Se réveiller très tôt,
apprécier les dernières fois,
dire au revoir une dernière fois,
prendre les airs
4h,
comme souvent les jours de départ, je suis réveillé avant le réveil.
Je passe sous la douche.
Petit coup d’oeil sur le net,
les nouvelles en France ne sont franchement pas terribles,
ça donne encore moins envie de revenir.
Je lis la conversation d’amis sur Facebook,
ils plaisantent,
je n’ai pas l’énergie de me joindre à eux.
Vérification des appareils,
ils sont tous chargés.
je regarde par la fenêtre, le jour se lève.
Je fais glisser la baie vitrée,
il y a un peu d’air frais
et les oiseaux,
toujours,
ils sont là,
comme tous les matins.
5h,
j’arrête mon réveil et vais réveiller Cheng Wei.
Le pauvre.
On se croise comme des zombies dans le salon.
Je réorganise mes sacs pendant que j’entends l’eau de la douche.
Il sort de la salle de bain,
enfile un pantalon,
fait les cafés,
(il vaut mieux que ce soit lui qui les fasse …)
et pose les deux tasses sur les petites tables sur lesquelles nous avons dîné quelques fois.
Il éclate de rire
« Ça fait longtemps que je ne me suis plus levé aussi tôt,
ça me rappelle une fois … où je me suis couché à cette heure-là … »
Je suis inquiet pour les contrôles,
comme d’habitude.
Bien que tout soit déjà en place, je vérifie une dernière fois :
les liquides sont dans le gros sac noir,
les choses sur lesquelles ils peuvent douter sont sur le dessus du petit sac vert ou dans ses poches,
le passeport est à dans la petite besace.
Voilà,
nous sommes prêts.
Comme au premier jour,
le sac vert reprend sa place à l’avant du scooter entre les jambes de Cheng Wei,
je mets le gros sac noir sur mon dos
et nous quittons le parking pour traverser Fong Shan encore endormi.
Cheng Wei se gare devant le métro,
il prend mon sac vert sur son dos,
Je lui tends le casque, « mon » casque.
Le métro arrive.
Le premier du matin.
Il y a déjà pas mal de monde et nous ne sommes pas les seuls à trainer des valises.
C’est décidément un pays qui se lève tôt.
On décide de rester debout.
J’ai mon grand sac noir devant moi,
Cheng Wei a le sac vert entre ses jambes.
« j’espère que Nathalie est réveillée »
Il lui envoie un message.
C’est drôle, Cheng Wei appelle Wan Chu par son prénom anglais
et moi par son prénom chinois.
Wei Wu Yin,
la station du théâtre pour cet été,
Ce sera probablement notre arrêt fétiche à mon prochain séjour.
Dans toutes les lignes du métro taïwanais,
à Kaohsiung comme à Taipei,
le nom des stations défile sur un écran et une voix les annonce,
et ce,
en quatre langues,
d’abord en chinois,
puis en taïwanais,
en hakka (la langue des premiers chinois qui ont débarqué sur l’île il y a quelques siècles),
et enfin en anglais
(ceux qui ont suivi les blogs précédents devraient s’en souvenir)
On a souvent ri souvent, notamment avec Wan Chu, du ton des voix qui change selon les langues.
Le ton de la voix hakka est quasiment martiale (en tous cas, très énervée …)
elle contraste particulièrement avec l’anglaise qui suit, et qui est toute sirupeuse.
Mé Li Dao
Mi Lé Deu
MI LI TO
Formosa Boulevard,
station de correspondance,
c’est la dernière fois de ce séjour que j’entendrai ces quatre versions des faits.
Pincement au coeur.
Changement de ligne,
nous voilà en direction de l’aéroport.
Central Park
Cheng Wei envoie un message à Wan Chu :
« voiture 4 »
Sanduo Shopping District
Wan Chu nous rejoint directement dans la bonne voiture,
elle n’est pas du tout réveillée.
On rit.
On se moque de nous mêmes,
des fameuses voix en quatre langues,
on s’amuse comme si de rien était,
alors que la séparation approche et que nos gorges se serrent.
Kaohsiung International Airport,
le personnel de la station qui nous souhaite bon voyage en secouant la main,
l’ascenseur,
le hall de départ,
l’enregistrement,
ça va très vite, bien que tout le monde soit détendu.
Enfin presque …
Une dame arrive en hurlant,
elle s’occupe de personnes âgées qui rentrent … En Chine …
Ils sont en voyage organisé et ça n’a pas l’air simple …
mais on ne fume pas,
Wan Chu n’aime pas.
On reste là à regarder les gens,
à parler de la suite,
à penser à cette nouvelle tranche de vie passée ensemble.
Un dernier selfie,
et je vais vers les contrôles.
8h20.
Hug final.
Je dis, comme à chaque fois, à Wan Chu de prendre soin du petit,
qu’il est parfois dur mais qu’il ne faut oublier qu’il est encore bien jeune,
et que sous ses airs de tout maitriser, il est souvent perdu dans sa nouvelle vie de chorégraphe.
Je remercie Cheng Wei pour tout ce qu’il a fait pour moi cette fois-ci encore
(trouver un studio de danse, me traîner partout, m’inviter dans ces deux « chez lui »)
et comme à chaque fois, il me répond :
« that’s what friends are for ! »
Les agents qui contrôlent les cartes d’embarquement nous regardent en souriant.
Je me dirige vers eux, tend les papiers nécessaires et vais rejoindre la longue file d’attente.
Des groupes, essentiellement chinois,
des taïwanaises élégantes,
des japonaises branchées,
quelques australiens,
un couple d’espagnols,
et moi, dont les chinois se moquent à cause de mes cheveux,
comme l’autre jour sur l’esplanade.
Je passe le contrôle de passeport à l’heure officielle de l’embarquement,
c’est mieux comme ça,
j’attendrai moins après …
J’arrive à la salle d’embarquement et me joint à une autre file,
la dernière.
Derniers instants sur l’île,
derniers messages sur mon numéro de téléphone taïwanais.
Cheng Wei, Wan Chu et Sylvain (qui est encore réveillé en Europe) me souhaitent bon voyage.
Wan Chu me remercie de ces jours de boulot.
« c’était comme en France pour la Septième Nuit »
On a tellement de plaisir à travailler ensemble.
Elle m’écrit qu’elle a surpris Cheng Wei en train d’écraser discrètement une larme dans le métro,
ma vue se brouille.
L’avion quitte l’aérogare
et l’hôtesse nous demande d’éteindre les appareils électroniques.
Dans les avions de la compagnie Mandarin Airlines, il y a des prises USB,
j’essaie de brancher mon téléphone pour voir si ça peut le recharger,
ça ne sert apparemment qu’à écouter de la musique ou regarder ses propres films.
Tant pis.
On croise une piste,
une autre,
dernier virage
Décollage.et je vais vers les contrôles.
8h20.
Hug final.
Je dis, comme à chaque fois, à Wan Chu de prendre soin du petit,
qu’il est parfois dur mais qu’il ne faut oublier qu’il est encore bien jeune,
et que sous ses airs de tout maitriser, il est souvent perdu dans sa nouvelle vie de chorégraphe.
Je remercie Cheng Wei pour tout ce qu’il a fait pour moi cette fois-ci encore
(trouver un studio de danse, me traîner partout, m’inviter dans ces deux « chez lui »)
et comme à chaque fois, il me répond :
« that’s what friends are for ! »
Les agents qui contrôlent les cartes d’embarquement nous regardent en souriant.
Je me dirige vers eux, tend les papiers nécessaires et vais rejoindre la longue file d’attente.
Des groupes, essentiellement chinois,
des taïwanaises élégantes,
des japonaises branchées,
quelques australiens,
un couple d’espagnols,
et moi, dont les chinois se moquent à cause de mes cheveux,
comme l’autre jour sur l’esplanade.
Je passe le contrôle de passeport à l’heure officielle de l’embarquement,
c’est mieux comme ça,
j’attendrai moins après …
J’arrive à la salle d’embarquement et me joint à une autre file,
la dernière.
Derniers instants sur l’île,
derniers messages sur mon numéro de téléphone taïwanais.
Cheng Wei, Wan Chu et Sylvain (qui est encore réveillé en Europe) me souhaitent bon voyage.
Wan Chu me remercie de ces jours de boulot.
« c’était comme en France pour la Septième Nuit »
On a tellement de plaisir à travailler ensemble.
Elle m’écrit qu’elle a surpris Cheng Wei en train d’écraser discrètement une larme dans le métro,
ma vue se brouille.
L’avion quitte l’aérogare
et l’hôtesse nous demande d’éteindre les appareils électroniques.
Dans les avions de la compagnie Mandarin Airlines, il y a des prises USB,
j’essaie de brancher mon téléphone pour voir si ça peut le recharger,
ça ne sert apparemment qu’à écouter de la musique ou regarder ses propres films.
Tant pis.
On croise une piste,
une autre,
dernier virage
L’avion fait une boucle pour repartir vers l’ouest.
Kaohsiung est devant moi.
l’aéroport et la banlieue sud qui s’étire le long de la route de Kenting,
à droite, Fong Shan.
On distingue le 85 building, emblème de la ville moderne,
et derrière la grande colline, Gushan.
À gauche sur la photo, (avec de bons yeux),
au pied de Gushan, on voit l’endroit d’où on prend le ferry pour aller à Cijin,
la passe qui permet aux cargos de rentrer dans le port,
et l'île de Cijin.
Derrière, c’est Sizhiwan.
On traverse les nuages,
ma gorge se serre et ma vue se brouille à nouveau.
Plus possible de prendre de photos pour l’instant.
Se dire que l’on revient vite,
dans trois mois et demi tout au plus,
et que là-bas de l’autre côté,
malgré le gris, le froid, et tout le reste,
il y a aussi des gens qui seront contents de me retrouver.
et je redémarre ce voyage retour.
Il y a encore Hong Kong,
Amsterdam,
et avec la magie du décalage horaire,
après 15h30 de vol, et 4h de correspondance,
j’arriverai en milieu de soirée à Marseille.










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