Un réveil aux aurores qui m'en rappelle un autre,
un long voyage,
un beau mariage,
pas tout à fait comme en Europe …
6h.
Quand l’Iphone vibre, j’ai une violente envie de lui faire traverser la baie vitrée
mais ces appareils modernes peuvent quand même être parfois
aussi bien utiles qu’agréables.
J’ai une sensation de déjà vécu :
il y a trois mois, le jour de mon départ, j’étais plus ou moins dans le même état.
Je vais réveiller Cheng Wei.
Il est assis sur son lit dans la même situation que moi quelques secondes plus tôt.
Je souris.
C’est une très bonne chose de commencer ce séjour par une fête.
Si seulement elle avait pu être à Kaohsiung
plutôt que quelque part beaucoup trop loin à l’intérieur des terres ...
En tous cas, les cocktails de Mini sont toujours aussi bons.
Aucune migraine, aucune nausée intempestive,
on peut enchaîner.
Pour l’heure qui suit, je pourrais presque faire un copié collé de l’article du 13 avril.
Nous nous retrouvons assis devant les petites tables
sur lesquelles trônent des cafés que Cheng Wei a pris soin de ne pas me laisser faire.
« What did I say ? 7 ? …
We can make it if we leave at 7:20 … »
Cheng Wei gagne du temps …
« even 7:30 …
- Cheng Wei …
- Ok ok … 7:20 »
Préparation des affaires.
J’ai ma chemise et mon pantalon déjà sortis du sac.
Il me manque le noeud papillon.
Je regarde Cheng Wei,
en fait, il va s’habiller … comme d’habitude.
Si j’avais su, je n’aurais pas investi !
En même temps, ça me fait des chemises neuves
(il y avait une promo - ou des soldes .. ou les deux - sur un achat de 3 chemises)
et puis j'aime bien les noeuds papillons.
Passage simultané aux douches,
c’est bien pratique parfois d’avoir deux salles de bain !
Vérification des sacs,
téléphones,
appareil photo,
pipes, tabac, briquets,
cartes de transport,
argent liquide,
nous sommes prêts.
À 7h20 tapantes,
nous sommes dans l’ascenseur,
dans une ambiance semi-comateuse.
Nous ne disons rien
mais je pense que Cheng Wei déteste autant que moi Mimi à ce moment précis.
Le parking,
le casque
(le mien ! pas les coccinelles … Même si elles iraient très bien avec ma chemise)
le scooter,
la traversée Fong Shan toujours aussi endormie,
un remake du 13 avril mais le coeur léger.
7h35,
Cheng Wei gare son scooter à l’entrée nord de la gare de Fong Shan.
Il passe au guichet pour prendre les billets qui seront chargés sur nos cartes de transport.
Je me colle à lui pour être sûr de pouvoir payer.
Je le connais …
le train arrive.
Comme nous utilisons nos cartes, nous n’avons pas de place réservée.
S’il y a des places, on peut s’asseoir,
mais on peut être délogés à tout moment
par ceux qui ont payé pour être assis confortablement.
On s’assoit dans le hall sur les marches de sortie,
du côté où la porte ne s’ouvrira pas.
8h,
Kaohsiung gare centrale,
Cheng Wei envoie un message à Wan Chu pour lui dire où on est.
Elle a trouvé une place et veut profiter de la clim’.
Elle ne bouge pas,
nous non plus.
8h45,
Tainan,
nous ne sommes pas les seuls à descendre.
Elle est très élégante,
Cheng Wei lui fait remarquer, elle le remballe.
Restes de la dispute d’hier? Mauvais réveil ?
Va savoir …
Nous sortons de la gare où un car nous attend.
Une dizaine de personnes, plutôt âgées, sont déjà installées.
« c’est vrai que c’est joli cette veste
- ooooh ! Merci »
Cheng Wei me regarde interloqué.
« don’t try to understand … it’s a … girl …. »
Wan Chu éclate de rire.
« oui mais toi tu me l’as dit différemment »
Je lui fais remarquer que, là, vraiment, elle exagère.
Elle rit encore.
Nous étions donc les derniers.
Heureusement que nous n’avons pas raté le train …
Je ne verrai rien du paysage.
Je m’endors avant la sortie de la ville
et ne serait que très vaguement réveillé par les pauses pipi aux stations essence.
10h45,
Yunlin,
toute petite ville dans le centre de l’île,
nous faisons une halte à la maison familiale où d’autres convives vont nous rejoindre.
Cheng Wei me dit :
« le car repart à 11h … »
je ne bouge pas
« tu peux peut-être venir avec nous à la maison »
Le fameux « peut-être » taïwanais,
cette fois-ci, je ne me fais pas avoir.
Il FAUT descendre et aller à la maison.
Je m’exécute.
Nous traversons un hameau qui me rappelle un peu le village de Jia Liang.
La cérémonie « religieuse » se déroule dans la maison de la promise.
Mimi m'avait proposé d'arriver la veille au soir et d'assister à tout ça,
mais avec l'avion qui arrivait vers 19h, ça faisait trop tard
(et puis je savais que j'avais une soirée importante à vivre ..).
La photo qui suit n'est donc pas de moi.
les mariés sont déjà partis à la salle où se tiendra le banquet.
Je fais la connaissance du père de Mimi,
et de sa soeur, qui, prendra place aux côtés de son père
(personne ne parle de la mère de Mimi,
j'explorerai la question à un autre moment).
Wan Chu sort deux enveloppes rouges,
elle tend une à Cheng Wei … qui a oublié
« j’en étais sure … »
Ils glissent quelques billets dans les enveloppes.
Wan Chu inscrit un petit mot sur la sienne.
Cheng Wei n’est pas inspiré.
Elle l’engueule.
Il y a d’autres amis de Mimi,
dont un polonais, qu’elle a dû rencontrer au Canada.
Je ne serai donc pas le seul européen de la fête.
Nous repartons tous dans le car.
Il reste encore une heure de route.
Le père a décidé de faire un petit peu d’animation, le temps du voyage.
et nous annonce un karaoké pour finir joyeusement le trajet.
Cheng Wei me regarde.
Oui, moi aussi, je crains le pire.
Et effectivement, comme souvent dans ce genre de situation,
ce ne sont pas les meilleurs chanteurs qui s’y collent.
j’hésite à sortir discrètement mes boules Quiès,
en même temps, ça a le mérite de me réveiller.
Double peine.
Le futur beau-père a arrêté le karaoké …
Midi et des poussières,
Chang Hua,
une ville un peu plus grande, encore plus au nord,
la fête se déroule dans un restaurant japonais,
au premier étage.
Nous sommes accueillis par les organisateurs
qui sont installés derrière une table sur laquelle trône un dessin.
C’est un grand arbre, façon arbre généalogique.
Tous les invités doivent y inscrire leur nom.
J’écris « Claude » sur une branche éloignée.
L’animatrice vient à notre rencontre pour nous dire où nous asseoir.
Ce sera la table « internationale »
Il y a Wan Chu, Cheng Wei,
Michael (dans sa version anglaise) le polonais, sa copine taïwanaise,
deux autres couples et moi.
Une grande table ronde avec le classique plateau tournant,
une petite assiette, un bol, un ramequin pour la sauce,
les baguettes sur leur repose baguettes
et un petit verre, un peu plus grand qu’un verre à liqueur.
Il y a deux brik de jus de fruits et une bouteille de vin chilien.
On nous dit que nous pouvons aller voir la mariée avant son entrée officielle,
elle est avec son mari dans un petit local pour les dernières retouches coiffures et maquillage.
Yan, l’heureux élu, a un smoking classique
et Mimi une robe blanche des plus conventionnelles
en tous cas, vu de l’ouest …
Je la serre dans mes bras.
« I’m so happy that you’re here »
Je félicite Yan que j’avais déjà rencontré l’été dernier
quand Mimi m’avait visiter Tainan
et nous ressortons.
Je trouve que Mimi est particulièrement calme
je le fais remarquer à Wan Chu :
« it’s the dress … Believe me … this huge princess thing … »
C’était donc ça.
Apparemment, la robe de princesse, ça détend …
Ça devait être calme dans les cours royales au XIX° siècle.
À moins que quand on s’y habitue, on retrouve son tempérament ?
Pendant notre visite aux mariés, les bouteilles ont été ouvertes par les serveurs.
Je laisse la responsabilité à Michael d’attaquer le vin,
ce qui ne manque pas de faire assez rapidement.
C’est un peu bizarre dans un verre de cette taille et de cette forme
mais après tout, ça n’est pas pire qu’un gobelet en plastique.
L’animatrice de la soirée annonce l’arrivée officielle.
D’abord les parents,
puis les témoins …
Et les voilà
Un défilé bien occidental finalement …
Le repas commence
et il est pantagruellique.
Douze plats :
des sashimis,
toute une série de fruits de mer,
des viandes,
une fondue chinoise,
des fruits,
et du gâteau.
(alors petit leçon de mandarin : vous pouvez découvrir comment on lit les chiffres
ils sont entre parenthèses)
Cheng Wei sympathise avec un des couples de notre table,
en fait, ils sont « amis » Facebook mais ne se connaissaient pas.
Le jeune homme faisait partie d’une compagnie de danse traditionnelle chinoise apparemment connue.
Ils parlent culture institutionnelle, subventions, s’éclipsent le temps d’une cigarette,
je découvre un Cheng Wei bien plus doué que moi pour ce qui est des mondanités.
Quelque part pendant les fruits de mer, je vois que les deux nouveaux amis s’agitent,
une question traverse la table mais on ne me demande pas mon avis,
ils partent à nouveau …
et reviennent avec … quatre bières.
Je comprends pourquoi on ne m’a rien demandé.
Il faut dire qu’à neuf, la bouteille de vin n’a pas fait long feu
et contrairement à des mariages européens, on ne nous en a pas ramené.
Les quatre hommes de la table ont un demi litre de bière supplémentaire,
ce qui n'a pas l'air d'offusquer le personnel du banquet.
Les quatre hommes de la table ont un demi litre de bière supplémentaire,
ce qui n'a pas l'air d'offusquer le personnel du banquet.
Cela dit, ça n’est pas étonnant :
souvent ici, les boissons sont secondaires dans les restaurants.
Il y a parfois des bonbonnes de thé, ou une armoire frigorifique contenant des sodas et des bières, mais souvent on traverse la rue pour aller acheter de quoi boire à la supérette et on revient tranquillement les poser sur la table sans que ça ne gêne qui que ce soit.
Sinon avant la fondue chinoise,
il y a eu un .. enfin une .. attraction.
Mimi a revêtu une splendide robe rouge et Yan s’est plongé dans un costume de dessin animé japonais.
Ils refont le même trajet que celui de l’arrivée officielle dans ces nouvelles tenues
et montent sur une petite scène au fond de la salle.
S’en suivra une danse improvisée où tous les « danseurs » seront conviés.
(oui j’en faisais partie, oui cela a été photographié et filmé,
non, je ne mettrai pas la vidéo)
On a enchaîné avec les traditionnelles photos de groupe.
(les parents, les amis, etc…)
De retour à notre table,
j’ai demandé pourquoi ce dessin animé avait une incursion dans la cérémonie.
Il semble qu’il ait eu une place importante dans la vie des tourtereaux.
N’en parlons plus ...
Dernière petite chose plutôt sympathique,
les heureux époux ont fait le tour des tables pour nous remercier d’être venus,
et trinquer avec les convives.
les heureux époux ont fait le tour des tables pour nous remercier d’être venus,
et trinquer avec les convives.
L’ancien danseur traditionnel nous explique que le marié est tenu de boire un verre à toutes les tables,
quelle que soit la chose qu’on y met.
Alors forcément …
Arrivé à notre table, je lui ai tendu un verre
rempli d’un mélange de sauce du dernier plat de viande,
du bouillon de la fondue,
de la bière,
d’un peu de sauce soja
et d’une petite goutte de fond de bouteille de vin chilien pour rehausser le tout.
Pauvre Yan.
Et après ça,
plus rien.
Ça s’est agité un peu partout sur les tables.
« ok ! we go … »
Tout le monde se lève et s’en va.
Pas l’esprit de l’ombre d’une musique dansable et dansée,
pas une chenille (même taïwanaise) qui redémarre,
pas de serviettes qui tournent
alors forcément, pas de jarretière …
À l’entrée, une dernière séance photo est organisée.
Cheng Wei ajuste mon noeud paillon …
Bon, finalement, pour le noeud, on a abandonné ...
Alors de gauche à droite,
l’ancien danseur et son épouse (oui on se marie souvent jeune ici),
le polonais et sa compagne,
les mariés,
Cheng Wei,
et Wan Chu que je tiens par l’épaule pour qu'elle soit dans le cadre.
Ils tiennent à la main une sucette qui est traditionnellement offerte en fin de mariage.
C’est un bonbon plat dans deux biscuits,
une sorte de choco BN où le bonbon remplace le chocolat,
le tout fixé sur une sucette.
le tout fixé sur une sucette.
Et donc de là,
retour au car,
1h de route passage par la maison familiale,
2h supplémentaires,
terminus à la gare de Tainan.
1h de route passage par la maison familiale,
2h supplémentaires,
terminus à la gare de Tainan.
Pour le retour, Cheng Wei décide d’acheter des places réservées,
119 dollars, 3,40 euros,
pour 40 km, c’est peu ...
Wan Chu, elle, tente sa chance en placement libre.
19h,
nous reprenons le train pour Kaohsiung.
Il n’y a pas de place,
nous partageons nos deux sièges avec Wan Chu.
Elle se cale entre nous.
On rale pour la forme,
elle prend tellement peu de place …
Kaohsiung gare centrale,
Wan Chu nous quitte :
« see you tomorrow ! »
ses yeux pétillent,
ça fait plaisir.
Wan Chu nous quitte :
« see you tomorrow ! »
ses yeux pétillent,
ça fait plaisir.
Quant à nous, nous reprenons le scooter pour traverser Fong Shan.
Programme du soir,
une petite pause à l’appartement
avant de commencer mon emménagement …














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