Petit bilan matinal,
un train qui arrive à l'heure,
Promenade avec la future maman,
the Fine Arts Museum de Taipei
J’ouvre un oeil et regarde sur mon portable réveil.
Il est 5h30 et le ciel est rose.
Il semblerait que je retrouve enfin mon rythme taïwanais,
dommage, je pars dans trois jours.
aucun des trois prend le dessus,
je commence à m’y faire finalement.
Je fixe mollement le ciel dans un état semi-comateux jusqu’à ce que j’ai assez d’énergie
pour me saisir de mon Iphone et écouter la radio.
« France Inter il est minuit »
On y est.
Je l’entends pour la première fois du séjour.
Je me mets en route pour le salon.
(en écrivant cette phrase, je me rends compte qu’on a l’impression qu’il est à dix bornes du lit … Cela dit, c'est à peu près le souvenir qu'en a mon corps pour ce matin-là).
L’eau chaude, le thé.
Je teste mon dos,
ça a l’air moins pire qu’hier,
en revanche le cataplasme s’est décollé pendant la nuit,
il doit être quelque part dans le lit.
Le pain aux myrtilles est particulièrement réussi.
le thé au jasmin, égal à lui-même,
il fait beau et pourtant,
j’ai la boule au ventre.
Je ne sais pas bien pourquoi,
mais si c’est à cause du dos, c’est bête,
ça ne va faire qu’accroitre la douleur.
Mercredi c’est déjà fini,
retour aux tracasseries européennes,
les gens qui stressent pour des choses qui vont me paraître dérisoire,
les réactions parfois bien violentes pour des situations qui n’en valent pas la peine,
la paperasse …
Je sais bien qu’il y a aussi le plaisir de revoir les potes, les élèves et le bonheur d’attaquer
avec Élise et Marie ce que je suis en train de faire ici mais ça n’est pas ce qui me vient à l’esprit maintenant.
En tous cas, « In Wei » est bien en route.
Par rapport au planning de départ, certaines choses sont allées bien plus vite que je ne le pensais, d’autres moins.
Je me demande si j’ai bien fait de continuer « l’oiseau » avec Wan Chu.
Quand je vois les vidéos de toutes les répétitions, c'est bien Mimi qui aurait été au plus prés
de ce que je suis, du moins dans la forme.
Mais en même temps, la fragile Wan Chu propose autre chose, quelque chose de plus léger,
de moins terrien.
Et c'est peut-être encore mieux pour évoquer des oiseaux.
Alors oui, elle est allée plus lentement que je ne le pensais,
mais son cerveau a intégré tout ce qu'il devait ingurgiter et son corps laisse déjà infuser de bien belles choses.
Je sais aussi que tout ça, elle ne l’oubliera pas,
et qu'il nous reste encore deux répétitions pour avancer.
Je le ferai avec Marie en France et Cheng Wei prendra ma place en juillet.
Il faudra réadapter les tailles et les contacts vu qu’il est plus petit que moi
mais ça devrait aller vite avec ces deux-là.
Et puis ça sera intéressant de voir comment je transmets mon rôle,
instructif pour l’avenir …
7h30,
rédaction d’un article sur le blog,
29 mars,
je suis sacrément en retard.
8h15,
douche et préparation du sac,
il est à moitié prêt de la veille.
8h45,
je quitte l’appartement.
je croise bien plus de gens que je ne le devrais dans les cours du lycée.
On est dimanche matin quand même !
Arrivé à la grande grille, tout en me dirigeant vers l’arrêt,
je consulte
(trop tard, comme d’habitude)
à quelle heure passera le prochain bus.
Quand je lève la tête, il y en a un juste devant moi.
En fait, il était un peu en avance et attendait quelques instants pour respecter l'horaire annoncé.
Je saute dedans juste avant qu’il ne démarre.
9h05,
je suis déjà à la gare et mon train n'est qu'à 9h36.
Je passe au distributeur de billets.
J'ai utilisé tout l'argent que j'avais changé le premier jour.
À trois jours près, je ne dépassais pas mon budget.
Mais je n’ai pas encore été payé de mes cours à Tsoying, ça devrait s’équilibrer.
J’achète à boire,
et sort fumer sur l’autre parvis, celui à l’est (pas celui où je prends le bus pour le lycée).
Cette partie-là de la gare est plus animée :
l'entrée du centre commercial, qui est au dessus de la gare, se situe de ce côté
et c'est aussi là que passent tous les cars interurbains comme celui qui mène à Kenting
dans le sud de l'île.
J’en avais pris un il y a trois ans,
quand je m’étais octroyé un week-end de vacances.
9h36,
le HighSpeed Train quitte la gare de Zuoying et file vers le nord.
Un quart d'heure après, nous passons Tainan.
la chorégraphe de la compagnie Dancecolgy.
Je vous en ai parlé assez souvent dans mes séjours précédents
mais pour ceux qui découvrent mes blogs (et ceux qui s'y perdraient dans tous ces noms),
voici un bref résumé de notre histoire.
J’ai rencontré Hsiao-Yin lors de ma résidence au Bamboo Curtain Studio en 2012
où j'avais mené des ateliers autour de ma pièce Notre Sisyphe.
À la présentation publique, dans les studios de la T.N.U.A, nous avions présenté ensemble le duo de la pièce.
À la fin de cette résidence, on s'est juré de se revoir,
et comme cette jeune femme a de la suite dans les idées,
profitant de mon séjour suivant ..
Elle m’a embauché ..
Comme danseur.
Riche expérience personnelle que fut cette aventure.
(j'en ai parlé ici)
Depuis, chaque fois que je viens à Taipei,
je n’ai pas le droit de dormir ailleurs que chez elle.
Donc Hsiao-Yin m’attend.
Et cette année, je vais voir (enfin presque), sa nouvelle création.
Cha Cha - 茶茶.
Car comme quasiment toutes les filles qui ont été mes partenaires en duo
sur des pièces de la compagnie, elle attend une petite fille.
Et quand on sait que, 茶, c’est l’idéogramme du thé,
je me sens forcément déjà proche de cette enfant.
Dans le train, je discute avec Cheng Wei.
Il me demande si mes intestins vont mieux.
Effectivement, avec cette histoire de dos, j'ai oublié cette affaire.
Tout semble être rentré dans l'ordre.
Il me dit s'être souvenu que lui aussi, quand il avait gouté les perles vertes du bar à thé,
celles à l'agave, il avait été un peu malade,
ça devait être ça.
L'essentiel, c'est que ça aille mieux.
Je lui souhaite un bon courage.
Il bosse cet après-midi.
Chiayi,
Taichun,
l'aéroport de Taoyuan,
Banqiao,
on est dans la banlieue de Taipei.
Je me prépare à aller à Dingxi,
le quartier où habite Hsiao-Yin,
mais je reçois un message.
« On se retrouve à la station de métro ?
Pour le déjeuner et le début d’après-midi, il y aura juste la future maman,
je pense que l'on ira dans un grand parc et au musée des Beaux-Arts de Taipei,
Monsieur Papa nous rejoindra en fin d’après-midi et nous irons dîner dans un restaurant japonais où les autres nous retrouveront.
- Parfait,
alors on se retrouve au métro Dingxi ?
- si tu n’as pas de bagages, on peut se retrouver directement à la station Yuanshan
- sur la Tamsui Line … ok pour moi
- rendez-vous à 11h50 mais prends ton temps »
11h36,
le HighSpeed Train arrive à la gare centrale de Taipei, à l’heure prévue.
Situation d’une banalité déconcertante ici,
qui aurait sûrement mérité un statut Facebook en France.
Je m'intègre à la marée humaine qui se déverse du train au métro.
Le métro de Taipei est aussi bondé que celui de Paris,
mais en plus ordonné.
Les gens attendent en ligne pour entrer dans les wagons.
Ça ne double pas.
Ça va vite, mais ça ne stresse pas.
Et dans les escalators, on se tient à droite,
même quand il y a du monde …
Hsiao-Yin a vraiment pris son temps et c’est très bien comme ça.
Elle apparait en bas de l'escalator dans son imperméable jaune assorti à sa robe.
Son visage s’est arrondi,
et le « hug » de retrouvailles est un peu plus distant que d'habitude,
c'est qu'il y a la petite Cha Cha dans son ventre rond.
Nous sortons de la station
et comme souvent ici,
il fait gris, et il pleut un peu.
La bruine taipéiote ressemble à celle de Paris,
mais en plus doux.
Je l'abrite sous mon parapluie.
Nous traversons le parc pour aller déjeuner.
Juste à côté, il y a un de ces désormais habituels « food court »,
dont je vous en ai parlé, il n’y a pas si longtemps.
Ici, le hall est international.
Il y a donc bien sûr un stand français.
On y trouve des crêpes, des galettes et des desserts …
Mais bon, pour nous le déjeuner sera indonésien.
C'est moins cher - le plat est à 7 euros - et c'est tout aussi bon.
C'est pour la bière que je dépense le plus.
Petite promenade digestive à travers le parc,
pour rejoindre le musée des Beaux-Arts.
En ce mois d’avril, on pouvait voir :
une rétrospective de Yang Mao-Lin, artiste taïwanais,
et une autre exposition intitulée « the way the things go »
où des plasticiens multi-médias ont imaginé des petites machines infernales générant des ambiances sonores singulières.
Certains ont posé des instants poétiques en utilisant des phénomènes physiques
que l'on apprend au collège ou au lycée.
C'est le cas de cette installation réalisée à partir d'une machine fumée et d'un sèche-cheveux
Idéal pour une après midi pluvieuse.
Les réactions du public sont tout aussi intéressantes que les installations elles mêmes.
Comme me dit Hsiao-Yin, l'expo aurait pu s'intituler « the way humans go » ...
Nous revoilà dans le hall d'entrée.
Tous ces espaces,
aussi bien dedans que dehors,
ça donne des envies,
et des idées.
Justement, il y a un chorégraphe français qui a été invité à investir les lieux,
Xavier LeRoy,
il a bien de la chance …
Retour au métro,
nous descendons vers le centre,
direction Zongshan,
pour prendre le thé et plus tard, dîner.















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