Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

vendredi 17 juin 2016

12/04/16 - 2 - Taiwan 1e partie - Jour 17- quitter Tsoying

Shopping dans une boutique à thé,  
redire au revoir à tout le monde, 
faire ses affaires,  encore, 
la dernière soirée  






Jeudi 12 avril, 

18h,

Nous quittons le studio pour la dernière fois.
Pas de coucher de soleil possible,
mais il nous reste assez de temps pour faire du shopping.
J’hésite à perdre du temps à aller chercher des nouvelles chaussures,
je ferai ça cet été peut-être.
Et puis, il vaudrait mieux que je ne dépasse pas le budget que je me suis fixé,
je ne sais pas du tout dans quelles conditions je vivrai le reste du printemps.

En revanche le thé,
c’est abordable
(et puis bon, il faut bien que je me fasse un peu plaisir quand même !)
Je suggère la boutique que j’avais découvert avec Jim et Wan Chu l’été dernier.

J’y avais acheté quatre fois moins cher du thé que je trouve en France dans les boutiques spécialisées.

Il y avait du fameux Dong Ding,
(nom dont je me suis servi pour la première musique que j’ai créé à Taiwan,
- vous pouvez l’écouter ici).
Je me souviens qu’ici la traduction était devenue Tong Ting.
La prononciation est probablement quelque part entre les deux,
ni d, ni t.
Un peu comme Wan Chu, que j’écrivais Wan Zhu:
ça n’est « tchou », ni « djou », ni « dzou », 
c’est quelque part au milieu des trois.
Le mandarin … Quelle galère …

Le souci, c’est que cette boutique est à Yang Chen Bu en allant vers Sizhiwan,
c’est pratique quand le coucher de soleil est au programme 
mais dans la direction opposée quand on veut aller à Tsoying en partant d’ici.
Heureusement, il y a une autre boutique de la même chaine à Kaohsiung Arena.

Parfait ! En route …

Heure de pointe,
ça prend bien plus de temps qu’en scooter.
On se retrouve enfin sur Bo Ai road. 



Nous revoilà dans ce genre d’immense centre commercial que je n’apprécie guère.
Au rez-de-chaussée, c’est le « food court » où j’ai acheté mon pain du matin pendant tout le séjour.
(maintenant, vous devriez savoir ce que c’est, sinon regardez ici).
Cheng Wei va demander à une hôtesse où est la boutique de thé.
Nous montons dans les étages.

En sortant de l’escalator, je reconnais l’enseigne de la boutique au bout de l’allée.
Cheng Wei, lui, a vu tout autre chose :
sur la gauche, il y a un magasin de bonbons.
Et Cheng Wei aime les bonbons.
Il les aime vraiment.

Je le remets dans la bonne direction …
On s’y arrêtera au retour de toute façon.

Il y a plus de cinquante thés dans la boutique,
ce à quoi il faut ajouter les infusions et le café.
Préciser son choix.
On reste sur le thé vert.
Alisha Gao San Cha,
Ton Ting,
« simple » thé vert des montagnes
et tellement d’autres choses …
Difficile de choisir.
Il y a une marque que je reconnais.
J’en avais ramené une boite l’année dernière.
(celle à gauche sur la photo)



Sauf que dans cette seule marque … Il y a seize qualités différentes,
chacune avec un numéro et une couleur,
en fonction de l’oxydation, de l’année de la récolte …
Je me souviens de la couleur de la boite que j’avais achetée : vert foncé.
Il y en a encore deux de cette couleur.
J’en choisis une au hasard,
Cheng Wei demande à la dame.
Elle va me faire goûter.
Nous attendons le temps de l’infusion.
On nous amène une petite tasse.
J’aime bien.

Cela a donné une direction à la vendeuse,
elle nous en fait goûter d’autres, 
je ne sais plus combien, 
au moins cinq (j’en ai acheté quatre et il y en au moins une que je n’ai pas aimé …)
Des plus oxydés, des « récoltés » à la main, des « premium » primés en concours.
Je prends le temps de choisir,
les serveurs sont patients.
De temps en temps, on nous propose un verre d’eau, pour se rincer la bouche,
un peu comme dans certaines caves en France.
Le bonheur.
Je dépense une grande partie des sous qu’il me reste,
et repart avec presque deux kilos de choses à infuser.
Heureusement que j’avais de la marge dans mes bagages.

Inévitablement, comme dans la plupart des endroits où je suis allé acheté des choses avec Cheng Wei, le fameux « fa guo » revient dans la conversation en chinois.
Je sais qu’à ce moment-là, on lui a demandé d’où je venais.
(« fa guo » c’est France en mandarin, vous vous souvenez ?)

Nous repartons de là bien chargés,
d’autant que Cheng Wei m’a acheté en cachette,
des fruits séchés (des prunes et un autre fruit cousin que nous n’avons pas trouvé dans nos traducteurs)

« Now ! Dinner ! »

Oui, il va aussi falloir penser à manger.
Mais il ne faut pas que l’on traîne trop.
Ce soir, pas question de faire de le mur.
Il faut non seulement que je sois là avant que la grille soit fermée,
mais aussi que j’ai fait mes affaires et que j’ai rendu les clés à Su Ling avant qu’elle ne soit partie.

Hsin Yu m’a dit ce midi qu’il serait là assez tard parce qu’il fait répéter les garçons.
Je lui envoie un message.
« don’t worry … Su Ling is still here and I’ll wait for you anyway »
C’est très gentil mais bon, on a largement passé 19h et je ne veux pas qu’il attende juste pour moi.

On s’organise.
Première étape,
les bonbons (je savais que je n’y échapperais pas …)
puis on descend acheter à manger et on dînera à l’appart,
comme ça, à partir de là, je verrai à quelle vitesse je dois ranger mes affaires.

Rez-de-chaussée,
on choisit un barbecue coréen.
Maxi combo avec toutes sortes de grillades, 
viandes, fruits de mer (mais décortiqués !),
du riz et des légumes.
On ramène tout ça à la voiture et en route pour Tsoying,
j’ai encore des bières au frigo.

Cheng Wei découvre le sofa de toutes mes réflexions.
On partage le repas.
Et je le laisse prendre ma place,
fumant une pipe sur le cuir usé mais tellement confortable,
les yeux dans le vague et les pieds sur l’accoudoir,
pendant que je range mes trois sacs.
Le petit, où vont les papiers et l’argent,
le moyen, où je range l’ordinateur, de quoi écrire, 
un pull pour l’arrivée à Amsterdam,
la tasse que l’on m’a offert en arrivant et les autres cadeaux,
et le gros sac où va tout le reste,
en espérant qu’il ne dépasse pas les 23 kilos …

21h,
nous quittons l’appart’,
« et pour les poubelles ?
- ne t’inquiète pas, à mon avis, ils enverront les gamins faire le ménage …
Et ils se feront un plaisir de le faire, histoire de trouver quelque chose que tu aurais oublié »
Je ris.

Voilà, on y est,
dernier passage au bureau.
Il ne reste que Su Ling et Hsin Yu.

On discute encore un peu,
oui, la prochaine fois je resterai plus longtemps,
oui, plus longtemps que l’été dernier (un mois, ça avait été trop « court »).

Su Ling part vers son bureau.
Elle revient avec une petite boîte en cartons.
« Tiens ! »
Je l’ouvre, 
c’est une autre tasse,
à l’effigie de la Tsoying Senior High School
« au cas où tu nous oublierais …. »
Je la prends dans mes bras.
« Su Ling … Comme si je pouvais vous oublier … »

Un dernier au revoir,
Hsin Yu nous accompagne à la porte,
tout en discutant avec Cheng Wei.

Je suis sur le point de pousser la porte de sortie 
quand une des gamines du niveau 3, me voit passer avec mon sac à roulettes.
Elle appelle les autres.
Ils étaient en train de répéter dans le studio à côté.

Je vois ce qui va se passer,
ils m’avaient fait le coup l’été dernier :
ils veulent une photo,
mais … une chacun.

Je n’ai pas le choix,
mais je le fais volontiers.
Voici celle avec Wei Fen, mais je vous les montrerai toutes dans un prochain article.



Nous quittons le lycée vers 22h,
après que j’ai demandé aux petits de m’envoyer toutes ces photos.
La grille principale se ferme derrière nous.

Retour à Fong Shan,
un peu triste,
forcément,
on discute un peu en buvant une dernière bière et on se couche tôt.

Demain c’est réveil à 5h,
et on ne pourra pas traîner.

Dernière nuit à Kaohsiung,
semblable à la première,
avec le coeur moins léger.






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