

14h,
il y a des bruits dans l’escalier.
Une dame débarque …
Wan Chu parle avec elle.
La dame repart.
En fait, elle a cours dans la salle à 16h et elle voulait se préparer.
Il faut donc que l’on trouve un autre endroit à squatter pour la fin de journée.

Ça m’inquiète un peu.
On s’apprête à reprendre le boulot 
quand Wan Chu voit qu’elle a un message sur son smartphone.
C’est Mimi.
Elle a annulé son cours parce que le studio où elle bosse à Tainan est infesté de moustiques.
Du coup, elle voudrait venir répéter plus tôt.

Je dis à Wan Chu que ça ne sert à rien :
Cheng Wei, qui est aussi à Tainan, ne sera pas là avant 15h.
elle lui explique,
on se remet à bosser.

15h,
Mimi est là.
Elle est plus chargée que d’habitude:
outre son sac à dos habituel, elle a d’autres sachets en papiers.
Comme si elle avait fait les magasins.
Wan Chu lui explique la situation :
il faut que l’on trouve une salle pour après 16h.
Discussion en chinois …
Mimi passe des coups de fil.

Nous reprenons la répétition.
Mon esprit est préoccupé par ce qui va advenir de la suite de la journée.
Il faut absolument que l’on travaille vu que c’est la dernière fois que je vois Mimi sur cette session.
Je ne vois plus assez clair pour avancer.
On fait tourner ce que l’on a déjà monté.
Il y a déjà pas mal de choses et la partie suivante sera une composition de Wan Chu qui fera la jonction avec l’entrée des autres danseurs (celle que l’on a bossé mercredi avec les deux autres)

15h20,
c’est réglé :
nous pouvons aller répéter dans une école où Mimi connaît la directrice,
il y a un petit studio vacant 
et nous pouvons y rester jusqu’à 19h.
Sinon, on peut toujours aller dehors,
sous les alcôves du « Culturel Center » il y a plein d’espace.
La plupart du temps ce sont plutôt des danseurs de hip hop qui squattent 
mais pourquoi pas nous ?

Nous reprenons le solo en peaufinant tout ce qui est possible de l’être.

15h45,
Cheng Wei arrive,
un peu stressé de n’être là que maintenant.
On lui explique la situation.
Il appelle la propriétaire du studio.
Effectivement,
il y a un cours à 16h le samedi.
Elle avait oublié de lui dire.

On filme le solo,
pour mémoire 
et en route pour l’autre studio.

Au moment de partir, Mimi sort de ses sacs, des enveloppes et des paquets.
Ce sont des cadeaux,
pour Cheng Wei et pour moi.
Lui, pour la pièce passée,
moi pour la pièce à venir …
C’est adorable.

Je la remercie et range tout ça dans mon sac,
je regarderai plus tard.



Il fait encore très beau quand nous quittons le studio.
Mimi est en voiture.
On me dit de partir avec elle.
Dommage, j’aurais bien fait une balade en scooter.

Nous repartons vers le centre ville,
je crois reconnaître certaines rues
et pour cause, nous arrivons sur Siwei road.
C’est là que se trouve un vendeur de tabacs où je suis allé souvent
(j’en ai parlé ici)

Le studio est dans les étages.
Il me rappelle celui de miss Lin
mais il semblerait que cette directrice soit plus généreuse …
Nous sommes au Kaohsiung City Ballet,
une académie de danse classique dont j’ai vu le nom sur les réseaux sociaux 
car Ally, la prof de classique de Tsoying (vous devriez le savoir maintenant, mais bon …) 
y travaille de temps en temps.

Nous allons voir le petit studio que l’on nous propose.
Il a la même taille que l’autre …
Je dis que je suis d’accord
(et puis en fait, je ne me sens pas trop de répéter dehors).

On pose nos affaires.
Le changement de studio a un peu cassé le rythme de la répétition.
Et ce qui arrive n’arrange rien :
je ne vois pas dans mon ordinateur la vidéo du matériel que je veux leur apprendre.
Elle est dans le disque dur que j’ai laissé à l’appart’.
Je râle contre moi même, 
juste les phrases que je ne connais pas bien …
Je vérifie quatre ou cinq fois dans tous les recoins de l’ordinateur.
Non non, c’est bien sûr, elle n’y est pas.

« Is it online ? »
Une fois de plus, Cheng Wei me sauve la mise.
Et oui,
j’ai mis la vidéo en ligne !
Nous pouvons dons la regarder sur Internet !
Ça a du bon ce monde moderne parfois …
Sauf que, je n’ai plus internet sur mon téléphone.

« no problem, use mine »

On se sert de son téléphone.
La répétition reprend.
Je déchiffre rapidement ce que j’ai moi-même dansé,
et j’attaque la transmission.

Mais, 
sans vraiment savoir pourquoi, j’ai la boule au ventre,
le diaphragme en route pour les amygdales.
La peur de ne pas avoir le temps ?
Le changement de studio inattendu ?
Mon portable sans forfait ?
Un peu de tout ça sans doute.
Ça n’aurait pas été bien grave s’il n’était pas arrivé 
ce qui m’arrive souvent quand je suis dans cet état :
un faux mouvement,
je me bloque le dos …

Galère et cercle vicieux.
Plus je pense à la situation dans laquelle je suis et plus j’ai mal.
De toute façon, je n’ai pas le choix : c’est la dernière fois que je vois Mimi 
et je veux absolument qu’ils aient vu au moins une fois tout le matériau pour le prologue.

Je montre 
tout,
tant bien que mal,
dès que je danse réellement, mon dos me rappelle que je n’ai pas le droit.
Le moindre semblant de torsion et c’est la douleur exquise …
Le bonheur.

Je n’ai qu’une seule envie,
rentrer me coucher.

Pour me poser, je les laisse réviser les phrases que l’on appris le jeudi.
et vers 18h,
On est venu à bout des sept phrases qui constituent ce que sera le prologue.
On les numérote,
cela me servira pour la construction à venir,
et puis on tente une superposition du duo des garçons, avec la première phrase filmée le jeudi, la phrase dite de l’adage à qui on a attribué le numéro 1.
Je rajoute ensuite deux autres phrases que j’imagine faites dans des directions différentes par les quatre filles.
J’en choisis une dans celles apprises un peu avant, 
(ce qui permet de la bosser)
et tout ça mis bout à bout,
on a une petite idée de ce que sera le début de la pièce dans trois mois.

On filme,
sait-on jamais …
Je pense que ça ne va pas me plaire mais on verra bien.


On filme aussi, tout ce qu’on appris juste avant
comme ça tout est dans la boite et ils (nous !) pourront(s) réviser le moment venu.

Je suis d’une humeur exécrable et je déteste ça,
mais la douleur est vraiment violente ce coup-ci,
aussi forte que celle qui s’était emparé de mes intestins la nuit dernière.

18h50.
Ha Bao arrive avec une mauvaise nouvelle.
Il annule le barbecue.

Décidément, quelle journée !
Bon, 
on va quand même dîner ensemble,
mais dehors …

Discussions,
recherches smartphone,
pendant ce temps, Cheng Wei m’applique sur le dos,
un cataplasme analgésique que Wan Chu lui a prêté.
Je m’en étais déjà servi il y a deux ans où je m’étais bloqué le dos 
dans une situation similaire.

La décision est prise.
Nous levons le camp.
Et ça tombe bien car il est 19h et le studio ferme.
Nous partons 
après avoir chaleureusement remercié la directrice.
Il va falloir penser à l’inviter …

Mimi ne vient pas avec nous,
elle rentre voir son futur mari.
Je la remercie d’avoir fait le sacrifice d’une répétition supplémentaire.
Elle est contente de bosser avec moi.
Ça fait plaisir.

Big hugs.
La prochaine fois que l’on se verra,
et bien justement …
Elle aura une belle robe blanche :
elle se marie le 16 juillet.

Les premiers au revoir du séjour.
Toujours beaucoup d’émotion …
Sur ce coup-là, 
la douleur prend le dessus sur ma tristesse.
C’est mieux comme ça.

Nous partons.

Après un crochet par un magasin de téléphonie,
nous voilà dans un petit resto,
où on mange … ce que l’on aurait mangé dans un barbecue.
On choisit à l’entrée les choses que l’on veut manger 
légumes, viandes, fruits de mer,
et on va s’asseoir.

Jim nous a rejoints.
L’ambiance est détendue
mais, malgré les quelques bières, mon mal au dos est bien présent.
On plaisante quand même.
Il y a l’histoire des bouteilles que l’on finit.
Je leur explique qu’en France on dit parfois : « marié ou pendu ? »
Jim s’en moque, il est déjà marié ..
Alors je lui dis que l’on dit aussi : « une fille à la fin de l’année »
Et là, Wan Chu et Jim trouvent ça beaucoup moins drôle.

On s’imagine tous,
au même endroit,
avec deux ou trois enfants chacun,
qui crieraient dans tous les coins du restaurant.
Trop de bruit, trop d’inquiétude …
On rit …
On trinque,
et on commande d’autres choses à faire griller.

Pendant un bon moment de la soirée,
je m’efface.
Ils parlent en chinois,
et comme le dimanche précédent, je me sens un peu seul,
sauf que cette fois c’est la douleur qui m’isole.

Cheng Wei m’explique qu’ils parlent de sa création suivante,
celle après « In Wei ».
C’est très gentil à lui de tenter de me raccrocher à la conversation
mais je crois que je n’ai juste pas envie de savoir.

La soirée s’achève.
Ils vont payer la note.
Je n’ai pas du tout l’énergie pour me battre ce coup-ci.
Je les laisse m’inviter et les remercie, 
encore.

Wan Chu et Jim rentrent chez eux,
Ha Bao et Cheng Wei vont boire un verre au Mini,
Pei Yi, sa copine, va le rejoindre plus tard
donc pas de Fong Shan pour moi.
Je vais rentrer à Tsoying.
Ils me proposent de venir quand même avec eux boire un dernier verre.
J’accepte d’abord
et puis, je suis forcé de décliner,
j’ai trop mal.

21h15,
Cheng Wei me dépose à la station de métro,
Martial Arts Stadium,
21h50,
je suis à Zuoying,
22h,
le bus 51 arrive,
22h05,
je suis à l’entrée du lycée … qui est ouverte.

Je traverse les cours,
prend l’ascenseur jusqu’au premier étage,
j’ouvre l’appart’ et je me jette sur le sofa.
Putain ! Je déguste.

J’utilise le peu d’énergie qui me reste pour transférer les vidéos de la journée,
mais je n’ai pas le courage de les regarder.

23h,
je me traîne jusqu’à la chambre.

J’espère que le cataplasme fera son office pendant la nuit.
Heureusement que l’on ne travaille pas demain.
Avec tout ça, mes intestins ne la ramènent plus …
Et les danseurs ont appris toutes les phrases du prologue.
C’est bien,
mais qu’est-ce que j’ai mal !


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