La première rencontre
et tout de suite des affinités,
Cheng Wei va vite,
Trop vite ….
Jeudi 28 juillet,
14h45.
La première répétition de tout le groupe commence.
Aujourd’hui, c’est Cheng Wei le patron.
Il transmet aux filles un quatuor qu’il a appelé « Welcome ».
Elles le dansent sur ma gymnopédie.
Je ne suis donc là qu’en observateur et ça n’est pas désagréable.
Comme Chen Wei se sait peu précis avec les comptes
et qu’en plus c’est un quatuor de filles,
il a déjà transmis la chose à Wan Chu et Mimi,
et tous les trois, ils apprennent le tout à Élise et Marie.
Première rencontre.
(oui je sais j’aurais dû filmer)
Mimi découvre les deux françaises.
Wan Chu les connait déjà.
Pendant qu’elles se chauffent,
Mimi est beaucoup plus calme que d’habitude,
je fais signe à Cheng Wei, on sourit.
Je m’installe dans un coin et laisse mon collègue faire son boulot.
La répétition se fait en trois langues.
Souvent l’anglais, mais aussi le mandarin quand Wan Chu et Mimi parlent entre elles ou que Cheng Wei a des explications plus complexes à donner sur les directions et l’espace.
Marie et Élise parlent aussi en français entre elles
et Cheng Wei se lance dans un comptage de la musique en français
dont il se sort très bien.
Je suis rassuré.
Je pose la caméra dans un coin et je m’endors.
14h45.
La première répétition de tout le groupe commence.
Aujourd’hui, c’est Cheng Wei le patron.
Il transmet aux filles un quatuor qu’il a appelé « Welcome ».
Elles le dansent sur ma gymnopédie.
Je ne suis donc là qu’en observateur et ça n’est pas désagréable.
Comme Chen Wei se sait peu précis avec les comptes
et qu’en plus c’est un quatuor de filles,
il a déjà transmis la chose à Wan Chu et Mimi,
et tous les trois, ils apprennent le tout à Élise et Marie.
Première rencontre.
(oui je sais j’aurais dû filmer)
Mimi découvre les deux françaises.
Wan Chu les connait déjà.
Pendant qu’elles se chauffent,
Mimi est beaucoup plus calme que d’habitude,
je fais signe à Cheng Wei, on sourit.
Je m’installe dans un coin et laisse mon collègue faire son boulot.
La répétition se fait en trois langues.
Souvent l’anglais, mais aussi le mandarin quand Wan Chu et Mimi parlent entre elles ou que Cheng Wei a des explications plus complexes à donner sur les directions et l’espace.
Marie et Élise parlent aussi en français entre elles
et Cheng Wei se lance dans un comptage de la musique en français
dont il se sort très bien.
Je suis rassuré.
Je pose la caméra dans un coin et je m’endors.
16h30,
il y a une demande de pause.
Ils vont jusqu’à 17h.
Cheng Wei veut aller vite, probablement un peu trop,
mais à ce rythme, on va rattraper notre retard et on pourra peut-être envisager des week-end tranquilles pour toutes les filles.
À la pause, Cheng Wei emmène les françaises acheter du thé.
Mimi a ramené des friandises polonaises que son ami présent au mariage lui a laissées.
Elle a aussi des petites choses exotiques à grignoter, de Thaïlande ou des Philippines,
je ne sais plus ...
Ça goute,
ça discute,
ça rigole.
il y a une demande de pause.
Ils vont jusqu’à 17h.
Cheng Wei veut aller vite, probablement un peu trop,
mais à ce rythme, on va rattraper notre retard et on pourra peut-être envisager des week-end tranquilles pour toutes les filles.
À la pause, Cheng Wei emmène les françaises acheter du thé.
Mimi a ramené des friandises polonaises que son ami présent au mariage lui a laissées.
Elle a aussi des petites choses exotiques à grignoter, de Thaïlande ou des Philippines,
je ne sais plus ...
Ça goute,
ça discute,
ça rigole.
On se repose.
Les duos fonctionnent comme on l’avait prévu.
Leur complicité est belle à voir.
Cheng Wei va parler à Marie pour voir si tout va bien.
18h.
Ils reprennent le quatuor.
Avant de les laisser bosser, j’immortalise cette première répétition avec une photo de groupe.
Je pose la caméra dans un autre coin et me remets à somnoler.
19h.
Je suis réveillé par l’arrivée d’Ha Bao.
Il passe nous voir après son boulot
parce que l’administration lui fait des soucis avec nos permis de travail.
Il faut refaire des photos.
On s’en occupera après la répétition.
Pour l’instant, il s’installe près de la musique, à côté de Cheng Wei
et ils regardent les filles danser.
J’aime ce que je vois dans leur regard.
Une fois que je suis un peu plus réveillé, je réalise que Cheng Wei a continué à leur apprendre la suite.
Je lui fais signe de calmer le jeu mais il ne me comprend pas.
L’ambiance est toujours aussi détendue,
mais je vois que les filles sont fatiguées.
Élise a l’habitude de ce travail intensif mais pas Marie que je vois en plein doute,
plus que jamais.
Wan Chu et Mimi leur donnent des astuces pour les moments où ça coince pour elles aussi dans le corps ou pour la mémoire.
Cheng Wei cherche des choses,
le nombre de pas, les directions.
Il faut dire que l’exiguïté du studio rend les choses encore moins lisibles.
C'est compliqué pour tout le monde.
Mais bon, elles se soutiennent, crient ensemble,
cela aura été une rude journée mais on aura gagné du temps.
Je sens que Marie craque.
Elle n’arrive plus à enregistrer.
« 4 minutes sir ! it’s far too much »
Trop tard.
Marie s’effondre en larmes.
Les autres filles vont la consoler.
Cheng Wei est très mal.
Il lui présente ses excuses en faisant l’idiot.
On s’arrête là pour ce soir,
Il est 19h30.
Une fois que les esprits se sont un peu apaisés,
je fais les photos pour Ha Bao.
Les filles vont se changer.
Je dis à Cheng Wei qu’il doit se faire pardonner.
« Ok you pay for the dinner ! »
On dîne dans l’appart’ des filles, on amène tout.
Organisation.
Pendant que l’on va chercher à dîner en scooter,
elles rentrent en bus.
Tout le monde s’inquiète :
vont-elles se souvenir de la route ?
En même temps, c’est le terminus de la ligne et elles devraient reconnaître la gare.
Mais après, avec la fatigue, est-ce qu’elles vont pouvoir rentrer sans se perdre ?
Je regarde les horaires.
Un bus vient de passer.
Cheng Wei leur paye le taxi.
On quitte le studio.
Wan Chu part avec Mimi en scooter.
Un taxi attend au coin de la rue.
Cheng Wei donne l’adresse au chauffeur avec assez d’argent.
La voiture s’en va,
les filles sont à l'arrière.
Sur le scooter, je l’engueule un peu.
Il m’explique qu’ici, ça se passe comme ça.
Je lui rappelle que ce ne sont pas des étudiantes d’une université taïwanaise,
et que même si elles l’étaient,
il faut qu’il arrive à sentir quand elles ne peuvent plus apprendre.
Comme je l’ai fait avec lui pour son solo plus d’une fois.
Je n’en rajoute pas parce que je sais à quel point il est désolé.
Lui aussi, il apprend.
Pour le dîner,
c’est compliqué.
On est dans un de ces soirs où on est tellement crevé qu’on ne se comprend plus.
Il me parle « dumplings » mais je sais que dimanche on va en manger
puisqu’on va dans mon restaurant préféré
(ils y font des raviolis à la truffe !).
Je lui parle d’un endroit où l’on a mangé à Kaohsiung Arena le dernier soir au printemps, il croit se souvenir mais en fait, il me parle d’un autre snack du centre-ville.
Je le laisse faire.
Il faut juste qu’il y ait des légumes,
les filles en ont déjà parlé hier.
On se retrouve dans ce snack de cuisine coréenne où on avait mangé un soir.
Il prend du poulet et du porc frits, avec des frites presque maison.
« no Cheng Wei, French fries are not vegetables »
J’ai l’impression de lui parler comme un père engueulant son fils qui ne veut pas manger ses haricots verts.
Non, les frites ne sont pas des légumes, du moins pas au sens où je l’entends.
« Il faut que l’on passe au supermarché pour acheter des bières et des glaces pour le dessert.
On trouvera tout ça en route »
Nous repartons.
Effectivement, on trouve un de ces petits endroits où l’on peut commander des choses à emporter
(en fait, je devrais dire « traiteur » mais je n’y arrive pas, je trouve que ça n’y ressemble pas).
Retour à Hebei Road.
On va partager tout ça avec les filles.
Quand on arrive, elles sont en plein rangement.
Leurs produits de toilette se sont renversé dans les valises.
Il y a un mélange de crèmes et de renfermé,
il va falloir qu’elles laissent l’appartement ouvert toute la journée comme je fais tous les jours pour le mien.
Le dîner est calme.
Marie a un peu retrouvé ses esprits.
Elle nous dit qu’elle est admirative de nous voir nous adapter si facilement.
Je lui rappelle que c’est mon dixième voyage ici, que je suis là depuis un mois
et qu’Élise est déjà venue une fois.
C’est différent pour nous et pour elle, il faut qu’elle se donne un peu de temps.
On parle de la répétition.
Je lui dis que c’est normal,
qu’elle n’a pas l’habitude de travailler autant et aussi vite,
que c’est un style différent et une autre manière de transmettre les danses que le mien.
Alors le jetlag aidant,
(elles n'ont quasiment pas dormi la première nuit)
elle est perdue et c’est normal.
Elle va retrouver ses repères.
Rien de plus normal que tout ça,
non elle n’est pas moins bonne que les autres,
bien sûr qu'elle y arrivera,
évidemment que c’est à sa portée,
pourvu qu’elle se fasse confiance …
22h30,
on laisse les filles.
On remonte dans mon appartement parler de demain.
Il me dit qu’il est possible qu’à Tainan, on m’invite à déjeuner,
vu que c’est le dernier jour.
On convient que je les laisse commencer sans moi,
vu que je ne me suis pas senti très utile et que je viendrai plus tard.
Il me propose une journée off.
Je lui dis que non, qu’il faut quand même que je sois là à un moment.
Répét’ à 13h30, juste lui et les filles.
Elles prendront le bus de 13h à la gare.
Les taïwanaises ayant décrété qu’elles ne seraient là qu’à 14h30,
- on ne sait pas bien pourquoi -
il travaillera qu’avec elles jusqu'à 15h.
Je prendrai le bus de 16h pour voir la fin de la répétition.
23h,
je mets Cheng Wei dehors,
il faut encore que je retouche les photos pour l’administration,
qu’il téléchargera à son arrivée chez lui
et que je rédige pour la xième fois un document attestant que nous ne sommes pas payés par la compagnie taïwanaise pour la création à Weiwuyin.
Minuit et demi,
j’ai tout envoyé.
Au lit,
ça a été rude mais quelle belle équipe.
Les duos fonctionnent comme on l’avait prévu.
Leur complicité est belle à voir.
Cheng Wei va parler à Marie pour voir si tout va bien.
18h.
Ils reprennent le quatuor.
Avant de les laisser bosser, j’immortalise cette première répétition avec une photo de groupe.
Je pose la caméra dans un autre coin et me remets à somnoler.
19h.
Je suis réveillé par l’arrivée d’Ha Bao.
Il passe nous voir après son boulot
parce que l’administration lui fait des soucis avec nos permis de travail.
Il faut refaire des photos.
On s’en occupera après la répétition.
Pour l’instant, il s’installe près de la musique, à côté de Cheng Wei
et ils regardent les filles danser.
J’aime ce que je vois dans leur regard.
Une fois que je suis un peu plus réveillé, je réalise que Cheng Wei a continué à leur apprendre la suite.
Je lui fais signe de calmer le jeu mais il ne me comprend pas.
L’ambiance est toujours aussi détendue,
mais je vois que les filles sont fatiguées.
Élise a l’habitude de ce travail intensif mais pas Marie que je vois en plein doute,
plus que jamais.
Wan Chu et Mimi leur donnent des astuces pour les moments où ça coince pour elles aussi dans le corps ou pour la mémoire.
Cheng Wei cherche des choses,
le nombre de pas, les directions.
Il faut dire que l’exiguïté du studio rend les choses encore moins lisibles.
C'est compliqué pour tout le monde.
Mais bon, elles se soutiennent, crient ensemble,
cela aura été une rude journée mais on aura gagné du temps.
Elles auront ingurgité quatre minutes de chorégraphies en 3h.
Je sens que Marie craque.
Elle n’arrive plus à enregistrer.
« 4 minutes sir ! it’s far too much »
Trop tard.
Marie s’effondre en larmes.
Les autres filles vont la consoler.
Cheng Wei est très mal.
Il lui présente ses excuses en faisant l’idiot.
On s’arrête là pour ce soir,
Il est 19h30.
Une fois que les esprits se sont un peu apaisés,
je fais les photos pour Ha Bao.
Les filles vont se changer.
Je dis à Cheng Wei qu’il doit se faire pardonner.
« Ok you pay for the dinner ! »
On dîne dans l’appart’ des filles, on amène tout.
Organisation.
Pendant que l’on va chercher à dîner en scooter,
elles rentrent en bus.
Tout le monde s’inquiète :
vont-elles se souvenir de la route ?
En même temps, c’est le terminus de la ligne et elles devraient reconnaître la gare.
Mais après, avec la fatigue, est-ce qu’elles vont pouvoir rentrer sans se perdre ?
Je regarde les horaires.
Un bus vient de passer.
Cheng Wei leur paye le taxi.
On quitte le studio.
Wan Chu part avec Mimi en scooter.
Un taxi attend au coin de la rue.
Cheng Wei donne l’adresse au chauffeur avec assez d’argent.
La voiture s’en va,
les filles sont à l'arrière.
Sur le scooter, je l’engueule un peu.
Il m’explique qu’ici, ça se passe comme ça.
Je lui rappelle que ce ne sont pas des étudiantes d’une université taïwanaise,
et que même si elles l’étaient,
il faut qu’il arrive à sentir quand elles ne peuvent plus apprendre.
Comme je l’ai fait avec lui pour son solo plus d’une fois.
Je n’en rajoute pas parce que je sais à quel point il est désolé.
Lui aussi, il apprend.
Pour le dîner,
c’est compliqué.
On est dans un de ces soirs où on est tellement crevé qu’on ne se comprend plus.
Il me parle « dumplings » mais je sais que dimanche on va en manger
puisqu’on va dans mon restaurant préféré
(ils y font des raviolis à la truffe !).
Je lui parle d’un endroit où l’on a mangé à Kaohsiung Arena le dernier soir au printemps, il croit se souvenir mais en fait, il me parle d’un autre snack du centre-ville.
Je le laisse faire.
Il faut juste qu’il y ait des légumes,
les filles en ont déjà parlé hier.
On se retrouve dans ce snack de cuisine coréenne où on avait mangé un soir.
Il prend du poulet et du porc frits, avec des frites presque maison.
« no Cheng Wei, French fries are not vegetables »
J’ai l’impression de lui parler comme un père engueulant son fils qui ne veut pas manger ses haricots verts.
Non, les frites ne sont pas des légumes, du moins pas au sens où je l’entends.
« Il faut que l’on passe au supermarché pour acheter des bières et des glaces pour le dessert.
On trouvera tout ça en route »
Nous repartons.
Effectivement, on trouve un de ces petits endroits où l’on peut commander des choses à emporter
(en fait, je devrais dire « traiteur » mais je n’y arrive pas, je trouve que ça n’y ressemble pas).
Retour à Hebei Road.
On va partager tout ça avec les filles.
Quand on arrive, elles sont en plein rangement.
Leurs produits de toilette se sont renversé dans les valises.
Il y a un mélange de crèmes et de renfermé,
il va falloir qu’elles laissent l’appartement ouvert toute la journée comme je fais tous les jours pour le mien.
Le dîner est calme.
Marie a un peu retrouvé ses esprits.
Elle nous dit qu’elle est admirative de nous voir nous adapter si facilement.
Je lui rappelle que c’est mon dixième voyage ici, que je suis là depuis un mois
et qu’Élise est déjà venue une fois.
C’est différent pour nous et pour elle, il faut qu’elle se donne un peu de temps.
On parle de la répétition.
Je lui dis que c’est normal,
qu’elle n’a pas l’habitude de travailler autant et aussi vite,
que c’est un style différent et une autre manière de transmettre les danses que le mien.
Alors le jetlag aidant,
(elles n'ont quasiment pas dormi la première nuit)
elle est perdue et c’est normal.
Elle va retrouver ses repères.
Rien de plus normal que tout ça,
non elle n’est pas moins bonne que les autres,
bien sûr qu'elle y arrivera,
évidemment que c’est à sa portée,
pourvu qu’elle se fasse confiance …
22h30,
on laisse les filles.
On remonte dans mon appartement parler de demain.
Il me dit qu’il est possible qu’à Tainan, on m’invite à déjeuner,
vu que c’est le dernier jour.
On convient que je les laisse commencer sans moi,
vu que je ne me suis pas senti très utile et que je viendrai plus tard.
Il me propose une journée off.
Je lui dis que non, qu’il faut quand même que je sois là à un moment.
Répét’ à 13h30, juste lui et les filles.
Elles prendront le bus de 13h à la gare.
Les taïwanaises ayant décrété qu’elles ne seraient là qu’à 14h30,
- on ne sait pas bien pourquoi -
il travaillera qu’avec elles jusqu'à 15h.
Je prendrai le bus de 16h pour voir la fin de la répétition.
23h,
je mets Cheng Wei dehors,
il faut encore que je retouche les photos pour l’administration,
qu’il téléchargera à son arrivée chez lui
et que je rédige pour la xième fois un document attestant que nous ne sommes pas payés par la compagnie taïwanaise pour la création à Weiwuyin.
Minuit et demi,
j’ai tout envoyé.
Au lit,
ça a été rude mais quelle belle équipe.









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