Deuxième rencontre dans la librairie,
danse
et dialogue,
un dîner tranquille
18h40,
Zuoying,
de retour de Fo Guang Shan,
nous laissons les filles à leur soirée
et nous reprenons le scooter pour traverser la ville.
Heure de pointe,
le scooter est bien pratique
(même si ça irait encore plus vite en métro).
Nous redescendons Bo Ai road,
puis tournons à gauche pour récupérer Minzu road.
On passe devant l’immeuble dans lequel on a répété ces trois derniers jours.
Quel beau studio.
Dans le quartier du Cultural Center, Cheng Wei connait maintenant parfaitement la route pour rejoindre la librairie Takao.
19h15,
on se gare.
Ha Bao est là.
ll nous attend.
Cheng Wei rentre pour organiser le tout.
Je reste dehors fumer une pipe.
Il ressort, allume une cigarette,
il n’y a pas grand monde …
Dommage.
Je suis toujours autant étonné que les taïwanaises ne se soient pas plus intéressé à ce qui se passe en dehors des répétitions.
Elles auraient peut-être pu parler de tout ça à leurs élèves, leurs amis,
ou tout bêtement … venir …
Cette fois-ci nous sommes au sous-sol.
Il y a une autre conférence au premier étage où nous étions samedi dernier.
J’allume l’ordinateur,
prépare les musiques,
le prologue,
« hotsprings »
Ils n’ont pas prévu de quoi amplifier la musique.
Ha Bao remonte au rez-de-chaussée,
et revient avec un ampli portable qu’il installe près de mon ordi.
Notre administrateur multitâche est toujours aussi efficace.
Il y a cinq personnes quand on commence.
Je lance la musique.
Le duo.
On l’a tellement dansé que les mouvements naissent automatiquement dans nos corps.
C’est tellement bon.
Applaudissements.
Cheng Wei présente sa compagnie,
la pièce,
et me laisse la parole.
Je parle de la compagnie,
de mes séjours,
des choses qui sont différentes ici et là,
dans la vie quotidienne et dans la vie de danseur.
J’en viens à parler de la façon de compter sur les doigts
et je raconte l’anecdote des comptes pendant ma première répétition en 2011.
(je crois que je l’ai déjà écrite trois ou quatre fois mais dans le doute …)
Notre « deux » français (pouce et index) correspond au « sept » taïwanais
et lors de ma création, ça a généré un joli quiproquo :
quand j’ai indiqué aux danseurs, qu’ils démarraient à deux sur une musique à cinq temps.
Vu qu’ils ont compris « sept », il y a eu un vent de panique,
qui n’a été apaisé que quand je leur ai dansé ce que je voulais.
Rires.
Comme cette seconde rencontre dans la librairie est annoncée comme dansée,
je propose aux participants d’apprendre la fameuse danse que j’avais faite avec les plus jeunes stagiaires ici.
Ça marche bien,
il faut que j’en parle à Cheng Wei.
Ça serait bien qu’on l’essaye au spectacle.
Hotsprings.
Cheng Wei profite notre différence de vision et d’écoute de cette musique pour comparer le rythme de vie français et le taïwanais.
Je cale la musique.
Il danse une des phrases que les taïwanais font dans « Foreigners »
pendant que je fais au sol, ce que j’ai prévu pendant « Hotsprings ».
Je bouge quatre fois plus lentement que lui.
Ah si Mimi avait été là,
cela aurait été l’occasion de montrer le solo en public …
La suite de la rencontre sera faite de discussions,
sur les différences entre les deux pays,
le climat,
le temps de travail,
l’éducation,
le racisme …
On pense s’arrêter là
et pour finir, on donne une dernière fois la parole aux spectateurs.
Une dame nous dit qu’elle pensait que l’on danserait plus.
Réagir.
Je réfléchis.
Quel est le mouvement que les danseurs qui passent par mes cours trouvent le moins commun ?
La spirale.
Comment aborder la chose ?
Ce mouvement est la base du début du duo.
Je me lance.
J’explique le principe,
et comment on peut le décliner …
Tout le monde essaie, même Ha Bao !
Ce genre de moment où je regrette de ne pas avoir une caméra qui tourne en permanence.
Il n’y a visiblement aucun danseur dans l’assistance,
ça n’en est que plus beau.
On tente le tout en musique,
ce qui nous permet de finir comme on a commencé.
Cette fois-ci, tout le monde est content …
Et achète des billets pour le spectacle.
Les spectateurs continuent à parler avec Cheng Wei jusqu’à l’extérieur.
J’assiste à tout ça, pensant à la positivité des gens,
leur envie de découvrir l’autre,
de savoir comment ça se passe vraiment de l’autre côté,
je ne suis pas sûr que si on organisait ce genre de rencontres en France,
cela marcherait aussi bien.
21h20,
nous sommes tous les trois devant la librairie sur le trottoir de ZhongZheng road.
Nous n’étions pas sûrs de pouvoir tenir 1h30
et bien ma foi nous avons largement dépassé.
Avec tout ça,
nous avons passé l’heure du dîner.
Mes deux collègues discutent.
On me tend mon casque.
On part.
Et on s’arrête cent mètres plus loin
dans un de ses endroits où l’on mange pour presque rien.
Apparemment, ici on sert des nouilles,
notamment du won ton - 馄饨,
de gros raviolis généralement servis dans de la soupe.
Les cochonneries à la pâte de riz de l’après midi me restent encore sur l’estomac.
Je n’ai pas très faim, alors je prends le petit bol.
25 dollars
(pour ceux qui ont oublié, ces jours-ci 36 dollars valent un euro).
Cheng Wei paye
(d’autant qu’en plus il a pris une assiette d’oreilles de porc,
il ne va pas quand même pas nous faire payer cette extravagance! )
Pour les habitués du blog, vous savez que très souvent ici,
là où il y a à manger, il n’y a pas forcément à boire,
je vais donc acheter deux bières au Seven Eleven du coin de la rue
(ce qui me coûte deux fois plus cher que mon plat … je suis ruiné)
22h,
on repart sur les scooters.
Objectif :
arriver dans nos maisons respectives avant la prochaine averse.
22h30,
je suis devant l’ordinateur.
Les photos de l’excursion de la journée apparaissent une à une sur l’écran
devant lequel je m’endors.
23h,
extinction des feux.
Cette nuit sera peut-être plus longue que les précédentes …
On verra bien.
Dimanche est tout proche.
La semaine s’achève,
et c’est la première journée sans histoires.


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