La routine du petit matin
les habitudes s'installent dans la rue et au studio,
le stress d'y être à temps,
les voilà … enfin
Mercredi 27 juillet,
4h,
j’ai les yeux grands ouverts et je n’arrive pas à me rendormir.
Je reste couché jusqu’à 5h où la lumière entre les deux rideaux ne semble plus être
celle des réverbères de la rue.
celle des réverbères de la rue.
Il fait à peine jour.
L’occasion pour enfin profiter de l’aube.
Je remplis ma tasse d’eau chaude,
plonge un sachet de thé et monte sur le toit.
Tout est encore si calme,
les oiseaux,
le soleil, là-bas loin, caché par les montagnes,
Je bois mon thé en repensant à la journée d’hier, aux semaines passées.
Je me rends compte que j’ai été très touché par les cris de joie des filles quand on leur a dit qu’elles avaient leurs week-ends parce qu’on allait faire la promo du spectacle.
Elles n’ont pas demandé où c’était, si elles pouvaient venir.
Non, elles ont juste explosé de joies comme des collégiennes
à qui on annonce que le prof de maths est absent et qu’elles peuvent rentrer chez elles.
C’est tellement paradoxal par rapport à l’idée qu’on se fait des taïwanais
- et qui est somme toute très proche de la réalité -
Et même, en dehors du travail, je nous pensais dans une aventure commune.
En fait non, nous sommes surtout deux, à vivre toute l’aventure, avec les hauts et les bas.
En tous cas, avec tout ça, nous avons une ou deux répèt de retard par rapport à ce que nous pensions avoir fini de faire avant que les françaises n’arrivent.
Il va peut-être falloir revoir le projet à la baisse.
Raccourcir les deux dernières choses qui ne sont pas faites.
On a annoncé une heure de spectacle.
Il faut que je calcule où on en est point de vue timing pour voir si on a de la marge.
6h30.
Le soleil apparait.
Je vois son reflet dans les vitres de l’immeuble d’en face.
Mais il n’a pas l’air d’être visible depuis mon toit.
Je redescends.
Petit déj,
France Infos,
rédaction de l’article de lundi dernier,
en le relisant, je me rends compte que j’étais bien inquiet ce jour-là,
et dire que je me disais que tout irait mieux du moment où serait en création …
Je dis bonne nuit à mes amis français et part sous la douche.
En route pour la gare,
le canal,
le soleil,
le carrefour,
l’entrée de la gare, côté droit,
la barrière de contrôle,
se serrer d’abord à gauche,
puis passer à droite quand on est au niveau des quais,
troisième jour,
tout est automatique.
Sauf,
le quai …
Je vais encore une fois jusqu’au quai 5 !
Décidément …
Je me rends compte que j’ai été très touché par les cris de joie des filles quand on leur a dit qu’elles avaient leurs week-ends parce qu’on allait faire la promo du spectacle.
Elles n’ont pas demandé où c’était, si elles pouvaient venir.
Non, elles ont juste explosé de joies comme des collégiennes
à qui on annonce que le prof de maths est absent et qu’elles peuvent rentrer chez elles.
C’est tellement paradoxal par rapport à l’idée qu’on se fait des taïwanais
- et qui est somme toute très proche de la réalité -
Et même, en dehors du travail, je nous pensais dans une aventure commune.
En fait non, nous sommes surtout deux, à vivre toute l’aventure, avec les hauts et les bas.
En tous cas, avec tout ça, nous avons une ou deux répèt de retard par rapport à ce que nous pensions avoir fini de faire avant que les françaises n’arrivent.
Il va peut-être falloir revoir le projet à la baisse.
Raccourcir les deux dernières choses qui ne sont pas faites.
On a annoncé une heure de spectacle.
Il faut que je calcule où on en est point de vue timing pour voir si on a de la marge.
6h30.
Le soleil apparait.
Je vois son reflet dans les vitres de l’immeuble d’en face.
Mais il n’a pas l’air d’être visible depuis mon toit.
Je redescends.
Petit déj,
France Infos,
rédaction de l’article de lundi dernier,
en le relisant, je me rends compte que j’étais bien inquiet ce jour-là,
et dire que je me disais que tout irait mieux du moment où serait en création …
Je dis bonne nuit à mes amis français et part sous la douche.
En route pour la gare,
le canal,
le soleil,
le carrefour,
l’entrée de la gare, côté droit,
la barrière de contrôle,
se serrer d’abord à gauche,
puis passer à droite quand on est au niveau des quais,
troisième jour,
tout est automatique.
Sauf,
le quai …
Je vais encore une fois jusqu’au quai 5 !
Décidément …
Il y a des places assises sur les bancs du quai.
Je me dis que ça ferait un joli selfie,
mais le temps que je sorte mon appareil et que je le cale à la bonne distance,
les habitués du train débarquent.
Je range tout.
Il faudrait venir plus tôt.
7h57,
le train arrive et déverse son flot de banlieusards,
je m’installe sur le marche pied du même wagon.
Une jeune fille plongée dans son smartphone reste debout dans le hall.
Elle a un petit ventilateur portatif.
Pendant le voyage je calcule le temps de musique déjà utilisé pour la pièce.
Il y a moyen de faire plus court mais ça serait dommage.
Déjà, pour « le baiser », je vais simplifier le travail en duo.
Il n’y aura juste que la partie finale,
comme ça Cheng Wei n’aura qu’à apprendre l’ébauche que j’ai faite avec Marie
et la danser à sa manière.
Je vais aussi transformer la partie précédant tout ça.
Au départ, pour accentuer le côté ternaire de la musique,
j’avais pensé à une ou deux phrases dansées en boucle, et dans plusieurs directions.
Ça aurait été bien agréable dans un espace un peu grand.
Tant pis.
Mais j’ai une autre idée :
juste des traversées de gens qui marchent et qui courent,
d’où émerge à chaque fois un couple qui se dira bonjour,
toujours d’une manière différente.
Cela me permet de relier les façons de se dire bonjour
à l’évocation d’un romantisme
qui pourrait être vécu aussi bien comme français
(oh la jolie image d’Épinal !)
que taïwanais
(ici plus que dans bien d’autres endroits, prendre la main de quelqu’un à un sens)
8h34,
la gare de Tainan,
comme hier, j’achète ma citronnade,
je fume en prenant quelques notes,
prépare mon téléphone et me dirige vers les taxis.
Aujourd’hui, c’est une femme qui me conduit.
Elle prend une autre route, ce qui m’inquiète un peu.
En fait, pour pouvoir chercher le fameux numéro 163,
elle ne fait pas comme les deux autres qui ont fait demi tour et ont pris la petite rue,
elle arrive directement de l’autre côté en rejoignant l’avenue au carrefour suivant.
Bien vu …
(je sens que je vous ai encore embrouillé avec mes histoires de chemin,
retenons juste que celui-ci n’était pas plus long et bien plus pratique)
Je me dis que ça ferait un joli selfie,
mais le temps que je sorte mon appareil et que je le cale à la bonne distance,
les habitués du train débarquent.
Je range tout.
Il faudrait venir plus tôt.
7h57,
le train arrive et déverse son flot de banlieusards,
je m’installe sur le marche pied du même wagon.
Une jeune fille plongée dans son smartphone reste debout dans le hall.
Elle a un petit ventilateur portatif.
Pendant le voyage je calcule le temps de musique déjà utilisé pour la pièce.
Il y a moyen de faire plus court mais ça serait dommage.
Déjà, pour « le baiser », je vais simplifier le travail en duo.
Il n’y aura juste que la partie finale,
comme ça Cheng Wei n’aura qu’à apprendre l’ébauche que j’ai faite avec Marie
et la danser à sa manière.
Je vais aussi transformer la partie précédant tout ça.
Au départ, pour accentuer le côté ternaire de la musique,
j’avais pensé à une ou deux phrases dansées en boucle, et dans plusieurs directions.
Ça aurait été bien agréable dans un espace un peu grand.
Tant pis.
Mais j’ai une autre idée :
juste des traversées de gens qui marchent et qui courent,
d’où émerge à chaque fois un couple qui se dira bonjour,
toujours d’une manière différente.
Cela me permet de relier les façons de se dire bonjour
à l’évocation d’un romantisme
qui pourrait être vécu aussi bien comme français
(oh la jolie image d’Épinal !)
que taïwanais
(ici plus que dans bien d’autres endroits, prendre la main de quelqu’un à un sens)
8h34,
la gare de Tainan,
comme hier, j’achète ma citronnade,
je fume en prenant quelques notes,
prépare mon téléphone et me dirige vers les taxis.
Aujourd’hui, c’est une femme qui me conduit.
Elle prend une autre route, ce qui m’inquiète un peu.
En fait, pour pouvoir chercher le fameux numéro 163,
elle ne fait pas comme les deux autres qui ont fait demi tour et ont pris la petite rue,
elle arrive directement de l’autre côté en rejoignant l’avenue au carrefour suivant.
Bien vu …
(je sens que je vous ai encore embrouillé avec mes histoires de chemin,
retenons juste que celui-ci n’était pas plus long et bien plus pratique)
Au bout de la rue, juste à côté de l’école, il y a aussi une YMCA,
avec des équipements sportifs et un parc qui servent visiblement à beaucoup de jeunes de la ville.
Alors que j’attends une jeune fille en scooter qui ouvrira le portail comme tous les matins,
je croise justement un groupe de gamins, tous avec un tee-shirt jaune, qui rentrent dans la cour de l’établissement.
Alors là,
je me dois d’être honnête avec vous,
j’ai écrit le début de l’article d’hier de mémoire,
et j’étais persuadé que le voisin au karaoké qui avait agrémenté mon attente avait chanté le mardi.
Mais il semblerait selon mon carnet (que je recopie fidèlement aujourd’hui), que ça ait été aujourd’hui …
Donc bon, pour ceux qui ne sont pas au courant, reportez-vous à mardi.
Une jeune fille arrive,
je rentre derrière elle et suis accueilli par le gardien des lieux …
Je suis dans l’escalier quand je vois comment on ouvre le portail :
I-Pin qui m’avait ouvert le premier jour,
et dont je sais le prénom parce qu’elle m’a demandé comme « ami » sur Facebook,
arrive à son tour.
Elle passe sa main dans un petit trou au niveau de la serrure
auquel je n’avais jamais porté attention,
et qui permet d’arriver au bouton d’ouverture situé à l’intérieur.
Je le saurai pour demain.
Les classes se passent de mieux en mieux.
Les plus grandes sont réellement détendues maintenant.
C’est moins strict qu’au département danse de Tsoying mais ça bosse tout autant.
Les petits sont même en avance sur ce que j’avais prévu.
J’improvise un exercice avec les fameuses spirales.
I Pin et une autre danseuse qui sont restées regarder le cours,
sourient de voir les gamines découvrir la chose et s’en amuser.
À midi,
c’est sushis,
je suis gâté quand même …
Une élève m’emmène à la gare TGV.
Cheng Wei avait prévenu que j’allais à l’aéroport juste après les cours.
Nous partons ensemble vers le lycée voisin où elle enseigne la danse pendant l’année scolaire.
« but just social dance … »
Je suppose que ça doit avoir un rapport avec des danses de salon.
Je n’ose pas demander,
je suis concentré sur l’horaire,
je ne veux pas rater mon train.
Plus que jamais,
encore plus que lundi matin,
je suis stressé d’arriver le plus tôt possible.
Nous partons vers la gare.
Elle est à vingt minutes mais ça me paraît interminable,
la jeune conductrice me pose plein de questions sur le spectacle,
j’espère qu’elle viendra …
12h15,
Tainan High Speed Railways Station.
J’envoie un message à Cheng Wei.
Il est dans le train,
la même ligne que celle que je prends le matin.
Il l’a pris de la gare d’avant, à Fongshan, et s’arrêtera à Zuoying d’où part le TGV.
Le prochain départ est à 12h25 pour lui, et passe à 12h44 ici.
Avant d’acheter mon billet je lui demande :
« will you make to 12:25 ?
- yes »
J’achète une place non réservée (oui, c’est possible ici),
un billet qui est valable dans n’importe quel train toute la journée
dans les trois derniers wagons des rames.
Comme ça, s’il prend le prochain, j’attendrai.
Je monte sur le quai bien trop tôt,
j’aurais dû rester au rez-de-chaussée et profiter de la clim’.
Message :
« car 3, seat 18A »
il est dedans.
Je mange mes sushis sur le quai.
Et comme contrairement à ce matin, il n’y a personne,
je fais un selfie.
Voiture 3,
il est au premier rang,
le 18.
Il m’avoue que ça a été juste pour le train.
Je m’en doutais.
Je lui demande comment s’est finie la soirée avec Ha Bao hier.
Il me dit qu’ils ont pas mal picolé et je pense savoir pourquoi.
On reparle des filles et de leur comportement,
lui aussi est bien déçu.
En avril, il y avait bien eu ces signes avant-coureurs d’une contestation d’autorité
du jeune chorégraphe qu’il est encore
mais ayant vu Wan Chu dans le travail avec moi ici et en France,
je n’imaginais pas que ça allait évoluer comme ça.
Par exemple, par rapport à l’incident diplomatique du premier jour,
où il devait me chercher et où il ne pouvait pas parce qu’il avait oublié qu’il donnait un cours,
quand il a eu des mots avec Wan Chu,
Cheng Wei lui a dit « je me bats pour vous »
à quoi, elle aurait répondu « non tu te bats pour toi »
C’est effectivement quelque chose de ce style que j’avais cru comprendre en traduisant le texte
chinois dans Google traductions, mais je m’étais dit que le logiciel était sûrement aussi approximatif que facétieux.
La situation est donc bien tendue.
Et je pense qu’il ne me dit pas tout …
On ne voit pas Chiayi, la gare suivante,
on dort tous les deux.
C’est la soif
et le passage de la dame de service qui ramasse tout ce que l’on veut jeter
qui nous réveille à un quart d’heure de Taoyuan, la gare de l’aéroport.
Nous partons pour la gare routière,
j’emmène Cheng Wei à l’arrêt de la navette.
En fait, il n’est jamais venu ici par ce moyen.
On a fait une fois le voyage ensemble depuis Kaohsiung
mais on n’avait pris un car de nuit,
c’était en janvier 2014.
On rigole du fait que ce soit moi le presque touriste qui montre le chemin.
La carte de transports de Kaohsiung marche aussi pour ce bus.
C’est quand même bien pratique …
Taoyuan terminal 1,
Taoyuan terminal 2.
On descend.
Hall des arrivées.
L’avion a déjà atterri.
On se met derrière la grande barrière.
Ce comptoir de bar installé beaucoup trop bas
sur lequel trône toute une série de gens avec des panneaux,
et même des panneaux sans gens …
On trouve un espace entre deux panneaux et on attend.
Des valises, des asiatiques,
des blancs,
je n’ai pas eu de nouvelles des filles depuis leur départ,
j’ai toujours dans un coin de la mémoire ce rêve prémonitoire,
je tente de cacher mon inquiétude à Cheng Wei.
Il me regarde en souriant et me dit :
« Bienvenues à Taiwan ? »
C’est sûr, maintenant il sait le dire.
L’attente est longue.
Pourtant, nous venons d’arriver.
À un moment où je me retourne vers lui, j’entraperçois une chevelure blonde,
qui tente de me faire peur.
C’est Marie.
Je sors vite mon appareil.
avec des équipements sportifs et un parc qui servent visiblement à beaucoup de jeunes de la ville.
Alors que j’attends une jeune fille en scooter qui ouvrira le portail comme tous les matins,
je croise justement un groupe de gamins, tous avec un tee-shirt jaune, qui rentrent dans la cour de l’établissement.
Alors là,
je me dois d’être honnête avec vous,
j’ai écrit le début de l’article d’hier de mémoire,
et j’étais persuadé que le voisin au karaoké qui avait agrémenté mon attente avait chanté le mardi.
Mais il semblerait selon mon carnet (que je recopie fidèlement aujourd’hui), que ça ait été aujourd’hui …
Donc bon, pour ceux qui ne sont pas au courant, reportez-vous à mardi.
Une jeune fille arrive,
je rentre derrière elle et suis accueilli par le gardien des lieux …
Je suis dans l’escalier quand je vois comment on ouvre le portail :
I-Pin qui m’avait ouvert le premier jour,
et dont je sais le prénom parce qu’elle m’a demandé comme « ami » sur Facebook,
arrive à son tour.
Elle passe sa main dans un petit trou au niveau de la serrure
auquel je n’avais jamais porté attention,
et qui permet d’arriver au bouton d’ouverture situé à l’intérieur.
Je le saurai pour demain.
Les classes se passent de mieux en mieux.
Les plus grandes sont réellement détendues maintenant.
C’est moins strict qu’au département danse de Tsoying mais ça bosse tout autant.
Les petits sont même en avance sur ce que j’avais prévu.
J’improvise un exercice avec les fameuses spirales.
I Pin et une autre danseuse qui sont restées regarder le cours,
sourient de voir les gamines découvrir la chose et s’en amuser.
À midi,
c’est sushis,
je suis gâté quand même …
Une élève m’emmène à la gare TGV.
Cheng Wei avait prévenu que j’allais à l’aéroport juste après les cours.
Nous partons ensemble vers le lycée voisin où elle enseigne la danse pendant l’année scolaire.
« but just social dance … »
Je suppose que ça doit avoir un rapport avec des danses de salon.
Je n’ose pas demander,
je suis concentré sur l’horaire,
je ne veux pas rater mon train.
Plus que jamais,
encore plus que lundi matin,
je suis stressé d’arriver le plus tôt possible.
Nous partons vers la gare.
Elle est à vingt minutes mais ça me paraît interminable,
la jeune conductrice me pose plein de questions sur le spectacle,
j’espère qu’elle viendra …
12h15,
Tainan High Speed Railways Station.
J’envoie un message à Cheng Wei.
Il est dans le train,
la même ligne que celle que je prends le matin.
Il l’a pris de la gare d’avant, à Fongshan, et s’arrêtera à Zuoying d’où part le TGV.
Le prochain départ est à 12h25 pour lui, et passe à 12h44 ici.
Avant d’acheter mon billet je lui demande :
« will you make to 12:25 ?
- yes »
J’achète une place non réservée (oui, c’est possible ici),
un billet qui est valable dans n’importe quel train toute la journée
dans les trois derniers wagons des rames.
Comme ça, s’il prend le prochain, j’attendrai.
Je monte sur le quai bien trop tôt,
j’aurais dû rester au rez-de-chaussée et profiter de la clim’.
Message :
« car 3, seat 18A »
il est dedans.
Je mange mes sushis sur le quai.
Et comme contrairement à ce matin, il n’y a personne,
je fais un selfie.
Voiture 3,
il est au premier rang,
le 18.
Il m’avoue que ça a été juste pour le train.
Je m’en doutais.
Je lui demande comment s’est finie la soirée avec Ha Bao hier.
Il me dit qu’ils ont pas mal picolé et je pense savoir pourquoi.
On reparle des filles et de leur comportement,
lui aussi est bien déçu.
En avril, il y avait bien eu ces signes avant-coureurs d’une contestation d’autorité
du jeune chorégraphe qu’il est encore
mais ayant vu Wan Chu dans le travail avec moi ici et en France,
je n’imaginais pas que ça allait évoluer comme ça.
Par exemple, par rapport à l’incident diplomatique du premier jour,
où il devait me chercher et où il ne pouvait pas parce qu’il avait oublié qu’il donnait un cours,
quand il a eu des mots avec Wan Chu,
Cheng Wei lui a dit « je me bats pour vous »
à quoi, elle aurait répondu « non tu te bats pour toi »
C’est effectivement quelque chose de ce style que j’avais cru comprendre en traduisant le texte
chinois dans Google traductions, mais je m’étais dit que le logiciel était sûrement aussi approximatif que facétieux.
La situation est donc bien tendue.
Et je pense qu’il ne me dit pas tout …
On ne voit pas Chiayi, la gare suivante,
on dort tous les deux.
C’est la soif
et le passage de la dame de service qui ramasse tout ce que l’on veut jeter
qui nous réveille à un quart d’heure de Taoyuan, la gare de l’aéroport.
Nous partons pour la gare routière,
j’emmène Cheng Wei à l’arrêt de la navette.
En fait, il n’est jamais venu ici par ce moyen.
On a fait une fois le voyage ensemble depuis Kaohsiung
mais on n’avait pris un car de nuit,
c’était en janvier 2014.
On rigole du fait que ce soit moi le presque touriste qui montre le chemin.
La carte de transports de Kaohsiung marche aussi pour ce bus.
C’est quand même bien pratique …
Taoyuan terminal 1,
Taoyuan terminal 2.
On descend.
Hall des arrivées.
L’avion a déjà atterri.
On se met derrière la grande barrière.
Ce comptoir de bar installé beaucoup trop bas
sur lequel trône toute une série de gens avec des panneaux,
et même des panneaux sans gens …
On trouve un espace entre deux panneaux et on attend.
Des valises, des asiatiques,
des blancs,
je n’ai pas eu de nouvelles des filles depuis leur départ,
j’ai toujours dans un coin de la mémoire ce rêve prémonitoire,
je tente de cacher mon inquiétude à Cheng Wei.
Il me regarde en souriant et me dit :
« Bienvenues à Taiwan ? »
C’est sûr, maintenant il sait le dire.
L’attente est longue.
Pourtant, nous venons d’arriver.
À un moment où je me retourne vers lui, j’entraperçois une chevelure blonde,
qui tente de me faire peur.
C’est Marie.
Je sors vite mon appareil.
Voilà.
Elles sont là.
Drôle de sentiment que cette chose accomplie.
Bonheur, inquiétude, incrédulité.
Tous ces salaires de stage, ces repas « sautés »,
investis dans le voyage d’Élise,
toutes ces nuits blanches,
le « non » de l’Institut Français,
Ulule,
l’angoisse de savoir si ça allait marcher,
pour le ticket de Marie,
le rendez-vous inutile à la mairie,
le pincement au coeur pour Anaïs,
l’organisation de leur voyage,
de leur séjour,
des répétitions,
une étape supplémentaire est franchie.
Elles sont là,
apparemment heureuses,
avec nous.
L’aventure à six commence.
Le mauvais rêve, ça n’était pas pour ça non plus ...
Elles sont là.
Drôle de sentiment que cette chose accomplie.
Bonheur, inquiétude, incrédulité.
Tous ces salaires de stage, ces repas « sautés »,
investis dans le voyage d’Élise,
toutes ces nuits blanches,
le « non » de l’Institut Français,
Ulule,
l’angoisse de savoir si ça allait marcher,
pour le ticket de Marie,
le rendez-vous inutile à la mairie,
le pincement au coeur pour Anaïs,
l’organisation de leur voyage,
de leur séjour,
des répétitions,
une étape supplémentaire est franchie.
Elles sont là,
apparemment heureuses,
avec nous.
L’aventure à six commence.
Le mauvais rêve, ça n’était pas pour ça non plus ...







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