Trois nouvelles versions de l'oiseau,
qui rencontre le public français,
pour la première fois.
Marie apprend sa partition taïwanaise.

cela n’a pas été si simple de me relancer.
Les choses étaient pourtant bien parties là-bas,
mais l'énergie plombante entourant mon retour
et mon naturel pessimiste ont pris un temps le dessus.
J’ai préféré m'abrutir en jouant aux dominos ou au morpion japonais
plutôt que de me relancer dans le futur de cette chose en route.
De manière plus constructive, j’ai aussi mis sous la forme d’un Ebook
toute la première partie de ce blog.
Heureusement, il y avait des échéances :
on devait montrer l'oiseau (ou du moins des extraits)
au gala de l'école de mes amis Caroline et Pascal à la Ciotat, sur une belle scène en plein air
et aussi au Cabaret du théâtre des Chartreux.
Des occasions de tenter des choses …
Pour cette occasion, l'équipe permanente avait rappelé quelques artistes amis
pour montrer … ce qu'ils avaient envie de montrer
ou inventer ensemble des sketchs tout à fait improbables,
allant de la chanson à la danse,
en passant par des numéros de jonglerie, de clowns ou des extraits de pièce de théâtre,
le tout dans une ambiance bon enfant où l'humour n'était jamais bien loin.
Comme j'avais dansé un petit quelque chose à l’inauguration du théâtre,
j'avais été convié à l'événement.
Un bien joli moment que celui-là.
Tout le théâtre avait été investi : la scène bien sûr, mais aussi le grand bar de l'entrée,
ou le jardin derrière.
Une grande fête dynamique et simple, faite de "best of", d'instants insolites, d'approximations,
de gags potaches et de choses émouvantes.
L'an dernier, j'avais improvisé un impromptu au bar, qui engageait les spectateurs
à se déplacer vers la salle de spectacle.
public, artistes et techniciens.
Le rire était partout, sur scène et dans les gradins.
Contente de ces belles soirées, l’équipe du théâtre a décidé de retenter la chose, juste comme ça, pour rire.
Cette année, après avoir participé à la lecture d’un texte à sept voix : « le théâtre obligatoire »
(un texte drôle et subtilement engagé que je ne saurais que vous conseiller),
je me suis retrouvé embrigadé dans un duo improbable avec un clown déclamant le Cid.
l'oiseau,
sur un petit plateau,
en l'occurrence celui qui donc, nous accueillera en novembre prochain.
Une occasion bien belle de pouvoir voir la chose depuis la salle.
J'ai eu envie de tester une chose en trio.
Un trio de filles.
Cela me donnerait une idée globale de ce que ça serait plus tard.
Vous me direz, trois filles ? mais il y en a que deux …
Et vous avez raison.
Mais j'avais une idée qui traînait dans un coin de ma tête
et dont je peux maintenant vous parler
(vu que je l'ai testée et qu'elle marche plutôt bien),
c'est celle d'accueillir Anaïs au sein de la compagnie.
C'était la parfaite occasion de voir comment cela pouvait se passer.
J'ai donc écrit un trio, en fonction de ce que nous avons fait à Taïwan.
Le solo de Wan Chu a été coupé en deux,
Marie prenant la première partie,
Anaïs la suite,
et la danse d'Élise a plus ou moins été celle que dansent Cheng Wei et Mimi.
J'ai profité de connivences entre Marie et Elise pour écrire de nouveaux petits duos,
et transformé certains éléments
en fonction de ce que les corps de Marie et d'Anaïs m'ont proposé
(avec l'option de les garder pour la version définitive,
ce qui entrainera la modification du solo du Wan Chu dans sa version initiale).
J'ai envisagé (un très court instant) de transformer la chose en quatuor
mais au fur et à mesure des répétitions, du temps que cela a pris pour tout transmettre
et de celui qui me restait pour vraiment écrire quelque chose qui tienne la route,
je suis vite revenu à mon idée initiale, en ne faisant qu'une apparition symbolique
au début et à la fin.
Comme ça, j'avais vraiment un trio, clair, lisible,
qui me servirait de base pour les deux versions définitives,
notamment la version française qui se créera dans les mêmes conditions.
les mises au point automatiques nous font parfois des surprises)
Pour La Ciotat, il a fallu écrire autre chose.
La scène était plus grande, et Élise n'était pas là.
J'ai donc repris son rôle, et remodelé l'entrée d'Anaïs et la mienne.
J'ai imagine une fin pour chacun en fonction des sorties possibles sur cette scène en plein air.
Anaïs a disparu à lointain cour, moi de même à jardin,
mais Marie a fini assise sur scène vu qu'il n'y avait pas de sortie à l’avant-scène.
Les retours ont été plutôt positifs :
un « goût de trop peu » aux Chartreux,
probablement amplifié par le fait que c'était le seul moment dansé
de la première partie du spectacle,
mais qui est plutôt de bon augure pour l'automne prochain,
et puis aussi, cette dame à La Ciotat qui nous a accosté à la sortie du spectacle
pour nous dire qu'elle avait vécu « un moment de grâce ».
Voilà qui m’a un peu reboosté pour la suite.
Travailler avec les filles ici, a été tout aussi agréable que là-bas.
Il y a eu une première séance pleine d’inquiétude pour Marie,
toujours aussi exigeante avec elle-même...
Qui a vu ressurgir ses peurs de quand nous préparions « ce que nous
sommes », sa partition de l’oiseau ressemblant au solo que je lui avais écrit il y a deux ans.
Le calme est revenu à la deuxième répétition quand Anaïs nous a rejoints.
De vrais bonheurs.
Celui, d'abord, de voir de l’admiration mutuelle dans les yeux de l’une et de l’autre.
La première regardant la nouvelle arrivée s’intégrer si rapidement,
la seconde regardant la première danser dans un style qu’elle ne maîtrise pas totalement encore.
Et puis aussi, le bonheur de découvrir cette plutôt jeune danseuse (Anaïs a l’âge de Cheng Wei), redoutable d'efficacité et d'implication.
Le fait qu’elle ne m’ait quasiment jamais quitté depuis septembre,
suivant assidument trois de mes cours chaque semaine
et poussant même le luxe jusqu’à suivre certains stages pendant l’hiver,
a forcément aidé
mais il n’y a pas que ça.
Il y a cette envie de faire les choses, de bien les faire et de partager tout ça avec nous.
Et là, bien-sûr, j’ai le coeur bien serré de savoir que pour elle, l’aventure d’ « In Wei » va se suspendre,
je n’ai pas les moyens de l’emmener là-bas,
et il n’y aura pas la place de mettre une septième interprète sur le plateau ici
(cela va déjà être très compliqué à 6).
Il va falloir qu’elle patiente encore un peu.
Mais pour la prochaine histoire, si elle le veut bien, je ne la lâcherai pas.
À propos de patienter,
je n’ai pas pu attaquer les répétitions de la version taïwanaise (presque !) définitive
comme je l’imaginais :
Élise a un tendon d’Achille très enflammé nécessitant un repos obligatoire.
C’est donc en tête à tête avec Marie
que j’ai commencé en studio la construction de cette nouvelle version.
Riche de ces deux hypothèses sur scène,
plutôt que de garder la structure d’un solo dansé par Wan Chu et « accompagné » par les autres,
j’ai opté pour une ligne de tête à deux corps
(comme un duo soprano - mezzo soprano dans certaines oeuvres lyriques).
Le début reste quasiment le même pour les deux,
avec un décalage entre elles d’une ou deux mesures, et quelques changements de direction, jusqu’à ce qu’elles arrivent à un unisson qui va appeler l’entrée des autres.
J’ai très peu modifié l’arrivée de Mimi et Cheng Wei
et j’ai articulé les danses d’Élise et les miennes autour de tout ça.
Avec Marie, nous avons aussi fini le prologue, que j’ai aussi entièrement écrit.
En partant du duo avec Cheng Wei.
et de la tentative de construction ébauchée avec Mimi et Wan Chu,
j’ai écrit pour six, un développement fait des sept phrases, dansées seul ou à plusieurs.
Un sacré exercice virtuel qui ne se concrétisera que fin
juillet avec l’arrivée des françaises là-bas.
Pour l’instant, comme j’ai l’habitude de faire, j’apprends les partitions à chacun séparément,
l’organisation du tout étant consignée dans un tableau
où à chaque colonne correspond un danseur, les lignes représentant le temps.
Dans les cases au croisement, j’inscris le contenu.
Je pensais aussi avoir le temps de travailler sur Hotsprings
et puis sur le duo que Marie dansera avec Cheng Wei à la place d'Élise,
qui, j'en ai peur, n'aura pas le temps de l'apprendre avant que je parte,
mais nous n’aurons pas le temps de tout faire.
D'abord, parce que Marie a choisi d’être kinésithérapeute,
ce qui la rend moins disponible et réduit nos plages de répétition.
Et puis parce que j’ai décidé de commencer par le duo.
Je sentais qu’il allait nous falloir du temps et je ne me suis pas trompé.
Sa danse est constituée de ce que j’avais improvisé une fameuse fin d'après-midi,
et que je me souvenais avoir eu beaucoup de mal à retrouver et composer le lendemain.
Marie a, elle aussi, bien du mal.
Tout ça est décidément bien complexe pour nos corps.
Alors exit Hotsprings.
On avance le plus possible sur le duo.
On en reparlera plus tard, là-bas …
Autour de la danse, j’ai aussi repensé la musique,
notamment en remplaçant la dernière plage
par une nouvelle chose testée - à nouveau - avec mes élèves,
(qu’est-ce que je serais sans eux ?!),
et en raccourcissant le prologue et hotsprings que je trouvais un peu trop délayées.
De toute manière, j’avais presque quarante minutes de musique sans compter les intermèdes,
c’était beaucoup trop.
Je me suis aussi enfin mis à envisager l’image.
S’il y avait des choses, lesquelles et sous quel traitement …
Je vous en reparlerai sans aucun doute dans le mois à venir.
Car oui, dans un mois, ce sera déjà la première.






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