Un café et un japonais à Zongshan,
des retrouvailles,
retour à Dingxi,
une jolie surprise
16h30,
Hsiao-Yin et moi sommes dans le métro,
Tamsui line.
Nous nous arrêterons à Zongshan,
une station avant la gare centrale.
que la gentrification a complètement transformé.
S’il reste encore des ateliers de mécanique, des garages,
et quelques ateliers du même ordre dans les petites rues.
il y a une concentration de salons de coiffure assez impressionnant.
On y trouve aussi des boutiques de fringues plutôt branchées
et des cafés,
plein de cafés.
Hsiao-Yin me dit :
« c'est la grande mode ici en ce moment, ouvrir un café ... »
pour parler un peu,
attendre Bk, l’heureux papa, et administrateur de la compagnie,
et Yi-Chin, fidèle complice de la chorégraphe.
On prend des thés, des gâteaux,
on reparle un peu de ce qu'on a vu cet après-midi,
et puis on fait le point sur tout notre petit monde.
Qui devient quoi ?
Chacun poursuit ses projets tout en rejoignant ceux de la compagnie
quand les emplois du temps le permettent.
Ça fait plaisir de voir tout le monde « grandir »
Hsiao-Yin partage avec moi ses questionnements sur ce que sera son avenir proche.
Elle n'est pas sûre de vouloir continuer à enseigner comme elle le fait.
La création lui suffirait bien.
Et ma foi, Bk gagne assez d'argent pour deux tout en lui laissant toute indépendance.
Je lui dis qu'elle a de la chance de pouvoir choisir …
Elle parle aussi de bouquins ou d'articles qu'elle a lus sur la maternité.
Et notamment ceux sur la « mère française »
qui a l'air d'être un exemple d'organisation et d'efficacité,
tout en conservant toute féminité.
J'éclate de rire.
« tu sais, les femmes françaises, sont comme les autres …
Elles font ce qu'elles peuvent … »
Elle rit aussi,
elle se doutait bien que la véracité de ce genre d'affirmations ne devait pas dépasser
l'envergure des magazines féminins dans lesquels elle l'avait lu.
Surprise,
Les premiers éléments du groupe à nous rejoindre sont Fu Chia et Chun Liang.
La première est institutrice et bilingue.
Elle fut la traductrice de la présentation publique dont je vous parlais tout à l'heure.
bilingue aussi,
elle a passé du temps en Grande-Bretagne,
et elle rentre d’un semestre en Australie.
une danseuse et chorégraphe australienne qui fut le mentor de Hsiao-Yin.
Cette dame, qui a fêté ses 80 printemps il n’y a pas si longtemps,
a dansé à Angers pendant le congrès UNESCO en 2014.
Elle était programmé dans la même soirée que les lycéens de Tsoying.
65 ans les séparent,
mais une passion commune et intacte les réunit.
Sacré symbole.
Voilà Bkenoch, alias Bk, le mari de Hsiao-Yin qui arrive,
accompagné de Yi-Chin, comme prévu.
Je me demande d'où vient ce prénom.
Il faudra que je lui demande un jour.
Comme je vous le disais, Bk est l'administrateur de la compagnie,
mais il s'occupe aussi de la promotion, de la diffusion
et des visuels de la compagnie dont il réalise les photos.
Il fait tout ça bénévolement en dehors des horaires de bureau
où il travaille dans une grande entreprise taïwanaise.
Je félicite le nouveau papa pour cette nouvelle aventure.
Sa vie, déjà bien chargée, va être complètement chamboulée dans peu de temps.
Il me remercie et sourit.
Paradoxalement, il semble plus détendu, plus doux qu’avant.
La paternité lui va bien pour l'instant.
Les smartphones vibrent.
Il est temps d'aller au restaurant où les autres vont nous rejoindre.
Rien à voir avec le design souvent épuré des restaurants japonais.
Ici, c'est familial.
Impossible de dire tout ce que j’ai mangé,
impossible non plus de vous raconter pourquoi nous avons tant ri,
mais ce fut une bien belle soirée.
un jeune d’à peine 25 ans, plutôt talentueux dans un de tas de domaines :
il danse,
fait la régie des spectacles, assiste Bk sur ses travaux photos
et est diplômé de je ne sais plus quelle faculté.
Derrière lui à sa gauche (celui que je suis en train d’étrangler) c’est le fameux Bk.
Ensuite, il y a Chun Liang et en face d’elle Hsiao-Yin avec sa robe jaune.
À sa gauche, Fu Chia, l’institutrice,
puis Lance Pong, un sacré danseur de claquettes (entre autre …),
la belle Yi-Chin qui fait encore une grimace
et Shaw Chi, créateur de costumes,
(c'est lui qui avait fait ceux de la pièce dans laquelle j'avais dansé)
Je n'ai pas très bien compris pourquoi il était venu avec son chien …
Et alors sur l’autre table à gauche,
ce sont deux … italiens,
dont un qui vit à Nice !
J’ai discuté un petit peu avec eux en partant.
Ça a fait bizarre de parler italien ici.
Inutile de vous dire que je n’ai pas réussi à payer …
En revanche, Bk, qui fait pourtant des photos sublimes,
a encore réussi à faire une photo de moi
où je fais une gueule improbable quand nous sortons du restaurant.
La pluie a cessé.
Le groupe s’organise.
Qui part tout de suite ?
Qui vient chez Hsiao-Yin et Bk ?
Comment y va t-on ?
Pour ma part, on me dit que je rentre avec Ogawa.
Traversée de Taipei en scooter en vue.
J'ai déjà sommeil,
ça va me faire du bien, un peu d'air frais.
Je dis au revoir à ceux que je ne verrai pas plus tard,
on se dit « à bientôt » en espérant bien se croiser cet été.
Ogawa conduit comme Cheng Wei.
C’est sportif, ça slalome,
et on continue de discuter …
Il a même réussi à apprendre à compter jusqu’à 10 en français
le temps que l’on arrive à destination.
quartier populaire de New Taipei,
ces petites rues aux adresses introuvables,
où le soleil ne rentre que dans les derniers étages des bâtiments,
où il n’y a pas de gardien à l’entrée.
C’est sous les toits d’un de ces immeubles,
que mes amis ont acheté leur petit "chez eux",
au grand désespoir de leurs parents respectifs,
qui auraient préféré qu'ils investissent dans un appartement plus récent.
Un petit trois pièces cuisine surmonté de ce que l'on appellerait en France
"une chambre de bonne",
dans laquelle ils ont entreposé tous les costumes des spectacles
et dont Bk se sert comme studio photo.
C'est là qu'ils m'avaient installé, la première fois que nous avons travaillé ensemble.
Maintenant nous sommes amis,
ce soir, je partagerai le lit d'une des deux chambres avec Chi Fu,
le frère de Hsiao-Yin, qui vit entre ici et la maison familiale dans la banlieue de Taipei.
Alors que la soirée s’achevait,
que Hsiao-Yin trainait un peu sur Internet,
et Chi-Fu faisait sensiblement la même chose,
Bk et Ogawa s’affairaient dans le studio au dessus.
Après une série d'allers retours entre l'appart' et sous les toits,
Ogawa me dire d'un air malicieux :
« Come ! It’s ready ...
- What again ? »
- Come ! »
Je vais au studio.
Surprise.
En fait, ici comme ailleurs,
pour plaisanter, je râle sur tout.
Et il y a quelques temps, je m'étais plaint qu’ils faisaient de super portraits
de tout le monde, mais qu’ils avaient soigneusement oublié de faire le mien.
Seulement voilà,
une de fois de plus dans ce pays,
tous les mots ont leur importance.
Et ce soir, ils ont décidé de tirer mon portrait.
L’appareil et les projecteurs sont en place.
Il y a un fond blanc.
Je me mets devant,
Ogawa se lance.
Ça ne marche pas comme il veut.
Discussion en chinois avec Bk.
C’est la première fois qu’il fait une photo de quelqu’un qui a la peau aussi bronzée.
Ils cherchent.
Les projecteurs changent de place.
Ils réorganisent le tout.
Nouvel essai.
Ça n’est pas encore ça.
Nouvelle discussion,
cette fois-ci, ça a l’air de n’être qu’une question de réglage d’appareil.
Ils tentent encore.
Et cette fois-ci, ça y est.
Ils ont des clichés dont ils sont contents.
Ogawa a appris des choses,
ça peut être utile pour la suite (à lui et à BK)
Quant à moi, une fois de plus,
je repars d’ici avec un bien joli cadeau.










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