Un atterrissage comme les autres,
Marseille, égale à elle-même,
retrouver les élèves, découvrir des stagiaires,
et chercher l'énergie pour continuer malgré tout.

la tête pleine de souvenirs et d'idées,
le coeur lourd de ce que j'avais quitté et des tracasseries du quotidien qui allaient me rattraper sous peu.
Le printemps est traditionnellement la période des concours.
Cette année, j'ai été très peu demandé en tant que jury.
mais il y a quand même un ou deux événements dans ma région auxquels je tiens à assister.
Les rencontres chorégraphiques départementales et régionales de la Fédération Française de Danse en font partie.
Cela me permet de voir des collègues jurés, certains amis,
des enseignants du coin que je ne vois qu'à cette occasion
et aussi d'achever les tutorats entamés à la fin de l'hiver en voyant sur scène l’évolution des travaux que j’avais accompagnés.
Je participe donc autant que possible à ces deux grands rassemblements,
en m’investissant bénévolement.
Et il y a des années qui sont plus rudes que d’autres,
celles où l'on considère plus les personnes qui organisent comme des paillassons
ou des incompétents,
celles où même au sein de l'organisation, on a tendance à oublier que nous ne sommes pas obligés d'être là,
2016 a été une de celles-là.
Fraîchement débarqué des aventures que je vous ai racontées,
(j’avais pris le billet pour rentrer juste à temps)
la différence de comportement entre les asiatiques et les européens m’a sauté aux yeux plutôt violemment.
Mes amis que j’ai tout juste entraperçus n’ont pas eu le temps d’adoucir mon retour.
Il me reste de tout ça, un peu de colère et de déception quelque part sous la glotte.
Les limites du bénévolat …
Retrouver - et avec quel plaisir - mes chers élèves, m’a donné du baume au coeur.
Je les avais, une fois de plus, confiés à Anaïs.
Ils me sont revenus heureux en me disant tout le bien qu'ils pensaient d'elle.
Il y a eu aussi quelques stages,
celui de Charleville-Mézières, où deux profs de classique, Annick Petit et Géraldine Rousse
font un boulot remarquable,
et puis l'habituel rendez-vous de Manosque,
où pour la première fois là-bas, je me suis retrouvé devant une classe d'enfants.
Je n'avais plus travaillé avec des 8-10 ans depuis bien longtemps,
et cette expérience m'a rappelé pourquoi.
Mes collègues qui ont ces classes régulièrement, et qui font avancer patiemment
ces enfants déjà grands, presque préadolescents, ont bien du mérite.
le prologue, l'oiseau …
C'est intéressant de voir comment ces danseurs qui ne sont pas habituées à ce que je fais,
se dépatouillent de mes demandes en terme de qualité du mouvement, de rythme, de direction.
Et puis, il y a,
Marseille,
avec ses tous nouveaux touristes accrochés à leur plan
ses rues encore bien trop sales,
ses bouchons perpétuels,
ses cadeaux empoisonnés comme ce rétroviseur que j'ai retrouvé cassé en rentrant de Charleville,
et ses couchers de soleil qui tentent de faire oublier le reste mais qui n'y arrivent plus vraiment.
Il y a ces conversations où on se dit tous plus ou moins la même chose sur le fonctionnement des affaires culturelles,
avec ici, le clientélisme prégnant qui accentue peut-être encore plus les choses.
Réaliser qu'en dehors des centres chorégraphiques, il n'y a pas un seul chorégraphe marseillais qui ait réussi à survivre depuis les années 90, c'est à la fois rassurant par rapport à l'aventure que je vis, et désolant quant à l'envergure que pourrait (devrait ?) avoir cette ville.
En ce qui concerne la compagnie j'ai encore eu quelques réponses négatives,
dont celle de KLAP, que j'ai relancé après mon dernier mail de février.
Dans la réponse, survenue en juin, on m'expliquait que la demande de studios
se faisait par trimestre (donc c’était bon en février mais là … c'était trop tard).
Quant à une hypothétique présentation de mon travail en octobre,
ça ne serait pas possible puisqu'il y avait "question de danse",
un événement dans lequel semblait pourtant parfaitement s'insérer ce que je propose,
mais auquel visiblement je n'étais pas convié autrement qu’en étant dans le public.
"Au moins, maintenant, on sait …" m'a dit quelqu'un de la Mairie.
Mais bon, je n’ai pas à me plaindre,
nous avons un théâtre qui nous accueille.
Et je ne les remercierai jamais assez.
Je pense à tous mes collègues qui ont jeté l’éponge,
comme par exemple, ceux qui organisaient le festival du livre de la Canebière.
Encore un bel événement, au milieu d’un quartier populaire, qui a disparu, faute de soutiens.
Malgré tout ça, parce que tout ça,
il faut que je trouve en moi l'énergie,
que je garde intacte cette envie viscérale de créer.
Et pour ça, j'ai les autres là-bas loin bien-sûr,
mais j'ai aussi ici, à Marseille et ailleurs,
des gens qui restent là derrière et avec moi
et que je crois pouvoir compter parmi ceux qui y croient.

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