Une adresse à l'américaine,
un nouvel appart',
beaucoup de fatigue
et quelques déconvenues ...
20h30.
Nous quittons l’appartement de Fong Shan avec mes trois sacs.
Encore une fois.
Direction la gare centrale.
Cheng Wei m’explique qu’il est issu d’une famille de constructeurs,
et qu’ils ont possédé pas mal de choses
avant de presque tout dilapider pour une raison pour une autre.
Il reste encore cet immeuble dans la Hebei 2nd road,
où habite son grand père,
officiellement propriétaire de plusieurs appartements,
ainsi qu'un oncle dépressif qui encaisse les loyers - quand il y en a -
et qui est sensé gérer tout ça.
Selon Cheng Wei, malheureusement, il ne fait pas grand chose.
J’ai un peu de mal à croire.
Mais en même temps, il dit tout ça avec encore plus de sincérité que d’amertume.
Un vingtaine de minutes après, nous voila à demeure.
Je croise le gardien pour la première fois,
mais il ne lève pas la tête de dessous sa banque,
étonnant.
Nous prenons l’ascenseur,
j’habite au 4e niveau.
L’immeuble a donc été rénové,
car dans la plupart des anciens bâtiments le 4e niveau n’existe pas.
Le chiffre 4 et le mot mort sont quasiment homonymes.
C’est un porte malheur pour les anciens.
En 2011, dans l’auberge de jeunesse où nous étions logés,
il n’y avait que des étrangers à ce niveau-là.
Ailleurs j'ai vu des 3A et 3B, ou des 5A et 5B.
Alors pour les superstitieux,
détendez-vous.
D’abord, les jeunes n’y croient plus
(d’où la réapparition du 4 dans les ascenseurs d’immeuble)
mais aussi,
en fait ici, le 1er niveau .. c’est le rez-de-chaussée.
Du coup, je n’habite qu’au troisième étage.
On peut souffler.
Donc l’ascenseur.
Il n’est utilisable que par les gens de l’immeuble,
nous avons un galet magnétique en guise de porte-clés,
il sert à débloquer le clavier de commande.
Sans galet, on ne peut ni monter ni descendre.
4e niveau.
Une première porte d’entrée qui ouvre sur un couloir au fond duquel,
il y a mon appart.
L’oncle ouvre la porte,
et Cheng Wei se décompose …
Il n’a pas nettoyé.
Ça sent le renfermé et pire encore quand il ouvre l’immense frigo.
On ouvre la fenêtre.
L'oncle nous explique comment fonctionne le chauffe eau,
mais de toute manière on ne peut pas mélanger l’eau chaude et l’eau froide.
Je crois que vu la chaleur, l’eau froide (qui sera tiède) ira très bien.
Il y a aussi une machine à laver,
je décide de reporter l’explication de son fonctionnement à un jour meilleur …
Cheng Wei est déçu,
je tente de le rassurer,
même si avec la fatigue, je ne suis pas plus ravi que lui.
Mais est assez mal comme ça.
Et je sais à quel point c’est important pour les taïwanais en général,
et pour lui en particulier,
d’accueillir les gens correctement.
On va arranger tout ça,
et ça ira très bien.
Première étape,
aller acheter des draps et un oreiller.
Sur la route, on achète un câble pour mon casque …
et des bières.
En revenant, l’odeur est déjà un peu dissipée.
Je laisserai ouvert demain toute la journée et mon tabac à pipe est assez agréable.
On va sur le balconnet,
j’ai une jolie vu sur le canal.
« the roof ! »
On n’a pas testé la terrasse.
Ici, les terrasses des grands immeubles sont souvent ouvertes.
On monte au 11e niveau (le 10e étage donc !)
Et effectivement, grande porte ouverte sur Kaohsiung la nuit.
Il va falloir que je tente le petit matin,
et le soir aussi.
On retourne au balconnet de l’appart’,
bières et pipes.
On parle de la pièce.
Mais pour la première fois,
on ne se comprend pas.
Trop de stress et de fatigues accumulées.
On a bien fait de décider que demain ça serait off.
Il est déjà tard.
Cheng Wei me quitte encore un peu déçu.
On se voit demain sans faute,
et avec plaisir,
et on reparlera de tout ça à tête reposée.
Je m’installe sur le drap propre la tête sur l’oreiller frais.
Mon oeil tombe sur le thermostat de la clim’.
30 degrés,
il est presque minuit.
Je suis bien à Taïwan.
Je suis bien.

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