Création franco-taïwanaise de Claude Aymon et Cheng Wei Huang

pour les deux compagnies c2a et WeiDanceCompany,

In Wei est une vision croisée des deux chorégraphes

sur sur ces aspects qui séparent l’est de l’ouest, l’Asie de l’Europe.

Après avoir travaillé chacun dans le pays de l’autre,

ils ont décidé de parler de tout ça par le langage qu’ils ont en commun, celui du corps.

Les danseurs des deux compagnies ont travaillé tour à tour avec les deux chorégraphes

à la fois en France et à Taïwan,

avec une première taïwanaise à Kaohsiung en août 2016 et une première française à la Toussaint.

dimanche 11 septembre 2016

02/08/16 - Taiwan 3e partie - Jour 6 - Rude journée

Nuit grise et matin de crise, 
changement de studio
le prologue est en place et elles vont voir la mer, 
Mimi finit son solo                 









Mardi 2 août,

La nuit a été grise.
J’ai attendu la réponse de Marie,
puis quand elle est arrivée,
je n’ai pas voulu la lire tout de suite.

À 4h,
J’ai lu.
Et après avoir réfléchi, 
beaucoup, 
longtemps,
montré les textes à mes amis,
ceux de l’équipe,
comme Sylvain,
je me suis lancé dans une réponse.


Marie se sent abandonnée,
m’accuse de la laisser sciemment aller au casse pipe.
La danse de Cheng Wei est bien trop loin de la mienne.
À tel point qu’elle est d’ores et déjà persuadée,
au bout de deux répétitions pour le quatuor,
et une pour le « night life »,
qu’elle ne pourra pas le danser et qu’elle sera ridicule sur scène.

Trois répétitions,
vingt ans de boulot avec moi,
et elle sait déjà …
Elles sait que je ferai quelque chose que je n’ai jamais fait en vingt ans.
Les laisser aller sur scène faire quelque chose de nul qu’elles ne savent pas faire.

J’aurais donc dû dire à mon collègue, et ce, dès la première répétition :
« stop, on arrête tout,
ce que tu fais c’est quand même très mauvais,
les filles n’y arrivent pas et elles n’y arriveront jamais,
laisse moi faire, je vais tout arranger et faire plus facile,
plus comme d’habitude »
J’imagine juste la situation inverse.
Si quelqu’un qui m’arrêterait en pleine répétition au premier jour de transmission 
pour me dire que ce que je fais c’est de la merde et qu’il faut tout changer.
Comme ça, sans recul, 
au moment où j’essaie,
où tout est tellement fragile.

Quant à moi, elle me reproche ma froideur, ma distance.
Je suis inhumain,
mais ce qu’elle aurait aimé que je fasse n’est-il pas plus bien inhumain ?

Et puis au delà de ça,
je ne suis pas d’accord avec elle,
j’aime ce que j’ai vu,
je sais qu’elle va y arriver,
parce qu’elle le fait déjà.
Elle ne le danse pas encore,
forcément,
mais elle le fait.

Quant à la différence avec mon travail,
outre le fait que là non plus je ne suis pas d’accord,
heureusement qu’il y en a,
sinon quel serait l’intérêt d’écrire une pièce à deux.
Marie reproche à Cheng Wei, de faire des choses très académiques,
mais ne se souvient pas que j’ai demandé à certaines danseuses de la compagnie de le faire dans certaines de mes pièces.

Elle enchaîne avec son sentiment par rapport à mon travail ici,
et écrit se sentir sous pression.

Il y a eu deux répétitions.
Une qui s’est bien passée,
une dont la deuxième partie 
- et la deuxième partie seulement - s’est mal passée.
Elle a décidé de ne retenir que cette fin de deuxième journée,
celle où j’ai eu le malheur, un jour de grande fatigue, de montrer ma désapprobation,
ma déception,
de voir que mon aide était exigée pour une chorégraphie qu’elle avait dansé régulièrement depuis trois mois.

J’aurais dû continuer à avoir les six partitions des quatre chorégraphies dans la tête.
À dix jours de la première, je n’avais pas le droit de m’occuper de moi.
J’aurais du en rire.
Dire que ça n’était pas grave,
et l’emmener à la mer,
ou acheter des cadeaux pour sa fille, ou des cartes postales pour sa famille.
Sauf que voilà, Cheng Wei et moi, 
qui flippons de cette première pièce en terre inconnue avec des danseurs considérés comme professionnels,
après un essai pas tout à fait transformé il y a deux ans,
nous avons décidé de bosser comme des fous d’abord et de souffler ensuite le moment venu.
Je me souviens entendre Marie me dire « là bas, on va danser toute la journée non stop »
Je me souviens d’autres pièces où j’ai aussi été contrarié
et où les filles, dont elle faisait déjà partie, 
avaient mis les bouchées doubles pour retrouver la bonne direction dont elles s’étaient détourné.

Visiblement, ici, maintenant,
je n’avais pas le droit.
Pas le droit d’être exigeant,
pas le droit d’être déçu.

Je me dis que c’est la fatigue,
je connais sa peur des premiers jours de travail.
Je tente comme je peux de lui dire d’être patiente,
de reprendre confiance
et de me faire confiance comme elle l’a toujours fait.

Là, c’est Élise qui prend le relais.
Elle me parle de l’appart’ qui est invivable.
Me dit se demander pourquoi elle est revenue,
qu’ici je semble prendre un malin plaisir à être autoritaire,
qu’elle n’aime pas voir Cheng Wei danser,
qu’elle n’aime pas sa danse
et que mon attitude, mon impolitesse, ma rudesse
lui gâchent le plaisir de danser avec moi.

Les choses vont loin,
je suis anéanti.

Tenter, au delà de la grande tristesse qui m’a envahi,
de voir comment on va continuer à avancer.

D’abord, stopper leur chute,
sinon je sens qu’elles vont abandonner l’aventure.
Les entendre me dire - en vrai - ce qu’elles ont écrit.

J’annule la première répétition.
J’envoie un message aux taïwanais via Facebook
Je leur explique brièvement la situation.
Je sais qu’ils comprendront.
Il faut juste espérer que Mimi voit ce message avant de partir de Tainan.

Pour la pièce,
je vais déjà sacrifier mon final.
Tant pis si c’est plus court,
on va se concentrer sur la danse que l’on a déjà,
en espérant que j’arrive à faire changer d’avis les filles,
et qu’elles dansent ce qu’elles ont déjà appris.

Il va aussi falloir que je décrive la situation à Cheng Wei,
comment faire pour ne pas le démolir ?
Lui qui a encore tant à faire.
Je me demande aussi comment on va pouvoir gérer les répétitions 
s’il faut que l’on pèse nos mots (ce qu’elles ne font pas) quand les choses ne vont pas.
On verra bien.

8h21.
Mimi répond à mon message.
Elle est déjà dans le train.
Je la prie de m’excuser.
Elle me dit que ça n’est pas trop grave.
Pour ces dix jours de répétition, elle a un pied à terre à Kaohsiung,
pas très loin de la gare,
elle va aller attendre là-bas l’heure de la répétition de l’après midi.
Elle tente de me conseiller sur ce que je dois dire aux filles et comment je dois le dire.
Ça me fait sourire.
Cheng Wei lui, le prend très mal, et lui dit qu’elle n’a pas de leçons à me donner.
Je les supplie de ne pas se disputer eux non plus, 
j’ai ma dose d’agressivité pour la journée …

Enfin, c’est ce que je croyais …

11h30.
Marie et Élise arrivent dans mon appartement.
Leurs paroles vont encore plus loin que leurs écrits.
Là c’est moi qui suis en chute libre.
J’entends Marie me reprocher de ne pas les avoir remercié pour le cadeau d’anniversaire.
C’est tellement dérisoire, 
d’autant que je l’ai fait.
Elle revient sur la danse et me dis que je ne me rends pas compte,
qu’elle, 
elle pense aux gens qui vont venir nous voir sur scène,
en France,
et qui vont rire quand ils vont voir « ça »,
que je n’ose pas dire à Cheng Wei que c’est nul,
que je leur dis que j’aime ce que j’ai vu mais que je ne peux pas le penser.
Élise m’annonce qu’elle ne dansera pas en France.

Je ne trouve pas les mots pour vous décrire la situation que je vis.
C’est un peu comme si on m’avait jeté par terre 
et que l’on continuait à me donner des coups de pied.

Vingt ans,
vingt ans de partage,
d’aventure commune,
vingt ans qui m’avaient permis d’envisager que ces deux filles-là,
que j’ai aidé à grandir, à qui j’ai appris à danser,
pourraient être un pilier dans la maison fragile qu’est la compagnie c2a.

Trente-cinq ans de scène,
et jamais je n’avais vu de danseur refuser de danser quelque chose parce que le chorégraphe manquait cruellement de discernement et qu’il estimait qu’il allait être ridicule.

Tout se fissure.
Sacrés dégâts.

Pour le reste,
la vie quotidienne,
j’ai exagéré,
elles ne m’ont pas demandé les choses matin et soir
et d’ailleurs, elles ne sortiront plus le soir.
C’est trop cher.
Le soir de leur arrivée, on a partagé le prix du dîner.
Jeudi soir, Cheng Wei a payé.
Vendredi soir, on a grignoté de ce qu’on avait.
Samedi soir, j’ai payé le restaurant 
et, effectivement, Marie a payé la moitié des cocktails
(cela dit, personne ne l’a forcé)
Et puis dimanche, elles ont eu à payer une part de mon repas d’anniversaire.

On ne comptait pas aller au resto tous les soirs.
Ces deux derniers jours, c’était juste … mon anniversaire.
Mais j’entends ce qu’elles me disent.
Le séjour sera différent.
Elles iront à la mer dès aujourd’hui.
Et pour le reste, on s’organisera en fonction de leurs demandes.
Je vais dire à Cheng Wei de ne plus penser à montrer toutes ces choses que j’ai découvertes avec lui et qu’Élise avait semblé apprécier il y a deux ans.
Exit, les autres night markets,
les « taiwanese burritos »,
le snack près de Sizhiwan où il y a de si bonnes crêpes,
les rouleaux de printemps,
le riz à la dinde,
et tous les autres lieux typiques qu’elles auraient pu découvrir.
Exit, les plages désertes, 
on ira là où on trouve des cadeaux.

C’est tellement loin de la manière dont j’avais imaginé ce séjour.
de la manière dont j’ai découvert le pays,
je me suis laissé faire, 
conduire par ceux qui connaissaient.

Parler d’argent pour les dîners 
ici où payer la note pour les autres est un sport national,
c’est tellement surréaliste.

Comme elles m’ont dit que leur appartement était invivable,
je leur propose d’échanger avec le mien.
Nous avions pensé qu’il valait mieux qu’elles aient plus d’espace et moins de lumière.
Tout faux là encore.
Je leur dis que l’on fera les déménagements ce soir.
Elles refusent.
« on est bien installé maintenant,
on a pris nos petites habitudes »

Je relirai le message, 
j’ai peut-être mal compris …

Quand on se quitte,
la situation est la suivante :
elles danseront le quatuor,
pas le « night life »
et Élise semble avoir renoncé à ne plus danser en France.
Cheng Wei les emmènera à Sizhiwan
et je travaillerai avec Mimi au petit studio.

Quant à ce qui est de ce qui nous lie, 
de notre histoire,
de ce que nous avons partagé ces deux décennies,
l’avenir nous dira ce qu’il en restera.

Elles descendent préparer leurs affaires,
je prends ma douche et fais mon sac dans un état second.

Il vient de se produire une chose que je n’aurais jamais,
ô grand jamais,
pu imaginer.


12h30,
nous longeons le canal.
Je n’ai pas envie de prendre le métro et de changer à Formosa boulevard.
Je m’apprête à aller à Formosa directement par les petites rues comme je l’avais fait samedi dernier
mais je me ravise,
je leur demande d’abord.
Elles sont d’accord pour marcher.
Je reprends ma route.

Quand on arrive à l’entrée de la station, 
je montre à Élise l’hôtel où elle a passé quinze jours il y a deux ans.
Je voudrais lui aussi montrer l’autre night market,
juste là, à deux pâtés de maison en allant vers l’est,
celui dont je lui ai parlé le premier soir mais je me tais.
Si elles demandent, j’essaierai de leur proposer …
Comme je l’ai fait pour la balade le long du canal hier,
ou la vue sur le toit dont je leur ai parlé le premier soir.

À Sinyi Elementary school,
je me permets d’insister sur l’endroit où on est,
elles auront probablement à prendre le métro sans moi un de ces soirs.

On sort,
il fait une chaleur de plomb,
d’une sécheresse peu courante pour ici.
J’appelle Cheng Wei pour qu’il m’indique la route.
On est au carrefour avec Minzu road,
là où on est passé en scooter l’autre samedi 
et où il m’a montré l’immeuble que l’on doit rejoindre.

Il est juste de l’autre côté du carrefour.
On rejoint l’autre côté de Minzu road,
longe le trottoir à l’ombre des alcôves.
Cheng Wei est là.
Wan Chu et Mimi aussi.

Je ne me sens pas bien.
Faible de ne rien avoir mangé depuis hier soir,
mal à l’aise d’avoir dû annuler la répétition.
Les filles ont l’air détendues.
Élise prend des photos,
Marie regarde les gens,
s’étonne de voir les taïwanaises en short alors que je leur avais dit qu’elles se protégeaient du soleil.

Nous montons au studio.
Il est au dixième étage.
J’espère qu’il sera assez grand pour que nous puissions travailler sur l’espace et avoir un peu de recul.
En plus s’il est trop petit, il va probablement y avoir une salve de réflexions.

Heureusement, il est immense 
et particulièrement lumineux en cette journée ensoleillée.
La vue sur la ville est magnifique.

Tout le monde se chauffe,
je vacille,
« are you ok ? »
Cheng Wei s’inquiète,
je lui dis que ça va aller.

On attaque la mise en espace du prologue.
On fait et refait les choses jusqu’à tout le monde ait à peu près sa place.
Cela permet aussi d’inscrire les danses dans les corps.
Chaque fois que je fais des corrections,
j’entends les voix des françaises quelques heures plus tôt,
la phrase d’Élise et mon autoritarisme tourne en boucle dans mon cerveau.
Je tente de rester focalisé sur l’objectif : boucler le prologue avant 16h
tout en évitant un nouveau clash lié à ma distance et ma froideur.
Quand je vais vers l’ordinateur, je vacille encore.
« ok now you really need some food »
Cheng Wei va m’acheter à manger et en profite pour acheter des jus de fruits pour les filles,
de toute façon je travaille essentiellement avec elles et nos espaces sont séparés.

Comme on ne mange pas dans le studio,
je sors de temps en temps grignoter ce qu’il a acheté,
et me replonge dans la résolution spatiale de l’écriture de ce prologue
un poil complexe comme je les aime,
mais qui génère moult superpositions et télescopages …

Les filles me font parfois des propositions pour résoudre certains problèmes,
sauf qu’elles ne sont pas à ma place,
et elles ne savent pas ce que je veux.
J’ai juste besoin de calme et de précision dans l’exécution,
pour mettre le peu d’énergie qui me reste dans la réalisation de cette partie de la pièce.
Je leur dis le plus calmement possible de me laisser faire,
en espérant être correct …

On filme vers 16h.
Et comme la veille, pour « foreigners », les moins au point sont les chorégraphes …
On travaillera au théâtre ..
Peut-être.



16h15,

on arrête.
Les filles vont boire leur jus de fruit.
Je parle un peu avec Cheng Wei.
Je tente le plus diplomatiquement de lui dire les choses.
Il est malheureux.
Il tente de se justifier, de m’expliquer comment il a travaillé,
toutes les vidéos des filles qu’il a regardé.
Je lui dis qu’il n’a pas à le faire, 
que je sais,
et que moi, je lui fais confiance.

Les filles rient dans le hall.
On est au bord des larmes.
L’essentiel c’est qu’elles aillent mieux.
Je demande à Cheng Wei d’emmener Marie et Élise voir la mer.
Il se décompose : 
« to Cijin ? »
Non c’est bien trop loin,
Sizhiwan, au belvédère, c’est un bon début.

Organisation.
Il faut que j’aille au petit studio avec Mimi
et que Cheng Wei conduise Élise et Marie.
Le mieux c’est que les françaises retournent à l’appartement attendre Cheng Wei.
Pendant ce temps, il m’emmènera en scooter au petit studio 
et Wan Chu fera de même avec Mimi.
Du studio, il rejoindra Hebei road d’où ils iront à la plage en métro et bus.

Je dis aux filles de rentrer,
mais elles n’ont pas repéré le chemin pour aller à la station de métro.
Je les accompagne sur la centaine de mètres qui nous sépare du carrefour 
et leur montre le métro puis revient à l’entrée de l’immeuble.
Nous partons.

Wan Chu et Cheng Wei nous lâchent au petit studio avant 17h.
Mimi révise.
Je tente de rester solide et créatif.
Un petit temps pour retrouver ses marques,
et quand la première partie coule, je continue avec elle dès qu’une idée me vient.
J’aurais bien aimé avoir eu le temps de tenter son solo 
avec deux danseurs qui font leur partition au sol,
tant pis,
peut-être au grand studio,
sinon au théâtre.

On filme avant de partir.
Pour avoir une trace et parce que c’est joli.
Je préviens quand même Mimi,
pour éviter toute contrariété,
qu’il est possible que je change des choses,
que je me réserve encore un peu la possibilité de modifier des formes, des comptes.
Elle a l’air d’accord.
Pourquoi n’accorde t-elle pas la même latitude à Cheng Wei ?



19h, nous fermons le studio et rentrons ensemble en bus.

À l’arrêt, Mimi me demande quelle ligne il faut prendre.
Le 53.
Elle regarde sur le panneau à quelle heure il passe.
Ça me fait tout drôle d’avoir quelqu’un d’indépendant.



Dans le bus, elle a encore l’énergie de parler, 
beaucoup,
je l’entends mais je ne suis pas sûr de l’écouter vraiment.

Elle me propose de partager un dîner.
Je suis bien trop crevé pour ça et puis il faut que je vois ce qui se passe à Hebei Road …

On passe le pont sur les voies ferrées.
« We’re approaching »
Elle a raison.
Il n’y a donc pas que moi qui pense qu’on approche de la gare quand on voit des voies ferrées …
Je lui dis que je descends là, que la gare est l’arrêt suivant,
qu’elle n’a pas à s’inquiéter puisque c’est le terminus,
et que c’est du même arrêt qu’elle devrait repartir demain.
On rit du fait que ce soit moi qui lui explique,
elle n’a jamais pris le bus à Kaohsiung.

On se quitte devant le lycée.
Il est 20h45.

Je prends la petite rue et tourne à droite sur Hebei road.
Quand j’arrive à l’appartement, je lance le téléchargement des vidéos de la journée.

Il y a un message d’Élise :
« comment vas-tu ?
comment allez-vous ?
Nous sommes au repos
- je transfère les vidéos et Cheng Wei est allé filer un cours
Vous avez vu le coucher de soleil ?
Ça avait l’air bien gris
- Vu la mer et les nuages et une jolie lumière »
Marie me dit que ce moment à la mer lui a fait du bien.
« … je crois qu’il y a beaucoup d’amour en nous tous et que cette aventure va être belle.
Pour moi, elle commence aujourd’hui.
Désolé d’avoir été dure mais j’ai été honnête avec toi … »
Je l’ai été aussi,
j’aurais juste aimé que l’on me croit.

21h20.
Les filles me souhaitent une bonne nuit.
Elles vont se coucher tôt.
Cheng Wei arrive.
Il me dit avoir parlé avec elles.
Élise lui a dit qu’elle allait réfléchir pour le « night life ».
Il y a encore un espoir,
cette danse correspond tellement à ce que Cheng Wei a vu d’elle.
Le fait qu’elle la refuse en bloc donne à réfléchir.
Quoiqu’il en soit, il faut quand même que l’on prévoit un plan B.
On ne sait pas quand elle va se décider, ni dans quel sens …

Pour la vidéo, on jette l’éponge.
Cheng Wei fera des économies et on va se concentrer sur tout ce qu’il reste à faire.
Je lui annonce que je supprime mon final,
il fait mine de pas comprendre,
me dit que l’on verra.
Sa manière à lui, de me dire qu’il n’est pas d’accord.

Il ne revient pas de ce qui s’est passé,
de ce qu’elles lui ont dit,
de leur décision de ne pas vouloir danser,
s’il avait lu ce qu’elles avaient écrit, 
entendu ce qu’elles ont dit …

Je le mets dehors après 22h30.
Les films sont téléchargés,
je vais tâcher de faire la post-synchro du prologue.
C’est un plan fixe, 
il n’y a pas de montage.
Juste à caler la musique.

Cheng Wei me dit « à demain ! ».
Je fais la vidéo 
et en guise de dîner, je mange une glace,
chocolat cacahuètes.

Minuit.
Il n’y a plus de lumière allumée dans les appartements d’Hebei road.

Rude journée.

Garder le cap jusqu’au 14 août.
Et panser les plaies.

Alors que je ferme l'oeil,
Mon mauvais rêve de l'autre nuit me revient.
Voilà donc ce qu'il annonçait ...



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