Quitter le pays le jour de la fête nationale,
Air France ...
escapade artistique en Pays-Bas,
de la bonne musique par delà les nuages.
Jeudi 14 juillet,
4h,
Dieu que ce réveil est rude.
Mais c’est à ce prix-là que j’aurais mon vol de 6h50.
C’était le moins cher quand j’ai réservé mon vol …
J’ai pris celui d’Élise un peu plus tard,
et celui de Marie quand la somme de vos dons sur Ulule est arrivé.
et celui de Marie quand la somme de vos dons sur Ulule est arrivé.
Et puis, j’ai eu un peu pitié d’elles aussi ...
Pas de petit déjeuner,
j’aurais ce qu’il faut dans l’avion,
et à l’aéroport d’Amsterdam où j’aime bien déguster des toasts au fromage.
Comme à chaque fois, je suis inquiet,
je ne serai rassuré qu’une fois dans l’avion.
D’autant que cette fois-ci, il y a quelques petits doutes supplémentaires:
en voulant bêtement choisir mon siège sur le premier vol,
un bug sur le site d’Air France a, pour faire court, chamboulé toutes mes réservations.
J’ai passé quelques dizaines de minutes avec une dame fort sympathique
et nous avons tout résolu étape par étape
mais, comme je le disais plus haut, tant que je ne suis pas dans l’avion …
Rajoutez à ça, le fait que pour une raison inconnue, il n’a pas été possible de transférer
mes cartes d’embarquement sur mon Iphone et vous imaginez à peu près dans quel état je suis.
mes cartes d’embarquement sur mon Iphone et vous imaginez à peu près dans quel état je suis.
Après réorganisation des bagages, je suis prêt à partir aux alentours de 5h.
J’espère juste que mon sac ne sera pas trop lourd.
Direction l’aéroport.
Personne sur la route (heureusement !),
j’arrive à l’heure pour me plonger dans le flot de ceux qui ont décidé de partir
en ce jour de fête nationale.
en ce jour de fête nationale.
À l’entrée de l’immense cordon,
trois agents,
deux hôtesses et un steward sont là pour nous accueillir,
enfin il y en a surtout une, les autres discutent.
Quand je lui explique que je suis déjà enregistré
mais que je n’ai pas pu transférer ma carte d’embarquement,
elle me répond : « vous allez à Amsterdam ! »
mais que je n’ai pas pu transférer ma carte d’embarquement,
elle me répond : « vous allez à Amsterdam ! »
La chose est donc connue …
Elle me laisse passer mais là,
ses collègues qui ont fini leur conversation
(ou ont décidé de finalement s’occuper aussi de ce qui devrait être leurs affaires),
me demandent où je vais…
Trois agents pour aller plus vite,
et finalement, on perd du temps.
Me voilà dans la file d’attente,
des sacs de plus ou moins grande taille,
des gens visiblement habitués,
des nouveaux voyageurs un peu perdus,
des enfants impatients,
des ados faussement mécontents de partir,
et moi, dans mes pensées et mes petites angoisses de voyageur pourtant aguerri.
Me voici presque en tête.
Pour ventiler les clients,
revoilà notre duo de choc,
leur collègue a dû leur dire qu’elle s’en sortait très bien toute seule.
Et ils redoublent ici aussi de non efficacité,
reprenant leur conversation (qu’ils n’avaient donc pas finie)
pendant que leurs collègues,
notamment les plus éloignés de la tête de la file,
s’agitent pour que les passagers viennent à eux.
Ça prend un peu de temps, mais ça s’autogère.
On se réveille entre le troisième et le quatrième « Personne suivante ! »
L’hôtesse de notre duo revient vers nous de temps en temps,
nous disant d’attendre ou nous demandant où on va alors qu’il y a un agent de libre.
Mais personne ne râle,
c’est plus lent que ça ne le devrait,
mais tout va bien.
C’est donc à mon tour,
première étape,
la pesée,
21kg,
tout va bien.
On enchaîne avec l’explication.
« bonjour, je vais à Kaohsiung via Amsterdam et Hong Kong,
- Kaohsiung ? c’est où ça ? c’est en Ch…
- non, c’est à Taïwan
- Taïwan, vous n’avez pas besoin de visa ?
- non non, nous sommes exemptés de visa jusqu’à 90 jours
… elle ausculte mon passeport
j’y étais au printemps
- oui mais laissez moi vérifier
… je patiente
- vous partez pour combien de temps ?
- sept semaines
- ça fait combien de …
- un mois et demi
- ah … ah ben c’est bon alors !
(puisque je vous le dis …)
Alors vous n’allez pas pouvoir enregistrer votre bag …
Ah si … votre bagage va jusqu’à destination, en revanche …
- je dois récupérer la carte d’embarquement du dernier vol à Hong Kong
- oui, c’est ça … et bien voilà tout est bon »
Elle me souhaite bon voyage.
On ne pourra pas dire qu’elle n’a pas TOUT vérifié ...
Premier contrôle,
sécurité,
sans souci particulier,
mes nouvelles chaussures ne contiennent donc pas d’éléments métalliques,
c’est une bonne nouvelle pour la suite.
Deuxième contrôle,
passeport,
deux agents à la mine patibulaire, décryptent nos visages et nos papiers,
celui qui me rend mon document me gromèle quelque chose,
je pense qu’il a dû me souhaiter bon voyage.
Porte 3b,
l’embarquement est imminent.
Je dis au revoir à mes amis lève tôt
et j’envoie un message à Cheng Wei :
« boarding
- waiting »
Je lui demande ce qu’il attend.
« you ! XD »
XD c’est sa manière de dire qu’il est mort de rire,
et ça lui arrive souvent.
L’hôtesse contrôle ma carte d’embarquement,
elle est illisible …
Décidément …
Un bref passage par l’écran de son ordinateur et le tour est joué …
Je suis installé place 10F, côté hublot comme d’habitude.
À mes pieds, mon petit sac marron contient mon portefeuille, mon argent taïwanais,
mes câbles de rechargement, mon Iphone et mon appareil photo.
« Personnel à vos postes,
prêt au décollage »
La ceinture est attachée et le nez sur le hublot,
je vois l’aérogare s’éloigner.
Je pense à ceux que j’aimerais avoir là, à mes côtés,
Sylvain, qui m’a offert un Ipad qui m’accompagne pendant tout ce voyage,
Fred, Anaïs …
L’avion accélère,
c’est parti.
Nous sommes à l’heure.
Et contrairement au train, nous n’allons pas nous arrêter en pleine voie …
De toute manière, j’ai tout mon temps à Amsterdam.
Je tente des photos avec mon nouvel appareil,
(ah oui, dans le dernier article,
ne voulant parler que des bonnes nouvelles,
j’ai volontairement omis de vous annoncer la disparition de mon Lumix GF2,
7 ans.
Celui qui m’a accompagné depuis mes première aventures vidéos,
qui a connu la Finlande, été comme hiver, l’Italie, la Suisse, la Belgique,
et qui, bien-sûr, a découvert Taïwan avec moi …
C’est avec un pincement au coeur que je l’ai laissé chez moi
et que j’ai couru hier soir, en acheter un autre à la FNAC.
Heureusement que le Pôle emploi a pris la décision qui va dans mon sens.
Donc un nouvel appareil, intitulé DMC-FZ300,
et visiblement, je n’ai pas encore compris toutes ses subtilités.
Pour l’instant, rien ne marche comme je veux,
il faudra que je lise le manuel,
les douze heures du prochain vol seront le moment idéal.
(quand je vous dis que ça n’est pas encore ça cet appareil ...)
Le petit déj’ composé d’une boisson chaude et de deux sablés vaguement bretons,
est servi sans conviction par un personnel Air France
qui n’a pas du tout envie d’être avec nous.
qui n’a pas du tout envie d’être avec nous.
C’est dommage,
j’ai la sensation que s’ils y mettaient un peu du leur, ça se passerait mieux,
mais je peux me tromper …
Schiphol.
L’avion s’immobilise,
les ceintures de sécurité claquent et tout le monde ou presque se rue sur les compartiments à bagages pour récupérer la chose qu’ils vont mettre sur le dos en restant debout,
parfois courbé en deux, le temps que l’avion soit raccordé à l’aéroport.
Je reste assis.
La famille, très blonde, qui est assise à côté de moi n’est pas du tout hollandaise comme je l’imaginais.
Le père explique avec un accent marseillais comment prononcer Schiphol à la néerlandaise.
Pas sûr qu’il soit le meilleur professeur.
Les pressés s’engouffrent dans le couloir,
les autres leur emboitent le pas.
Nous ne sommes plus que deux dans la rangée numéro 10.
Un jeune homme en face de moi m’invite à passer le premier.
Je m’engage,
il me rattrape,
j’ai oublié mes lunettes,
je le laisse passer,
il fait tomber ses stylos,
échange de bons procédés entre deux étourdis maladroits.
Je remonte la passerelle et me lance dans la fourmilière déjà bien vivante qu’est cette immense plaque tournante d’Amsterdam Schiphol,
mélange de femmes et d’hommes d’affaires pressés,
de touristes européens,
et d’autres d’un peu plus loin,
dont le regard sur toute cette faune qui s’affaire est parfois un peu médusé.
9h20,
je suis au bar.
Toast Old cheese and honey,
double expresso,
jus d’orange,
gâteau aux pommes,
je revis.
Je déguste tout ça en discutant avec mes amis sur l’Ipad (Sylvain, merci encore)
que je recharge gracieusement installées à cet effet,
observant les clients de tous pays qui viennent se réveiller ici comme moi.
11h,
je fume dehors et je vois Jos,
un ami hollandais de longue date, qui vient déposer quelqu’un à l’aéroport.
C’est son jour de congé,
il m’emmène.
Malheureusement, il ne fait pas assez beau pour aller à la plage,
ce sera la fondation Singer, à Laren, une petite ville à une demi-heure de Schiphol.
Les Singer étaient des mécènes et collectionneurs.
C’est dans une de leurs villas que la fondation a décidé de présenter une partie de leurs acquisitions.
Cet été, nous allons pouvoir admirer des oeuvres de peintres … français, du début du XXe siècle.
Des oeuvres qui leur appartiennent et d’autres qui viennent du musée d’art moderne de Troyes, avec lequel ils ont fait des échanges.
Seurat, Valloton, Derain, Marinot (qui a croqué le fameux mécène)
Picasso, Cocteau et Buffet entre autres …
Dommage, cela aurait été l’endroit idéal pour un déjeuner.
Déjeuner simple,
sandwiches en terrasse avec un verre de Chardonnay tout à fait honorable.
l’heure pour moi de rejoindre la fourmilière et de recommencer, ce que j’ai fait ce matin.
Passage express pour rejoindre les contrôles,
ma carte d’embarquement ne passe pas non plus.
Le vieil homme noir, souriant, me demande mon passeport,
il lit avec moi mon nom en français et me laisse passer en me souhaitant bon voyage.
Premier contrôle bagages,
sans encombres,
Il y a du monde et un peu de confusion au contrôle des passeports :
Sur les panneaux séparant les passagers en deux files,
il y a écrit « EU, CH »
(passeports européens et suisses)
et « other passports ».
Quelques asiatiques posent la même question un peu partout.
« CH is for China ?
- no, it’s Switzerland »
Changement de file, désorganisation, grommellements …
Pas de souci au contrôle,
c’est toujours plus facile dans ce sens,
et puis la biométrie, ça a du bon.
Je me dirige vers ma porte d’embarquement,
où est déjà annoncé un retard certain :
« Boarding 18:00 »
le Boeing 747-400 Mixed Configuration ne partira donc pas à 17h20,
ou alors, sans nous …
Heureusement que j’ai quatre heures d’attente à Hong Kong.
Je trouve une place dans un coin,
mets des boules Quiès
et joue aux dominos en attendant que tout le monde s’agite.
La population est déjà beaucoup plus asiatique que dans le vol précédent.
L’autre continent se rapproche.
Ça y est,
les files se forment,
les cartes d’embarquement et les passeports apparaissent,
ils ont dû annoncer la chose.
Je reste assis, jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand monde.
mets des boules Quiès
et joue aux dominos en attendant que tout le monde s’agite.
La population est déjà beaucoup plus asiatique que dans le vol précédent.
L’autre continent se rapproche.
Ça y est,
les files se forment,
les cartes d’embarquement et les passeports apparaissent,
ils ont dû annoncer la chose.
Je reste assis, jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand monde.
Contrôle de la carte d’embarquement,
elle ne passe pas plus ici qu’ailleurs.
Je tente d’expliquer au stewart que ça a été le cas partout,
il est en pilote automatique et me répond en boucle
« don’t worry, we gonna check on the computer »
mais je ne suis pas inquiet, je vous explique …
N’en parlons plus,
il vérifie et me laisse passer,
c’est l’essentiel.
À l’entrée de l’avion, il y a un journal français :
le Monde.
Je le prends.
Les hôtesses de KLM sont là,
égales à elles-mêmes,
saluant tout le monde avec un sourire franc :
« vous savez où vous allez ?
- 14A, je crois que c’est par ici
- vous avez raison .. »
Rien à voir avec ce matin …
Je suis assis à côté d’un jeune philippin,
et d’un homme d’affaires qui s’arrête à Hong Kong,
ils ne m’adresseront pas la parole de tout le voyage.
(comment je sais qui ils sont ?
un rapide coup d’oeil sur la carte d’embarquement du philippin
et le remplissage de la carte d’immigration de l’autre passager m’ont mis sur la piste)
Je m’endors pas très longtemps après le décollage,
comme souvent.
Nous sommes au dessus des nuages, quand je suis réveillé par la distribution des casques.
Peu de films m’intéressent,
il y a « Batman contre Superman »,
j’essaie,
je ne suis pas emballé par la première demi-heure.
Je prends quelques photos.
Ça a l’air moins pire.
Le dîner va être servi,
je préfère l’apprécier en musique.
J’ai dans ma, décidément bien pratique, tablette
une compilation de pop anglaise des années 80.
Bien mieux qu’une bataille de super héros.
Les choristes des Buggles chantent « video kills the radio star »
alors que je savoure mon gin tonic
alors que je savoure mon gin tonic
et j’attaque mon repas « chinois » dès les premiers accords de « boys don’t cry » de The Cure.
Au menu,
boulettes de viandes avec une écrasée de pommes de terre
ou poulet au curry avec du riz,
Quand l’hôtesse demande au jeune ce qu’il préfère manger,
il lui répond avec une ostensible sensation de manque dans la voix.
« celui où il y a du riz »
L’Asie …
Le soleil se couche,
je n’arrive toujours pas à faire de photo correcte à basse luminosité derrière le hublot,
qu’importe,
je bois ma dernière tasse de thé vert,
en écoutant « the killing moon » d’Echo and the Bunnymen,
le luxe.
Je pense à mes amis Thierry et Marie qui nous ont prêté leur studio
pour répéter « la Septième Nuit » l’année précédente,
pour répéter « la Septième Nuit » l’année précédente,
La dernière fois que j’ai attendu cette chanson c’était chez eux.
Après, je ne sais plus trop ce qu’il y a eu comme musique,
perdu dans mes pensées, j’ai attaqué ce qui devait faire office de nuit.
Ah tiens, j’ai oublié de sortir de l’autre sac le manuel de l’appareil photo.
À Hong Kong, peut-être.










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